An Pierlé : Une interview en point d'orgue

 

Publié le Samedi 17 septembre 2016 à 10:00:00 par Cedric Gasperini

 

An Pierlé : Une interview en point d'orgue

La beauté à l'état pur

Ce jour-là, il a fait très chaud. Vraiment. Du coup, arriver en nage pour une interview, ça le fait moyen. Mais elle ne m'en a pas tenu rigueur. Et parce que la rencontre était bien organisée, on m'a quand même proposé un verre d'eau pour me désaltérer avant que je n'aie le temps de plonger la tête dans la cuvette des toilettes.

Bref, entre deux gorgées d'eau fraîche, j'ai interviewé la pétillante An Pierlé. Une chanteuse belge au visage rayonnant, au sourire charmant et à la simplicité et la gentillesse désarmantes.

Son nouvel album, Arches, enregistré dans une église avec un orgue, est une merveille d'harmonie et de douceur que la voix sublime d'An Pierlé transcende. Nous vous le recommandons chaudement.


Morceaux choisis d'une interview doublée d'une belle rencontre.

Est-ce qu’il y a un fil conducteur sur l’album ?

Je n’ai jamais un « truc » général. Je ne fais pas d’album concept. Ici, le lien c’est l’orgue, présent dans toutes les chansons. Mais le lien thématique… je ne sais pas. Je parle toujours de l’amour… de l’angoisse… de la guerre… de l’amour encore… c’est un peu tout ça !

imagePourquoi avoir enregistré dans une église ?

Parce qu’il y avait l’orgue là-bas !

Au niveau son, ça apporte quelque-chose ?

La plupart des morceaux ont été écrits sur l’orgue. Donc ça a influencé aussi l’écriture. Il y a eu trois phases d’écriture, en fait. La première, sur l’orgue. Puis j’ai aussi travaillé à la maison, et j’ai réadapté pour l’instrument. Mais les premières chansons, c’était dans cet énorme espace, vraiment écrit sur l’orgue et c’est vraiment une autre façon d’écrire et de chanter. Parce que tout prend du temps. Quand on appuie sur une note, il y a la réverbération et ça met du temps à voyager dans les tuyaux. C’est aussi à cause de cela que l’album est plus lent. Il s’adapte au tempo du bâtiment…

Mais c’est compliqué d’enregistrer dans une église, à cause de l’écho, notamment ?

La difficulté, c’est qu’il fallait tout emporter pour enregistrer, tout le matériel. Et enregistrer la nuit sinon il y avait beaucoup trop de bruit de la ville.  C’est chouette, cela dit, mais bon… plein de  voitures dans chaque chanson, ça ferait trop. Cela dit, la nuit, c’est très mystérieux, c’est bien aussi.
Sinon, il a fallu étudier comment placer les micros, près de l’orgue ou plus loin dans l’église pour le meilleur son possible.

imageEt pas besoin de demander une autorisation pour utiliser l’église ?

Non, l’Eglise est de plus en plus ouverte. Il y a moins de monde aux messes, les bâtiments sont vides… du coup, ils sont plus ouverts à l’art.

Arches est présenté comme un dyptique avec sa « suite », Cluster. C’est quoi exactement ?

Un autre album. Aussi enregistré dans l’église, avec l’orgue. Enfin… j’avais beaucoup trop de chansons, mais je n’avais pas envie de faire un album d’une heure et demie. Et j’ai donc choisi cette séparation en deux albums. Sauf que cet album sera peut-être un peu plus extrême… à savoir que le « pop » sera plus « pop », par exemple.


Tu es connue en France notamment pour les reprises de « Il est 5h Paris s’éveille » et « C’est comme ça ». Je suis désolé de demander ça à une flamande… mais un album en français n’a jamais été envisagé ?

imagePlusieurs fois ! Mais il faut que ce soit bien. J’ai déjà eu plein de projets. J’ai fait des chansons avec des écrivains… mais même si ce sont de très bons écrivains, ça ne veut pas dire qu’ils arrivent à capter l’essence des paroles pour faire de la musique. Parce que les sons provoquent beaucoup de sentiments et traduisent une émotion.
Ce n’est pas toujours ce que tu dis, mais la façon dont tu le dis qui est important.

Quel regard portes-tu sur la mutation de l’industrie musicale ?

Je suis très contente d’avoir connu la période précédente qui m’a permis d’avoir une maison et un studio… ce que je trouve triste, c’est que les gens ne se rendent pas compte qu’ils donnent plein d’argent à des gens qui ne sont pas les artistes. Ils vont payer les providers, les fournisseurs de musique, ou les vidéos comme sur youtube avec la publicité, mais presque rien ne va à l’artiste. Il y a une perte de valeur. Aussi, ils trouvent ça normal d’utiliser une musique ou même une photo ou une œuvre pour leur propre utilisation, sans l’acheter. Il n’y a plus de valeur, plus de reconnaissance. Internet, c’est fabuleux. C’est une gigantesque librairie. Mais ce qu’il faudrait, c’est que les gens se disent « j’aime bien cet artiste, alors je lui donne des sous » pour qu’ils puissent continuer.

imageEst-ce que tu joues aux jeux vidéo ?

Non... du tout. Ma fille avait un jeu Disney sur mon téléphone, j’ai joué un petit peu mais… c’est un monde que je ne connais absolument pas. Je pense qu’il y a des choses chouettes, mais je ne connais pas. Et je n’ai pas de copains qui jouent non plus. Les jeux de guerre ne m’intéressent pas, mais j’aimerais beaucoup une collaboration avec un jeu plus dans les choix de vie, avec une histoire qui a une vraie portée. C’est quelque chose qui m’intéresserait. Oui, plus j'y pense, plus ça serait bien. Si tu as des contacts, je veux bien !

 

 
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