La chronique cinéma de Paf ! : La tortue rouge

 

Publié le Samedi 23 juillet 2016 à 12:00:00 par Paf!

 

La chronique cinéma de Paf ! : La tortue rouge

Cet article, c'est de la soupe

« La tortue rouge »
Michaël Dudok de Wit

Une pure merveille.
 
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C’est pas tous les jours quand même, si ?

imageBon, j’veux bien admettre qu’on a une belle année : un Tarantino enfin jouissif et non-révisionniste; « The revenant » absolument génial et mésestimé me semble-t-il par ses laudateurs mêmes ; quand à « Zootopia », j’en parle même pas et les critiques de cinéma non plus d’ailleurs ; itou de « Deadpool », idéal post-moderne de la paf!itude perverse; « Men and chicken » hilarant d’intelligence et « Mister Holmes » extrêmement émouvant de subtilité, ou était-ce l’inverse ?; et les petits bijoux amoureux à la « Carol » de Todd Haynes ou « Midnight special » de Jeff Nichols,…

Et si on ajoute à cela « Black », « Made in France » et « The nice guys » pour les amateurs de films en tout genre + la ressortie restaurée en salles de 4 chefs d’œuvres absolus de Julien Duvivier - « la belle équipe », « La fin du jour », « Panique » et « Voici le temps des assassins » -, on arrive quand même à un 1er semestre 2016 assez fabuleux pour les cinéphiles en vadrouille. Nous manquent encore un grand film d’horreur, un autre de sci-fi et une belle épopée…

Bref, face à 2015 qui ne nous aura offert qu’un génial « Fury road », quelques perles (Birdman, Kingsman, It follows, Les nouveaux sauvages, Crimson Peak, Les cow-boys,…) mais aussi et surtout beaucoup beaucoup de films très prometteurs mais au final trop longs, à demi ratés ou complètement ridicules (Jupiter ascending, Tale of tales, Youth, Rogue Nation, Spectre, Réveil de la Force…), 2016 est d’ores et déjà une belle et grande année. Et voici que nous arrive en sus « La tortue rouge » de Michaël Dudok de Wit, comme pour couronner ce très beau 1er semestre.

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En 1996, le primesautier « Le moine et le poisson » avait valu un César en 1996 à De Wit, « Père et fille » un oscar en 2000, nul doute que son premier long-métrage raflera tous les suffrages du public et peut-être du jury, quelle que soit la compétition où il sera présenté en tant que long métrage d’animation ou long métrage tout court. Quand on voit ce film, le très beau « Zarafa »  (2012) ou bien encore le sublime « Le tableau » (2011) de Jean-Francois Laguionie, on est en droit d’espérer qu’un jour le décloisonnement se fera véritablement et qu’animation ou pas, certains chefs d’œuvres  du cinéma seront reconnus comme tels et protégés dans les multiplexes face aux daubes hollywoodiennes comme face aux mastodontes de l’animation américaine (dreamworks, Disney,…) auxquels ils ne sont aucunement comparables.

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Il me paraît toujours dommageable en effet que ce type de films d’animation intelligents destiné au tout public trouve heureusement sa place dans les circuits arts et essais, mais ne puisse pas s’installer dans la durée auprès du grand public des multiplexes ne lisant pas forcément Télérama…

Une nouvelle fois ici, De Wit réussit une parfaite osmose entre musique et images qui bougent, poésie et merveilleux, action et décors somptueux, humour et suspens, quotidien lassant et dramaturgie prenante,… Un grand moment de cinéma à tous égards, pour ce chef d’œuvre de l’animation française notamment dû à Vincent Maraval, Pascale Ferran, Isao Takahata & Hayao Miyazaki, excusez du peu pour les fées du berceau ! *

Je vous mettrais bien ici la bande-annonce pour vous donner un indice sur le pourquoi du comment la photo du plus grand écrivain français de ces cinquante dernières années se retrouve en en-tête de cette chronique cinématographique, mais non. J’adorais Michel Tournier récemment disparu, sa bonhommie, sa culture, son humour et son « Roi des Aulnes ». Mettons que cet hommage soit ici gratuit…

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Maintenant, peut-être que vous l’aurez quand même au final, cette bande-annonce ou le pitch de « La tortue rouge »… Des fois, à Gam@live, i’m’font ça : j’envoie ma chronique et ils me rajoutent des trucs ici et là. Ce peut être un titre ici, des sous-titres là (ndlr : ça t'apprendra), un clip de Dorothée ndlr** par ci, une photo de gangsta rappers par là ndlr***, et encore et toujours la bande-annonce du film ndlr**** au cas où je l’aurai oublié. Faut vous dire qu’ils aiment les poils à la rédaction et moi absolument pas : j’aime arriver nu face à une œuvre à découvrir, ce qui exactement le contraire.

C’est l’été : Je vous convie par conséquent à vous rendre nu en salles avec votre compagnon, votre compagne, vos enfants et leurs grands-parents pour apprécier ce très beau film, (petit spoil : également accessible à des non-francophones).  De 7 à 77 ans disait Hergé, mais pour ce grand film d’aventure métaphysique qu’est « La tortue rouge », vous pouvez largement aller au-delà (mais guère en deca, le film est quand même très angoissant par endroits et ce, dès son ouverture) puisqu’il évoque le sens de la vie d’un homme et toutes ces sortes de choses.

Perso, j’ai emprunté des enfants de 8 et 13 ans pour aller voir cette histoire fantastique d’amour et d’aventure et elle leur a énormément plu, pour des raisons étrangement très différentes… Ce qui vous prouve la richesse du film.

Entre « Le monde de Dory » et « Comme des bêtes » et pour vous reposer de «  L’âge de glace 5 », ne manquez donc pas « La tortue rouge », le chef d’oeuvre d’animation poétique de cet été. Que vous aimiez ou détestiez ce que d’aucuns appellent les dessins animés…

 
*****
* Vous trouverez dans le numéro de juin 2016 de Studio Ciné live un beau papier narrant l’aventure des neuf ans de gestation de « La Tortue rouge », ainsi qu’un très intéressant entretien avec Vincent Maraval sur l’Etat et les états du cinéma français. Inutile de vous dire pourquoi j’ai acheté ce magazine que je ne lis pas ordinairement, voici sa couverture :

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ndlr***

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Commentaires

Ecrit par Sliden le 26/07/2016 à 11:21

 

1

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Inscrit le 26/05/2016

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Merci, paf!, pour cette nouvelle chronique.

Cela fait toujours plaisir à lire. Et l'on se dit encore : "comment ai-je pu loupé (comment puis-je être en train de louper) tous ces chefs-d'oeuvre ?"
Eh bien, si, c'est vrai, j'ai un un très gros retard à combler. Mais pas dans l'immédiat : je suis en train de croire que m'exposer à la plage dans le nord par temps couvert va me donner un teint halé. En trois semaines, c'est possible (ou non ?).
Profitez-bien tous de vos vacances ! smiley 8

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