La Française des Jeux traverse la frontière numérique face au casual gaming

 

Publié le Jeudi 8 octobre 2015 à 13:00:00 par Alexandre Combralier

 

La Française des Jeux traverse la frontière numérique face au casual gaming

Clash of Clans, un danger pour la FDJ ?

screenCrée en 1976 (sous Giscard, ndlr !), la Française des Jeux a traversé les décennies sans trop de problème. Mais à l'heure de la fin des monopoles et surtout de la révolution numérique, sa position historique pourrait bien être remise en cause. La FDJ a alors lancé sa stratégie #FDJ2020, déclinée hier au cours d'une conférence de presse, afin de véritablement entrer dans l'ère 2.0.
 

Quel rapport avec le jeu vidéo ? Il est central car la concurrence des Clash of Clans ou autres Boom Beach commence à menacer les positions de l'entreprise d'Etat. Ces casuals games sont une concurrence plus intersegments qu'interproduits, pour parler le doux langage du marketing : pratiqués par la moitié de la population française entre 18 et 65 ans tout de même, ils proposent en effet des expériences voisines des jeux de grattage traditionnels, soit un plaisir immédiat et addictif, sans pour autant le plaisir du gain d'argent réel. Dans le même temps, la massification des smartphones a changé les manières de jouer des trois quarts des Français.
 

screenComme ses grands pontes stratégiques ne sont pas payés à lambiner, la FDJ s'y adapte. Peut-être un peu tard, dira-t-on. Mais la machine s'enclenche. L'enjeu est considérable : conserver les 27 millions de clients de la FDJ (!), et regagner le million perdu en quelques années, notamment à cause des jeux mobile. L'Euro 2016, les Jeux Olympiques y aideront certes ; mais pour une clientèle plus jeune et plus féminine, la FDJ a adapté les recettes des succès des jeux casual... à sa sauce.
 

L'objectif est de créer des nouveaux jeux pour les tablettes et smartphones. Ceux-ci devraient à terme compter pour 10 % du chiffre d'affaires total de la FDJ. Telle est en tout cas l'ambition de la PDG Stéphane Pallez. Deux jeux (les premiers, sans doute, d'une longue série) vont bientôt débarquer : "Gare au loup" et "Ruée vers l'or".
 

screen"Gare au loup" est une sorte de mini-jeu, mais à mise obligatoire et bien entendu payante. Vous êtes un berger. Si si, un berger. Avec des moutons. Le hic, c'est qu'il y a des loups qui veulent les bouffer. "Gare au loup" n'est pas qu'un simple jeu de hasard car il introduit une part de stratégie : à vous de placer les moutons dans les quatre enclos, au choix ; il est possible de mettre tous les mouton sur un seul enclos, ou d'en mettre un peu dans chaque. Au premier tour de jeu, un loup bouffe tous les moutons d'un enclos, au deuxième tour, il y a deux loups, au troisième, trois loups. Chaque mouton survivant, à la fin de la partie, rapporte une petite somme d'argent.

 

screen"Ruée vers l'or" est plus simpliste : 30 rochers sont à casser. Derrière un, une pépite d'or. Derrière une dizaine, une pioche qui donne une vie supplémentaire. Derrière d'autres, rien du tout. En trois coups de pioche maximum, il s'agit de trouver la pépite et de gagner la mise correspondante. Les parties sont très rapides : attention à l'addiction ! Il ne sera d'ailleurs pas possible de miser plus de 300 € par semaine.
 

Car "Ruée vers l'or" et "Gare au loup" se jouent très simplement. Le plus intéressant, c'est que ces jeux de grattage 2.0. renforcent l'interactivité et le côté divertissement. Le côté "je gratte avec une pièce et c'est fini" est ainsi mis de côté au profit d'une expérience qui se rapproche davantage des casual games jouables en quelques minutes, voire quelques secondes. Du jeu vidéo dans mon jeu de hasard : rien de fou en soi. Mais une adaptation nécessaire aux nouvelles pratiques du numérique.

 

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Bientôt devraient arriver des jeux plus collaboratifs. Le jeu de hasard en réseau ? C'est une demande de nombre de joueurs et la FDJ va bientôt s'y atteler, en tout cas, cela est très probable au vu des déclarations de Mme Pallez. On attend, peut-être, des jeux de hasard participatifs tirés du catalogue d'Asmodee, numéro 1 du jeu de société en France (avec, par exemple, Time's Up). A voir.


Dans le même temps, la FDJ amorce un virage numérique pour ses jeux plus classiques, des paris sportifs à l'indémodable Loto. D'ici cinq ans, la société espère que 20 % des mises seront numérisées par l'entremise d'applications dédiées. Mais n'entend pas pour autant se passer des historiques détaillants de bar-tabac : grâce aux nouveaux jeux Illiko +, les buralistes servent encore d'intermédiaire à l'achat du jeu et à l'encaissement des gains. Le jeu de grattage se passe lui sur mobile ou tablette, après avoir au préalable entré le code inscrit sur le ticket. C'est donc un mix physique-numérique que nous prépare la FDJ : une transition. Arrivée en France : 2016. Inquiétant pour les buralistes ? A long terme, peut-être ; à court terme, pas encore.


Avec le programme #FDJ2020, il s'agit donc de répondre à un triple objectif : tout en restant dans le jeu d'argent et de hasard, insérer plus de divertissement et d'interactivité ; répondre aux mutations apportées par le numérique ; et gagner une nouvelle clientèle. Le grand public se laissera-t-il tenter ? De toute manière, la FDJ n'avait guère le choix. Marier la nouveauté du casual gaming sur mobile et l'éternel appât du gain : le défi est donc lancé.

 

 
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Commentaires

Ecrit par Abaker le 08/10/2015 à 18:54

 

1

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Inscrit le 05/11/2009

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Il y a vraiment un potentiel addictif énorme avec de l'argent en jeu.
Et je trouve les jeux vraiment bien étudiés pour correspondre à ceux à gratter.
Facile d'accès et rapides. Ça m'a l'air vraiment dangereux cette histoire n'empêche. A utiliser avec d'énormes précautions.

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