L'Edito du dimanche

 

Publié le Dimanche 18 septembre 2016 à 12:00:00 par Cedric Gasperini

 

L'Edito du dimanche

C'était mieux avant

imageJe ne sais pas si « c’était mieux avant », comme le disent les vieux, actuels ou en devenir, quand ils font le constat d’une société qui part à la dérive.
En fait, tout porte à croire qu’elle part à la dérive depuis quelques centaines de milliers d’années. Je me demande si les vieux Australopithèques commençaient déjà à dénigrer la nouvelle génération qui s’essayait à la bipédie en leur balançant que « c’était quand même mieux avant » parce qu’à quatre pattes, on va quand même vachement plus vite.
Ou même si le grand-père Homo Erectus préférait manger sa viande crue, de bien meilleur goût selon lui, taxant la découverte du feu « d’invention du diable » et la qualifiant de « responsable de la lente agonie de la société ».
Bon. Ok. Le grand-père Homo Erectus avait juste 30 ans à l’époque. Mais la vieillesse intellectuelle n’attend pas le poids des années. Je connais des gars qui me rendent 10 ans d’âge physique mais qui sont déjà vieux, secs et rabougris dans leur tête.
Est-ce que Néron lui-même, suite au grand incendie de Rome en l’an 64, quand il s’est vu accusé d’avoir glandé en chantant et en jouant de la lyre devant les flammes, s’est dit que « c’était mieux avant, du temps où l’on pouvait clouer les prophètes sans se faire emmerder » ?
Est-ce que Louis XVI, montant sur l’échafaud, s’est lui aussi dit que c’était mieux avant, quand une opération de fistule anale royale* réussie donnait lieu à liesses et festivités ?

imageEst-ce que c’était mieux avant ? Est-ce qu’avant, on pouvait se taper un petit parisien au troquet du coin sans se choper un cancer du trou du cul** ? Ou est-ce que, tout simplement, on vivait dans une douce ignorance ? Est-ce qu’on pensait encore qu’un homme politique pouvait être autre chose qu’un sodomite de société entière ? Est-ce qu’on imaginait que les petits veaux et les petits cochons étaient abattus proprement après un dernier repas, une dernière cigarette et un dernier massage ? Est-ce que dans mon concombre, il n’y avait que du concombre et non pas du C3H8NO5P*** à foison ? Est-ce que ma copine Amina pouvait sortir dans la rue sans qu’on lui crache dessus ? Est-ce que je pouvais sortir avec ma copine Amina sans que ses 3 grands-frères ne me crachent dessus ? Est-ce qu’on accueillait les réfugiés les bras grands ouverts comme des frères ? Même les réfugiés… français et blancs… ? J’veux dire, en 1962, les cailloux, c’était juste pour s’entraîner pour mai 68 ? Tenez… mai 68, justement… le but c’était quoi ? Virer de vieux politiques incapables… pour en mettre d’autres, tout aussi incapables, à la place ?

Finalement, on a peut-être tout simplement oublié que la même merde dure depuis des générations entières. Dans les années 80 et 90, on avait Carlos, les FARL, le septembre noir de 1986, et le GIA, presque 10 ans plus tard, a laissé des traces indélébiles dans toutes les mémoires.
On vivait dans la même crainte. La même peur. Avec les mêmes angoisses sociales, financières, politiques. Rien ne change. Juste les noms.

imageAlors certes. Il y a quelques légères différences quand même, j’avoue. Un jeune qui se rebellait contre la société se rasait la tête, en laissant bien soin de laisser une crête apparente, achetait un chien, et allait boire des bières dans la rue, avec comme seul passe-temps les passants qu’il insultait copieusement. C’était fun. Eventuellement, si la crête, ça ne lui allait pas trop, il allait cramer des bagnoles. Fallait juste pas oublier les chamallows.
Aujourd’hui, le moindre connard congénital se dit qu’aller faire le djihad est le meilleur moyen de faire chier ses parents. Généralement, une fois les tripes entre les mains, en train d’agoniser entre deux villes détruites, il a quand même tendance à regretter le régime de la Sécu. Et la petite connasse, une fois passée entre les mains des combattants djihadistes, jusqu’à ne plus pouvoir s’asseoir, regrette qu’il n’y ait pas plus de congélos dans le désert, parce que la glace, ça aide quand même à se calmer les orifices.
Perso, effectivement, la crise d’adolescence, c’était peut-être mieux avant…

imageCela dit… quitte à parler terrorisme ou agression, permettez, mais je n’échangerais pas ma Sabine Paturel ou mes Licence IV pour tous les Maître Gims ou Black M du monde. J’avoue, dans mes moments de faiblesse, à force d’allumer ma radio et ma télé et entendre « J'ai tout gâché, maintenant tu m'abandonnes, J'l'ai mérité, dans les rues je vagabonde, J'ai tout gâché, cette fois sera la bonne, Fais-moi confiance, je changerai la donne, J'ai tout gâché, maintenant tu m'abandonnes, J'l'ai mérité, dans les rues je vagabonde », moi aussi j’ai un besoin irrésistible d’aller me foutre en l’air en Syrie, j’avoue.
Après on s’étonne que des mecs se jettent sous les rails d’un RER. Mais moi, la dernière fois que j’ai entendu « Sur ma route, oui, Il y a eu du move, oui, De l'aventure dans l'movie, Une vie de roots », j’ai saccagé le rayon pamplemousse et j’ai essayé de me suicider en avalant trois ananas en même temps.

Mais ça n’empêche. Je ne sais pas si « c’était mieux avant ». Ou si on patauge toujours dans la même merde. Avec juste les petits morceaux qui changent mais la même odeur nauséabonde.
Ce que je sais, c’est simplement qu’il faut continuer à nager. Sinon on risque de boire la tasse.


*Louis XIV, 1686

** Ce qui est sûr c’est qu’avant, on pouvait écrire ce genre de phrase sans passer pour un dangereux pédophile. Les initiés savent, eux, que le « parisien » est l’autre nom du jambon-beurre.

***Glyphosate, herbicide bien connu, notamment sous la marque… Roundup.

 

 
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Commentaires

Ecrit par dieudivin le 18/09/2016 à 20:26

 

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Belle conclusion smiley 20

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Ecrit par clayman00 le 19/09/2016 à 22:21

 

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