La chronique cinéma de Paf ! : Inspiré de faits réels

 

Publié le Samedi 6 février 2016 à 12:00:00 par Paf!

 

La chronique cinéma de Paf ! : Inspiré de faits réels

The Finest Hours

« Cette histoire est vraie puisque je l’ai inventée ».
                Boris Vian

image« Communiquons ! Communiquons ! Sinon, on sera niqué comme des cons !!! ».
Un connard de première a décidé un jour que le public aimait les histoires vraies et qu’il fallait par conséquent lui vendre comme telles les romances qu’on en tire, quel que soit le nombre d’incongruités ou d’anachronismes dont on fourre la grosse tarte à vous faire avaler grâce à un beau nappage lyrique.
Le 24 février prochain, vous pourrez ainsi admirer une nouvelle production Disney à 80 millions de dollars, intitulée « The finest hours » en bon français, soit en gros : « Les heures de gloire ». Elle est « Based on the incredible true story » aux US et plus simplement sous-titrée « D’après une incroyable histoire vraie » en France. Sans doute a-t-on tenu là compte du fait de l’ignorance probable du spectateur hexagonal de cette anecdote de hauts faits maritimes s’étant déroulée en 1952 au Cap Code.

A intervalles réguliers, ce type de slogan attrape-cons de nos chers communiquants  ennoblit certaines affiches de cinéma comme nulle autre virgule sur un mur de toilette. Pour ma part, il me faut comme ici, soit une place gratuite en projection presse, soit beaucoup d’envie pour braver ce premier contact avec un film et pénétrer en salle pour y goûter pleinement et/ou voir ce que vaut cette soi-disant histoire vraie promise par l’affiche.
Parce qu’au vrai, quand je veux du vécu, je fais plutôt confiance à la fiction et au documentaire qu’à des bouses embellisées par un tampon « véridique ! ».

Oh bien sûr, lorsque le film est signé Alejandro González Iñárritu et partitionné par Di Caprio et Hardy, je n’ai aucun mal à braver mon dégoût pour me précipiter voir « The revenant ».

Même s’il est « Inspiré de faits réels »…
 
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Mais « The finest hours » ?

Une histoire de sauvetage en pleine tempête par des hommes, des vrais, qui bravent leur peur pour en sauver d’autres, chétifs êtres mouillés en proie à la fureur des éléments?
        
Réalisée par un tacheron Disney surtout connu de moi pour avoir craché sur les années 80 en osant faire un remake de la géniale série B : « Fright Night / Vampire, vous avez dit vampire ? » ?

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Interprétée par Chris Pine, ce légume à la mode des soirées gastéropodes hollywoodiennes, depuis qu’il a envouté Anne Hathaway et ma fille dans le fulgurant « Un mariage de princesse » (2004)?

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Ca fait envie, non ?

Eh ben, vous avez tort parce que si « The finest hours » n’est pas un chef d’œuvre, cela reste un bon film catastrophe dont les qualités excèdent très largement les défauts.
Et parlant de Chris Pine, son interprétation toute en timidité et en retrait du héros du film le fait remonter dans mon estime, même s’il faut qu’il arrête de baisser la tête comme ca*.
Et le reste de la distribution est d’ailleurs à l’avenant : Eric Bana est aussi insignifiant et buté que son rôle l’exige, Ben Foster aussi bon dans le mutisme qu’il l’était dans la démesure face à Bruce Willis dans « Otages » (2005) de Florent Emilio Siri, Casey Affleck toujours aussi impérieux et décidément l’un des meilleurs acteurs américains de sa génération. A tous ceux qui ne dédaignent pas voir des films et non uniquement des Blockbusters, je ne saurais trop vous conseiller de le revoir notamment dans :

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Plus largement et conformément à son prétendu réalisme, « The finest hours » est d’ailleurs un très bon film choral, empli de seconds rôles parlants excellemment tenus par des acteurs charismatiques ne se la jouant pas: les marins des chalutiers de Cape Code, le géant barbu adjoint de Casey Affleck, le cuisinier du pétrolier,… , tous jouent leur partition avec excellence et nous entraînent avec eux dans cette histoire pourtant convenue de sauvetage en mer.

imageAvec une mention spéciale pour une petite nouvelle au cinéma: la fiancée de Chris Pine restée au port et sachant bougrement ce qu’elle veut. Elle et Pine jouent un jeu subtil de chat et souris où la souris replète se paie le beau matou. Pour une fois, ca fait du bien de voir un blockbuster où le beau héros aventure sec en toute fragilité tandis que la simple héroïne pénélope dur à la maison en ne se laissant pas faire.

Faut dire que Holly Grainger est surtout connue pour sa prestation de la douce Lucrèce Borgia dans la série télé consacrée à la charmante famille romaine. C’est vous dire si elle est volontaire et si faut pas l’embêter!
     
