The Last of Us, un jeu sexiste ?

 

Publié le Mercredi 7 août 2013 à 10:40:00 par Alexandre Combralier

 

The Last of Us, un jeu sexiste ?

Ellie, une bière, magne !

The Last of Us présenterait-il une vision sexiste des relations humaines ? Plusieurs commentaires ont abondé en ce sens depuis la sortie du hit absolu de Naughty Dog, dont un article du NY Times itself qui en faisait un jeu "fait par les hommes, pour les hommes et à propos d'hommes."

Parmi les griefs invoqués, le rôle supposément subalterne d'Ellie, simple créature franchement frêle qui serait plus proche de Peach que de Lara Croft, et que l'on ne contrôle que durant une mineure partie de l'aventure. A l'opposé, le quinqua Joel distribue des grosses mandales à tout va, saute, nage et escalade, tandis que les personnages féminins (Ellie, ou Tess au début de l'aventure) sont loin d'être aussi actives.

Inutile de dire que de telles accusations ont plus que surpris Bruce Straley, directeur créatif chez Naughty Dog, qui a réagi en ces termes sur Gamesbeat :
Nous avons été surpris par la plupart des critiques sur notre usage des rôles féminins dans le jeu, et quelques unes des réactions négatives que nous en avons tirées. Je pense que nous avons fait un travail extraordinaire en créant des personnages forts : des hommes, des femmes, des Noirs, des Blancs, des gays (ndlr : Bill) et des hétéros. Nous essayons seulement de créer des personnages profonds. Pourtant d'une manière ou d'une autre nous avons servi de tribune improvisée à quelques personnes pour qu'elles puissent soutenir ou dire qu'il y a toujours des problèmes [de sexisme] dans l'industrie.
The Last of Us a tout de même la particularité d'avoir une femme comme protagoniste principale (ou même deux si l'on prend en compte Tess). Pour Neil Bruckmann, directeur créatif de Naughty Dog, le propos du jeu, loin de se résumer à des considérations uniquement masculines, concerne les relations familiales :
La scène d’ouverture est avec Sarah [la fille de Joel], la scène de fin avec Ellie. La famille, c’est ce que raconte le jeu par-dessus tout. Ce qu’évoque le jeu, c’est le lien avec ces deux filles. (...) Le niveau de popularité atteint par Ellie en dit long sur la capacité des jeux avec un protagoniste féminin à bien se vendre.
Par ailleurs (et attention au spoiler), c'est au cours de la même interview que le même Neil Druckmann a révélé une autre fin à The Last of Us, finalement abandonnée comme cet autre dénouement dont on vous parlait récemment.

screen

Dans cette fin, le jeu change du tout au tout puisque c'est Tess qui, au lieu de mourir en héroïne vers le tiers de l'aventure... tue Joel ! Voilà qui nous montre à quel point le scénario d'un jeu repose parfois sur des bases bien fragiles. Reste que le "grand méchant" du jeu est toujours... une "grande méchante", avec Marlène. Là encore, ce n'est pas le plus fréquent.

Et puis après tout, Joel n'est-il pas autre chose qu'une Super-Nanny post-apocalyptique ?

 

 

 
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Commentaires

Ecrit par Tyr le 07/08/2013 à 12:50

 

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A l'opposé, le quinqua Joel distribue des grosses mandales à tout va,

En même temps Ellie est impressionnante quand elle saute sur le dos d'un mec pour le taillader dans la foulée.

C'est vrai que niveau baston pure, elle a la résistance d'un paquet de chips. Mais vu que c'est une gamine de 12 ans, qu'elle ne soit pas aussi résistante qu'un T1000 ne me choque pas.


C'est quand même marrant toutes ces bonnes consciences qui viennent nous les casser quand on a un héros qui fait son boulot, mais qui ne dit rien quand on a du girlz power à la Lara Croft.
Tomb Raider n'est-il pas plus sexiste que TLOU, puisqu'on ne pas incarner autre chose qu'une femme?

1112 Commentaires de news

Ecrit par kobal le 07/08/2013 à 13:13

 

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Ecrit par Tyr

A l'opposé, le quinqua Joel distribue des grosses mandales à tout va,

Tomb Raider n'est-il pas plus sexiste que TLOU, puisqu'on ne pas incarner autre chose qu'une femme?

