La chronique cinéma de Paf ! : Le Réveil de la Force

 

Publié le Samedi 20 février 2016 à 12:00:00 par Paf!

 

La chronique cinéma de Paf ! : Le Réveil de la Force

7e avatar d’une médiocre saga ou révolution d’un mythe du 7e art ?

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A y est, elle est réveillée la force !

J’ai vu hier soir un épisode 7 qui nous a ici été conseillé par Sylvain et qui m’a donné la pêche pour taper sur une nouvelle chronique. Et quelle pêche ! Pas étonnant que cette chronique soit si longue qu’il me faille la diviser en trois parties :

épisode I : prélude à la cinéphilie d’un fan

Dieu que cela fait du bien de revoir le héros de notre enfance réajuster le costume qui lui colle à la peau depuis 40 ans ! Oh certes, il est bien fatigué, Old man, mais il sert admirablement la relève : qu’elle est belle et mystérieuse cette jeune première et qu’il est charismatique et juste cet athlétique acteur noir! Quelle bande-son et quelle énergie dans ce film !

Grâce à ces derniers indices, les moins sagaces d’entre vous auront compris que je ne parle pas des interprétation, partition et mise en scène poussives des Harrison, John, John et Jeffrey Jacob dans la bouse soporifique sortie en décembre. Elle a beau avoir fait la une de TOUS les magazines et même la couverture de Chocapic, quelle daube !

Certes, « Le réveil de la force » a beaucoup plu à mon fils de 8 ans, mais il a aussi profondément déçu ma fille de 12 « parce que c’était tout pareil que dans le premier « Star Wars » ! » (Comprenez le IV). Eh ben, Rocky 7 - ou « Creed » si vous préférez -, c’est exactement comme Cedric vous l’annonçait pour ST7 et comme Sylvain l’a déjà dit ici, c’est tout pareil que dans le premier volet : « Rocky » de John G. Avildsen, sorti en 1976.

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A cette petite différence près avec ST7 que ce réchauffé là étant de qualité, c’est de la bonne daube ! Ca peut paraitre complètement paradoxal du point de vue culinaire, mais c’est vrai en l’occurrence. Appelons cela de la cuisine Filipkdikienne, par exemple.

S’il ne restera pas comme un chef-d’œuvre du 7e art, « Creed » est en effet un excellent film de boxe, le seul de la saga Rocky à mériter cet adjectif selon moi. Si on me pousse dans les cordes, je veux bien admettre que le premier volet dont il reprend les énormes ficelles était un bon film de boxe dans la mesure où il était touchant, à défaut d’être original ; mais ses suites…

Trois ans plus tôt sortait « Fat City » de John Huston et cinq ans plus tard « Raging Bull » de Martin Scorsese, deux films qui ont jalonné l’histoire du film de boxe.

« Fat City », Rocky II, III, IV, V, VI et « Raging Bull » ? Qu’y a-t-il là à comparer d’un point de vue cinéphilique si ce n’est les entrées et le nombre d’oscars, soit accepter d’entrer dans un monde malsain où l’on applique le terme de « franchise » à une œuvre d’art et de divertissement et/ou d’accorder la moindre importance à l’avis des « professionnels de la profession », comme disait Godard ?

L’année où concourrait « Rocky » pour l’oscar du meilleur film par exemple, ses concurrents étaient « Les hommes du président », « En route pour la gloire », « Network » et « Taxi driver », excusez du peu ! « Rocky » obtint l’oscar.

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imageEn cette même année 77 où John G. Avildsen concourrait avec « Rocky » pour l’oscar du meilleur réalisateur, il était notamment face à Alan J. Pakula, Sidney Lumet et Ingmar Bergman. Ingmar Bergman !!! Futur réalisateur de chefs d’œuvres du 7e art reaganien tels que « Karaté Kid », « Karaté Kid II », « Karaté Kid III » ou encore « Rocky V », John G. Avildsen obtint l’oscar.

Enfin, pour les connaisseurs, « Rocky » obtint également l’oscar du meilleur montage face aux multipolaires « Les hommes du Président » et « Network » et au petit thriller-catastrophe « Two Minute Warning / Un tueur dans la foule », peu connu, un peu lent mais excellemment monté, dans ses scènes de panique tout notamment.

Complètement cocksée l’Académie en 76, ou c’est moi qui hallucine à rebours ?*

Quant à la saga Rocky dans son ensemble, rarement suite populaire se sera révélée aussi médiocre au fil des épisodes** mais c’est d’avance peine perdue que de vouloir parler de la chose auprès des fans de base de Sly. Et dangereux qui plus est !