Comme chez les frères Cohen, la musique de Carter Burwell est somptueuse et magnifie les séquences de tempête sans trop appuyer sur le lyrisme. Ces séquences sont d’ailleurs visuellement splendides et le film vaut tout autant pour sa magnifique reconstitution studio des années 50 que pour ses prouesses informatiques réussissant à nous noyer dans des eaux furieuses que la 3D rend encore plus asphyxiantes.

Maintenant, il est vrai que certains détails du film nous ramène à l’ « incroyable » de son sous-titre tout autant qu’ils nous éloignent d’un quelconque réalisme. Pourtant, si ces histoires de phares de voiture visibles à des kilomètres en pleine mer houleuse, d’œuf dur dont la coque repousse à mesure qu’on l’épluche, de marins chantant bas et s’entendant l’un l’autre dans la tempête, de sirènes de bateaux se taisant quand les personnages parlent, de navires qui coulent sans effet aspirant,… sont particulièrement énervantes et nous sortent du film, il reste que celui-ci est bien campé avec lenteur dans un premier temps, puis bien mené avec frénésie et émotion dans un second.

Un bon point donc à cette production Disney faisant la part belle aux femmes, aux personnages secondaires et à un héroïsme du quotidien exempt de stéroïdes anabolisants. Vous pourrez peut-être - comme Cédric et moi - y prendre du plaisir et vous pouvez sans doute et sans problème y emmener vos petites copines comme vos grands enfants.

En leur disant que c’est tiré d’une histoire vraie, ca les attirera peut-être en salle !

Sortie le 24 février prochain. Privilégiez la 3D !


Nota Bene :

imageEn 1999, le génial David Lynch avait réglé le problème publicitaire de l’histoire vraie en usant du patronyme de son héros pour l’insérer dans le titre même de son film :  

Faut dire que même basée sur des faits réels, l’histoire d’un type faisant des centaines de kilomètres sur sa tondeuse à gazon pour aller voir le frère avec qui il s’est fâché, c’est peut-être très lynchien mais pas très bankable a priori.  Pourtant, ce film est bien l’œuvre la plus minimaliste, la plus réaliste, la plus incroyable et la plus vraie au sens d’émouvant de sa filmographie.
Malheureusement, tous les héros du quotidien et de la vie réelle ne s’appellent pas Straight !
Et il y en a même qui sont Queer ! Si vous êtes sages, je vous parlerais de Carol, de Danish girl et de Free Love dans une prochaine chronique.


* Si c’est pour qu’on le confonde avec James Dean, qu’il s’achète alors une Porsche Spyder avec ses cachets de Cap’tain Kirk ! J’irai jusqu’à me fendre d’une couronne.

 

 
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Commentaires

Ecrit par scudik le 06/02/2016 à 23:00

 

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Février est vraiment un mois pas mal pour le cinéma cette année.

Sinon on peut faire un combo, allez Spielberg réalise un "Germinal, adapté du roman d'Emile Zola inspiré de faits réels". smiley 54

2477 Commentaires de news

Ecrit par Tyr le 07/02/2016 à 01:10

 

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Inscrit le 19/04/2012

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Ecrit par scudik

Février est vraiment un mois pas mal pour le cinéma cette année.

Sinon on peut faire un combo, allez Spielberg réalise un "Germinal, adapté du roman d'Emile Zola inspiré de faits réels". smiley 54

Impossible, Mickael Bay l'a déjà prévu en trilogie.
smiley 31

1112 Commentaires de news

Ecrit par scudik le 07/02/2016 à 01:52

 

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Ecrit par Tyr

Impossible, Mickael Bay l'a déjà prévu en trilogie.
smiley 31

Hahaha. Du grand spectacle...

Ca ne les arrête même plus depuis pas mal de temps les doublons. Ils ont sorti 2 films steve jobs en l'espace de 2 ans là encore, désespérant.

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Ecrit par Aces le 07/02/2016 à 17:50

 

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Privilégiez la 3D !
Fuck Off,
Cordialement !

Bref, un caca restera du caca même dans une crêpe !

3774 Commentaires de news

Ecrit par Paf le 08/02/2016 à 09:15

 

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Inscrit le 01/01/2016

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Bref, un caca restera du caca même dans une crêpe !

Eh ben va le voir en 3D en hommage aux marins bretons perdus en mer.

Fuck off!?

Ou alors pour Casey Affleck sous les goutelettes vers la fin du film, c'est beau comme une baywatcheuse courant au ralenti!

Ca ne vaut certes pas "La flute à six schtroumpfs" de Peyo mais très largement "Les Schtroumpfs en 3D".

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