Windows 8 : le point, deux mois après sa sortie

 

Publié le Vendredi 11 janvier 2013 à 12:00:00 par Laurent Benoit

 

Windows 8 : le point, deux mois après sa sortie

Bide, remaniement, avis…

Windows 8, la domination. En l’an 2013, toute la Gaule est occ… euh non, ça c’est la BD qui traîne dans mes WC. La vérité, c’est que 2013 semble bien mal parti pour Microsoft, qui misait tout sur Windows 8 pour la fin de l’année 2012.

Windows 8 : des ventes décevantes
imageMême si Microsoft s’enorgueillit d’avoir écoulé 60 millions de licences (traduction : on parle autant de boites physiques que de clés ou d’activations via des PC vendus avec Win8), les chiffres seraient extrêmement douloureux, après le trou que le marketing a laissé derrière lui (en sus de publicités débiles où les mecs jouent au tam-tam avec leurs combos tablettes/claviers Surface. Allez-y les mecs, je vous défie de le faire en vrai).
Au CES 2013, Steve Balmer ne se prive pas de dire à tout le monde que Microsoft a écoulé cinq fois plus de Windows phones qu’en 2011, mais se garde bien de donner quelconque chiffre (entre 11 et 13,5 millions contre 2,7 en 2011, selon les estimations du cabinet Gartner).
De son côté, Gabe Newell se la pète et nous la joue grand mystique (barbe de John Lennon inclus) avec sa Steambox annoncée au CES même si elle n’en est pas une. Et pendant qu’il en parle encore dans une interview fleuve pour nos confrères de The Verge, il en profite pour continuer d’enfoncer Microsoft, qualifiant Windows 8 de « gigantesque tristesse », et de système d’exploitation « inutilisable ».

Entre amoureux et haineux, la réalité est pourtant là : deux mois après le début de sa commercialisation, le dernier-né des systèmes d'exploitation de Microsoft équipe seulement 1,72% des ordinateurs de bureau. Les ventes sont un échec, personne ne veut d’une tablette Surface vendue un bras (ou un bras + une main si on l’achète avec son clavier physique), ni d’une version allégée d’un Windows qu’on nous promettait comme celui qui ferait tourner Photoshop ou Word sur tablette, alors que non. J’ai moi-même vu, malgré les espaces de ventes achetés par Microsoft à la Fnac pour proposer eux aussi du logo Microsoft bien flashy en face des fortins Apple, nombre de clients demander des ordinateurs portables (ou fixes) sur Windows 7, quand les vendeurs leur expliquaient avec gêne qu’ils ne proposaient plus que Windows 8.

D’ailleurs, et là encore je parle de visu, certains vieux hippies de la consommation ne se sont d’ailleurs pas privés pour leur exiger la vente de l’ordinateur non liée à celle de l’OS, comme la loi le permettait, au grand dam des vendeurs débordés par les fêtes, et obligés de se coltiner des reformatages express en pleine période d’inter Noël. Une scène très drôle à observer quand vous voyez le vendeur tenter de trouver toutes les parades possibles pour ne pas avoir à se taper le processus.

Windows 8 et les barrières psychologiques
Pour en revenir à la part de marché, c’est trois fois moins que Windows 7, qui culminait à 6% d’installation totale deux mois après sa sortie. Windows 8 a pourtant de quoi séduire : ses performances et sa rapidité de démarrage sont louées par nos confrères de la rédaction française de PC World, quand Clubic lui reconnaît de vrais progrès en matière de consommation de mémoire et de performances graphiques. Mais alors, qu'est-ce qui coince ? La réponse est simple : les gens détestent le changement. Et la nouvelle interface rebute tout le monde. Surtout le consommateur lambda. On peut lui présenter une Ferrari sous le capot, si monsieur Michel n’a pas son menu Démarrer et son bureau avec sa corbeille, il considère que ce n’est pas du Windows.

imageLes plus pragmatiques signalent aussi que depuis, Windows 7 a fait du chemin, et qu’il équipe aujourd’hui plus de 45% des ordinateurs fixes, quand 39% "tournent" encore sous Windows XP, sorti il y a plus de onze ans, et que tout le monde (ou presque) conchie Vista, qui s’est vite effacé. La plupart des utilisateurs (votre serviteur y compris) n’a pas grand-chose à reprocher à Windows 8, mais ne voit tout simplement pas l’intérêt de passer maintenant à un nouvel OS, quand le système d’exploitation actuel fonctionne très bien tout seul.
Pour Thurrott, cette appréciation serait d’ailleurs complètement erronée, et c’est à cause de cette « mauvaise vision » des « bonnes ventes » de son prédécesseur que Windows 8 ne perce pas. MacGeneration, site porté sur la pomme, souligne l’hypothèse des netbooks, ces portables du tiers-monde vendus en masse pendant deux trois ans aux étudiants et aux pauvres, avant que tout le monde ne se lasse d’un ordinateur n’arrivant à faire tourner que le Solitaire et Firefox 4.
Selon le site, les 20 millions d'unités vendues chaque mois pendant les trois ans de vie des netbooks sont la cause du succès de Windows 7. Une hypothèse conclue en lisant l’analyse similaire de NPD : le cabinet estime que « les netbooks ont été la cause de dégâts incalculables pour le marché du PC » en tirant les prix vers le bas et en habituant les clients à ce qu'ils soient en quelque sorte la norme.

Il est d’ailleurs fréquent de voir aujourd’hui des gens s’émerveiller sur les capacités techniques et le design racé des « ultrabooks » (portables de « luxe » dépassant les Macbook en termes de performance, et venant concurrencer Apple sur le design et la finition du produit) puis tirer la tronche en constatant leurs prix (tournant autour de 1000 euros), s’attendant à payer 400 euros pour un ordinateur portable.
Dans cette optique, l’échec des Surface paraît prévisible : les clients du monde PC auraient du mal à comprendre pourquoi il faudrait subitement payer autour de 700 eurodollars en moyenne pour la nouvelle série de portables à écran tactiles adaptés à Windows 8, quand un Asus Transformer se vend entre 450 et 600 euros, et une tablette tactile se trouve à partir de 300 euros.
D'après NPD, les portables tactiles n'ont compté que pour 4,5% des ventes de machines Windows 8. Les capacités tactiles du nouvel OS seraient largement ignorées par les premiers clients, du fait d'un équipement inadéquat.

L’arrivée d’un Windows « à la OSX » ?
imageEnfin, comme nous l’avaient transmis plusieurs lecteurs à l’époque des premières rumeurs, il apparaît vérifié que Microsoft prépare un Windows Blue : au mieux une grosse mise à jour de Windows 8 pour la mi-2013, au pire un nouvel OS pour pomper à nouveau Apple et calquer des sorties tous les six mois d’un nouveau Windows avec une mise à jour à moindre coût.

Windows Blue serait actuellement en alpha-test, et la bonne nouvelle pour toutes les pleureuses, c’est que le bouton Démarrer disparaît définitivement de W8 avec cette MAJ. Ce qui ne manquera pas de faire gueuler encore un paquet de monde, même si un clic droit dans l'angle inférieur gauche sur un écran Windows 8 fait apparaître un menu permettant d'accéder directement au panneau de configuration, aux fonctions Rechercher et Exécuter, au Gestionnaire de périphériques, aux Programmes et fonctionnalités...

 

 
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