Metal Gear Solid V : The Phantom Pain, nos premières impressions

 

Publié le Vendredi 12 juin 2015 à 12:00:00 par Cedric Gasperini

 

Metal Gear Solid V : The Phantom Pain, nos premières impressions

Un grand Kojima ?

imageMetal GearSolid V : The Phantom Pain débarque le 1er septembre prochain. Ce sera le dernier jeu de la série signé Hideo Kojima, parti sous d’autres cieux. Reste à savoir s’il part l’esprit tranquille en nous livrant une « Masterpiece » ou s’il s’est contenté du strict minimum pour plaire aux fans.

Nous avons eu un premier élément de réponse en jouant plusieurs heures, pas loin d’une dizaine pour être exact, sur une version quasiment complète. Complète mais loin d’être terminée, notez bien. En témoignent les quelques bugs et animations foireuses rencontrées au fil de cette prise en main. Rien d’anormal ou d’inquiétant pour autant : les quelques ratés que nous détaillerons plus loin dans le texte ne sont pas insurmontables et devraient être logiquement corrigés sans souci avant la sortie du jeu. Mais nous les détaillerons quand même par pur sadisme. On ne se refait pas, hein.

Metal GearSolid V : The Phantom Pain s’ouvre sur le réveil de Big Boss. Snake a passé 9 années dans le coma et n’est plus que l’ombre de lui-même. Diminué, amputé, il va passer les deux premières heures que dure cette interminable intro à gémir et à se trainer comme une loque.
Comment en est-il arrivé là ? Kojima ne s’embarrasse pas de présentation ou de « rappel des faits ». Fan service oblige (et c’est bien dommage pour ceux qui ne connaissent pas bien ou pas du tout la série), vous êtes jetés immédiatement dans le bain. Immédiatement ? Pas vraiment, en fait. Durant une bonne vingtaine de minutes, vous allez suivre le réveil de Big Boss sans intervenir. C’est la Kojima’s Touch, comme on dit. Les fans jubilent. Personnellement, je boue intérieurement. Parce qu’incarner un morceau de viande amorphe, c’est gentil, mais le besoin d’action se fait durement ressentir.

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screenIl va venir lentement mais sûrement. Snake réveillé, des soldats vont investir l’hôpital et faire place nette pour avoir sa peau. Tout le monde va y passer, des patients aux médecins, le tout dans des gerbes de sang et autres effets sanguinolents exagérés. A la limite de la violence gratuite et malsaine. Parce qu’un militaire soi-disant surentraîné qui vide à bout portant un chargeur sur un mec alors qu’une seule balle dans la tête aurait suffi, ne me dites pas que ce n’est pas « juste pour l’effet boucherie ».
Snake ne doit sa survie qu’à un ange-gardien, lui aussi patient dans l’hôpital, et dont vous allez suivre la raie du cul (blouse de malade ouverte sur le derrière oblige) pendant deux bonnes heures. En rampant tout d’abord, en titubant ensuite, en marchant péniblement après, en gambadant comme un cabri au final. Le temps qu’une injection de je-ne-sais-quoi-mais-ça-devait-être-des-hormones-de-poney fasse son effet.

Le fait est qu’une espèce de Lucifer en flammes balançant des boules de feu et embrasant tout sur son passage va faire son apparition, escorté par une sorte de Psycho Mantis qui balance des roches et des murs à travers la gueule des soldats. Et tout ce beau monde veut bien entendu la peau de Snake… Mais les deux forces ennemies vont se mettre des bâtons dans les roues, vous offrant une brèche pour vous échapper.

screenSoyons honnête. Ce long prologue qui dure pas loin de deux heures s’est avéré jouissif pour les innombrables fans présents à cette preview. Ils ne tarissaient pas d’éloge sur ce passage. Personnellement, n’étant pas fan des Metal Gear Solid (attention, pas fan ne signifie pas que je n’apprécie pas la série ou le genre, notez bien), je n’ai pas partagé leur enthousiasme. Long, pénible, uniquement à avancer en suivant la raie de votre partenaire, sans rien faire (juste deux ou trois coups de feu échangés à la fin du prologue), mise en scène lourdaude, surenchère d’effets sanguinolents, quelques passages particulièrement ratés (un type qui meurt en s’aggripant à un rideau de bloc opératoire, le tout super pixellisé et flou)… je me suis fait chier sévère, comme on dit. Oh, je ne nie pas qu’il y a un ou deux passages impressionnants. Mais tout est terriblement prévisible et déjà vu mille fois. Kojima sombre dans la facilité et l’absence totale de profondeur dans ce prologue.

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screenDu coup, j’avoue, je me sentais mal. Alors que Konami ne tarit pas d’éloges sur son jeu, je sentais un vrai décalage. Et si je m’étais arrêté là, j’aurais pu croire que le départ de Kojima était finalement une bonne chose, tant ce nouvel épisode s’annonçait mal. Tout aussi mal que le Metal Gear Solid V : Ground Zeroes soit dit en passant…

Bref, la série allait-elle mourir sans génie ni brio ?