Ben si, bien sûr, Tomb Raider est sexiste, mais pas pour la raison que tu avances : Lara Croft est clairement conçue pour flatter le regard masculin et faire naitre chez le joueur le désir de protection de par sa vulnérabilité mise en scène.
Pour TLOU, la critique est bizarre. Surtout quand on voit comment ils ont galéré pour imposer la gamine sur la jaquette.

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Ecrit par ethan le 07/08/2013 à 15:17

 

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Si si, pour tomb raider ça a gueulé aussi smiley 47

Pour The Last Of Us, c'est un peu tiré par les cheveux quand même. Je suis plutôt sensibilisé à la cause féminine mais là, je vois pas trop.

Ellie est une pré-ado, Joel un gros baraqué qui a passé la quarantaine et qui a pas eu la vie facile (même si son passé n'est pas très explicite).

Ils auraient voulu quoi : que ce soit Ellie qui bute tlm pendant que Joel se planque? Merci la crédibilité.

Et puis Ellie tue des gens à plusieurs reprises. Elle est pas non plus inoffensive...

662 Commentaires de news

Ecrit par Medeis le 07/08/2013 à 16:13

 

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Je suis complètement d'accord sur le fait qu'il y a du sexisme dans l'industrie du JV mais on ne fait pas avancer le débat avec des interprétations personnelles des œuvres des autres.

Si pour eux, TLOU c'est le syndrome de la demoiselle en détresse, c'est qu'ils n'ont pas joué au jeu tout simplement.

Ce genre de bullshit me fait complètement penser aux études des oeuvres littéraires en Français au lycée, à un moment où on se demande si l'auteur à vraiment voulu dire tout ça ou si c'est juste de la sur-interprétation et du touchage de nouille.

Le problème des féministes et du syndrome de la demoiselle en détresse, c'est de penser que tout les jeux qui l'utilisent conditionnent les hommes à être des machos sexistes qui battent leur femme jusqu’à la mort.
Déjà, là, on est pas d'accord.

Pour ce qui ont du temps à perdre, vous pouvez voir jusqu’où ça va dans cette sérier des 3
vidéos

M.

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Ecrit par kobal le 07/08/2013 à 16:25

 

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Ecrit par Medeis


Le problème des féministes et du syndrome de la demoiselle en détresse, c'est de penser que tout les jeux qui l'utilisent conditionnent les hommes à être des machos sexistes qui battent leur femme jusqu’à la mort.
Déjà, là, on est pas d'accord.

Pour ce qui ont du temps à perdre, vous pouvez voir jusqu’où ça va dans cette sérier des 3
vidéos

M.

Nan c'est un poil plus complexe que ça. Cette ficelle scénaristique ne serait pas un problème en soi si elle n'était pas autant utilisée, rabachée et usée. C'est surtout ça que les féministes combattent (je pense).

Quant au fait que tous les jeux conditionnent, c'est un peu trop simplificateur : les JV participent à véhiculer des clichés parmi pleins d'autres trucs qui font qu'on vit dans une société sexiste où les violences sont faites presque exclusivement par des hommes sur des femmes.

Chaque truc séparément est anodin. C'est quand tu mets les trucs bout à bout que tu vois l'ampleur du problème.

1314 Commentaires de news

Ecrit par Medeis le 07/08/2013 à 18:12

 

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Ecrit par kobal

Nan c'est un poil plus complexe que ça. Cette ficelle scénaristique ne serait pas un problème en soi si elle n'était pas autant utilisée, rabachée et usée. C'est surtout ça que les féministes combattent (je pense).

Quant au fait que tous les jeux conditionnent, c'est un peu trop simplificateur : les JV participent à véhiculer des clichés parmi pleins d'autres trucs qui font qu'on vit dans une société sexiste où les violences sont faites presque exclusivement par des hommes sur des femmes.

Ficelle scénaristique. Voilà qui porte bien son nom car c'est quand même super léger niveau scénario. Et c'est pourtant à ça qu'on apporte le plus d’intérêt alors que je pense que ce n'est pas ce qu'on retient des jeux, pas du tout.

L’intérêt du jeu, ce qu'on retient du jeu, c'est l'aventure, l’expérience, tout ce qu'il se passe entre le moment où la demoiselle en détresse se fait kidnapper et où on la libère.
Quand on fini ce jeu, on ne dit jamais, j'ai libéré la princesse mais j'ai battu le boss.
On se souvient du combat épique, du challenge (ou non), du pattern du boss de fin ou de l'état laborieux de son inventaire.

De mon point vue, ça participe pas à grand chose et le jv est juste la cible tendance du moment.

M.

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