Prenons mon vénéré patron Cedric par exemple : il parlait récemment ici à mon endroit de « goûts étranges, pour ne pas dire de merde » au motif que je n’aimais pas, selon lui, l’univers ST et la saga Rocky.

imageJ’avoue que cette petite phrase écrite au détour d’une étrange critique comparant l’excellent mais décevant « Spectre » à n’importe quel Roger 007 Moore m’a piqué au vif. Dieu que ce monde est cruel et quelle ingratitude ! Dire que j’ai connu Cedric tout petit, il y a six mois environ, lorsqu’il vint me trouver pour un alibi et une place libre dans mon jardin.

Sans doute m’est-il nécessaire de revenir ici sur un constat évident : il existe un monde entre un fan et un cinéphile lambda, soit quelqu’un qui aime juste le cinéma dans son ensemble. En décembre, j’avais déjà tenté par la bande de parler de cette différence dans une non-chronique sur Star wars qui a irrité certains fans, mais également donné l’envie à un admirateur de « Re-Animator » de revoir « Blade Runner ». Pour un lecteur au moins, le sens de ma chronique avait été entendu et c’est déjà bien pour moi qui indiffère généralement jusqu’à mon chien.

Car le but de cette chronique n’était pas tant de critiquer une grande saga populaire - que j’apprécie d’ailleurs - que de reprocher à l’auteur de « THX 1138 » et des « Aventuriers de l’arche perdue » d’avoir abdiqué au fil des années ses ambitions artistiques et intellectuelles. Dans le même temps, de nombreux auteurs de Sci-Fi et de blockbusters apparaissaient et se renouvelaient constamment en s’adressant aux adultes et non pas seulement aux enfants: de Sam Raimi à James Cameron, en passant par David Cronenberg, Peter Jackson, Guillermo del Toro, Alfonso Cuaron ou Pixar.

Voir le très bon « Creed » m’a donné envie de vous préciser l’étrangeté de mes goûts et peut-être qu’une métaphore culinaire serait plus apte à vous faire comprendre mon défaut de fanatisme pour la saga Star Wars et mon profond dégoût pour celle de Rocky que cette fameuse non-chronique sur Star Wars 7.

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Une pizza ou un hamburger-frites, par exemple, c’est très bon, mais il faut bien avouer que ce que l’on nous sert dans les supermarchés ou les fast-foods sous cette appellation ressemble bien de près comme de loin à de la merde joliment coloriée par un enfant de cinq ans. Par contre, on peut aussi aller chez un boucher, un boulanger, un fromager, un épicier ou dans un bon restaurant pour se concocter ou commander une bonne pizza et un bon hamburger. La différence existe dans la qualité des ingrédients et la compétence immédiate du chef ; elle ne saurait être par essence ou exister grâce au marketing, à la réputation actuelle du vendeur ou à celle passée du faiseur.

Nourriture industrielle à bas prix, goût de merde ? Oui forcément!

Film de Pixar, film génial ? Non pas forcément.

Car Ratatouille un jour, Ratatouille pas toujours ! Soit selon moi, à la seule condition qu’il reste lui-même et continue à travailler en artisan avec de bons produits ! La prochaine fois que vous aurez envie d’un plaisir coupable ou d’une madeleine, regardez « Cooked » :


Vous constaterez alors très vraisemblablement au sortir de cette vision, que vous aurez plus envie d’aller au marché qu’au McDo, de partager un repas avec des gens que vous aimez que de manger seul et de louer la cuisine familiale de « Le déclin de l’Empire américain » que la suite à un fantastique repas McDo : « The avengers II – l’ère d’Ultron ».

Ou était-ce « Avengers – Age of Étron » ??? Le deuxième épisode de cette chronique sera consacré aux sagas de merde et aux films de l’étalon italien. Sly pour les intimes.

* Et si la première solution est la bonne : pourquoi Scorsese n’a-t-il pas eu tous les oscars ? Concurrence acharnée entre dealers californiens et new-yorkais ?

** Dans la grande histoire des sagas destinées aux ados/adultes de 7 ans d’âge mental écrites et réalisées par des débiles légers, des vieillards poussifs et des néocons mus par le profit - Porky’s, Police Academy, vendredi 13, Resident evil, Taxi,… –, aucune n’a atteint le succès de Rocky.

 

 
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Commentaires

Ecrit par Salvador le 20/02/2016 à 19:36

 

1

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Inscrit le 14/01/2013

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Toujours un plaisir à lire. Par contre, j'en reviens pas que Rocky ait eu l'Oscar devant Taxi Driver... Scorcese + De Niro + Keitel + Foster derrière un film sur un gugusse qui frappe sur des sacs (d'os) en beuglant "Adrienne" dès que l'occasion se présente... J'ai comme une petite déprime maintenant.

407 Commentaires de news

Ecrit par scudik le 20/02/2016 à 22:37

 

2

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Inscrit le 13/12/2013

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Tiens netflix ne me l'a jamais proposé, "Cooked", je regarderai ça un de ces 4.

2469 Commentaires de news

Ecrit par dieudivin le 21/02/2016 à 12:04

 

3

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Inscrit le 18/03/2011

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Ça y est, on a perdu Paf! je crois smiley 13

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