Heureusement, le prologue a laissé place au « vrai » jeu. Et là, oui, c’est la claque.

screenUne fois sauvé, Snake va être transporté dans la Mother Base. Une plateforme pétrolière. Et de là, Big Boss va tenter de recruter sa nouvelle armée.
Les missions vont se dérouler, dans un premier temps (nous n’avons vu que ce passage) en Afghanistan. Plus d’une dizaine de missions principales, quelques annexes, que vous pouvez jouer plus ou moins dans le désordre au fur et à mesure qu’elles vous sont proposées. Libérer un scientifique ou un soldat, détruire une station de radio, récupérer un équipement militaire…

screenChaque mission se décide et débute à partir de la Mother Base. C’est là que vous allez choisir votre équipement.
Mieux encore : c’est là que vous allez développer de nouvelles technologies. Ainsi, vous pourrez par exemple améliorer vos armes, vos pièges, vos tenues, et j’en passe.
Pour ce faire, il va falloir recruter de gré ou de force du personnel. Les soldats ou scientifiques à exfiltrer durant vos missions viendront vous offrir leurs compétences. Mais vous pourrez aussi recruter n’importe quel soldat rencontré sur le terrain. Il suffit de l’attacher à un ballon et il sera propulsé dans les airs et récupéré par vos alliés.
Vous devrez alors l’assigner à une tâche particulière, du genre unité de soutien ou R&D...
Vous allez donc développer vos équipements, développer votre base, sachant que chaque personne a un degré de compétence, et que certaines recherches ne seront disponibles qu’avec un degré minimum…

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screenBref. Un vrai jeu de gestion s’insinue dans ce MGS, avec la nécessité de bien penser vos actions, bien penser à recruter des gens sur le terrain, et bien gérer quels choses développer avant les autres…
Mine de rien, cela ajoute une vraie plus-value au jeu. Et influence le gameplay.
Il vous faudra, lors des missions, éviter de flinguer à tout va et faire des prisonniers. Mais aussi récolter des ressources (minerais, carburant, diamants) ou des plantes, voire des animaux. L’un d’entre eux, un jeune loup, deviendra même votre compagnon durant les missions ultérieures.

Sur le terrain, vous allez progresser à pied ou à cheval dans les reliefs montagneux d’Afghanistan. Avec ce que cela comporte de villages et de postes de gardes. Ici, pas de villageois innocents. Toute personne rencontrée est potentiellement un ennemi. Et parfois, ils sont très nombreux…
Les premières missions vous expliqueront bien comment vous servir de vos jumelles à distance pour identifier les lieux et les gardes, qui seront alors « allumés » pour vous permettre de suivre leurs déplacements, et comment pénétrer furtivement dans une zone pour au choix, éliminer vos adversaires furtivement, ou les éviter. Ce qui n’empêche pas quelques échanges musclés de coups de feu. Notamment quand un ennemi non décelé débarque d’un seul coup, ou qu’un autre décide de faire demi-tour alors que vous étiez persuadé qu’il partait faire sa ronde…

screenSi Snake a, à mon goût, tendance à être trop sensible au niveau des déplacements, ce qui nuit à la précision, il n’empêche que le gameplay est intuitif, simple à prendre en mains, et particulièrement dynamique. Le tout se déroule dans des décors somptueux. Alors certes, quelques pains graphiques peuvent survenir : des sacs qui apparaissent d’un seul coup à deux mètres de vous. Le fait que Snake a parfois du mal à grimper dix centimètres de caillou. Quelques bugs de collision. Et les animations de montée et descente des personnages (Snake et son cheval) particulièrement saccadées et ratées. Mais comme expliqué en préambule, ce sont de simples détails qui n’auront, en théorie, aucun mal à être corrigés avant la sortie du jeu. Et c’est bien tout ce que l’on peut lui reprocher, à ce MGS V. Car ce que l’on a pu en voir, lors des missions sur le terrain, n’est que pur bonheur et moments jouissifs. C’est vaste. On peut très souvent choisir différents angles d’attaque (ou plutôt d’infiltration). L’IA est plutôt bonne. Les combats sont pénibles et difficiles, juste ce qu’il faut. Il faut faire sans cesse attention à tout, même aux objets qu’on a vite fait de renverser par mégarde. Il y a une vraie gestion du jour et de la nuit, voire de l’aube et du crépuscule, qui change la donne en matière de champ de vision. Sans parler des tempêtes de sable qui obstruent votre visibilité mais couvrent vos bruits.

screenBref. Excellente impression que cette première prise en mains. Certes, le scénario se dévoile très lentement. Certes, les missions sont présentées comme des mini-scenarii indépendants. Mais l’ambiance globale, la lente progression et le fait que, une dizaine d’heures plus tard, aucune lassitude ne se fasse ressentir face au titre, sans parler du fait que les nouveautés distillées au compte-goutte permettent de vraiment rendre de plus en plus intéressantes les missions, font que nous avons désormais toute confiance dans ce Metal Gear Solid V. Plus qu’un épisode ultime pour les fans, il s’annonce comme un excellent jeu tout court. Et pour tous.
Un jeu qui s'annonce également comme énorme : 8 heures pour faire le prologue et 6 missions seulement, alors qu'il y en aura des dizaines... on vous laisse imaginer...

 

 
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