No Man's Sky (PC, PS4)

 

Publié le Mardi 23 août 2016 à 12:00:00 par Cedric Gasperini

 

Test de No Man's Sky (PC, PS4)

Ou comment passer à côté

imageAu fil des mois de développement et des nombreuses vidéos dévoilées avant sa sortie, No Man’s Sky a atteint le statut de petite pépite vidéoludique, très attendue par les joueurs. Par nous aussi, il faut bien l’avouer. Nous qui avons fait nos armes sur Elite, sorti en 1984 sur Amiga, et qui permettait de commercer, combattre, voyager dans l’espace…

Les promesses de No Man’s Sky, avec ses 18 446 744 073 709 551 616 planètes à visiter, ce qui devrait nous prendre plus d’une vie entière, sa faune et sa flore sans cesse renouvelées, venaient titiller notre âme d’aventurier et de découvreur de nouveaux mondes.

C’est donc avec fébrilité que nous avons glissé la galette dans la PS4 et avons lancé le jeu, la réserve de chips et d’eau à portée de main, et l’écriteau « Ne pas déranger avant le 13/10/2027 » posé sur la porte.

Seulement voilà. Nos attentes étant hautes, la chute n’en aura été que plus rude. Y’a pas à dire, sur No Man’s Sky, on s’est quand même bien emmerdé.

Le jeu commence sur une planète inconnue. Votre vaisseau est en miettes et vous allez devoir le réparer. Pour ce faire, vous avez un pistolet multi-outils et une exocombinaison qui vous permet de survire en milieu hostile. Sachant que globalement, toutes les planètes, ou presque, sont des milieux hostiles. Vous allez donc… récupérer des matières premières (Carbone, plutonium, Aluminium, et j’en passe et j’en oublie) grâce à votre multi-outil, et réparer votre vaisseau. Ledit multi-outil et votre combinaison s’épuisant à la vitesse de l’éclair, vous passez votre temps à les recharger (Carbone ou Plutonium obligatoires). Et vous n’avez que peu d’emplacements pour stocker ces matières, que ce soit sur vous ou sur votre vaisseau.


screenAvec une interface relativement pénible et confuse, bref mal conçue, vous gérez votre stock, refaites le plein d’énergie, et réparez votre vaisseau. Bien. Vous voilà prêt à décoller, après quelques péripéties. Pour ma part, je suis allée directement sur la station orbitale pour me rendre compte que je n’avais rien à y vendre (on ne m’avait pas prévenu que je pouvais refourguer du stock en trop de matières premières) et pour y croiser un alien qui, lui, voulait me filer son vaisseau, bien plus performant que le mien, contre espèce sonnantes et trébuchantes. Etant raide comme un passe-lacet, j’ai décliné l’invitation et suis reparti en vadrouille…

Direction une nouvelle planète… désertique et rocailleuse. Là, j’y ai découvert que des postes avancés sont à découvrir, à activer, à piller, et qu’on y rencontre parfois des aliens prêts à vous aider (soins) mais aussi à vous apprendre leur langue, mot par mot. En trichant un peu, on peut les questionner plusieurs fois (en leur offrant du Carbone) et leur demander de nouveaux mots jusqu’à épuisement des stocks. Après une vingtaine de mots appris – ce qui prend grosso modo une bonne heure – vous ne serez toujours pas plus avancé sur leur dialecte de merde.
Entre temps, la planète regorgeant d’or, j’ai passé mon temps (une dizaine d’heures) à piller les ressources et à me faire des couilles… en or, justement. Histoire d’avoir la possibilité d’acheter un vaisseau bien plus performant.

screenEt c’est là, finalement, que le jeu pèche totalement. Passez une douzaine d’heures à miner de l’or, le revendre, apprendre des mots… c’est chiant. Oh, certes, on n’est pas obligé, hein. On peut partir à l’aventure découvrir de nouvelles planètes, de nouveaux animaux… et les quelques missions proposées (va découvrir ci, récupère ça) peuvent s’enchaîner bien plus rapidement. Mais étant tombé sur une planète où l’or est extrêmement abondant, quel intérêt avais-je de la quitter prématurément, avant d’avoir récupérer suffisamment de crédits pour acheter un gros vaisseau ?

Alors certes. Se cantonner à cette impression de « je me fais chier à récupérer des tas de matières premières, à recharger mon arme, ma combi et mon vaisseau » est assez réductrice. Le jeu a bien plus à offrir. Mais a-t-on seulement envie de le faire ?

Personnellement, pas plus que ça.

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screenAlors oui, on fait évoluer sa technologie, on découvre des plans de vaisseaux écrasés pour les récupérer à la place du vôtre si l’échange en vaut la chandelle, on fait des rencontres, on participe à des batailles spatiales, on a surtout le plaisir de se prendre pour un découvreur de mondes. On s’émerveille devant un nouvel animal (généralement bien mal animé, toutefois), devant un paysage, devant une grotte aux jeux de lumières impressionnants…
On s’amuse à améliorer son multi-outil, à gérer son inventaire, toujours trop petit, obligeant à sacrifier certaines ressources…

Mais voilà, on s’emmerde quand même sérieusement. A faire encore et toujours la même chose. Avec aussi peu de variété, au final, dans les actions.

screenIl manque sans doute une vraie dimension commerciale (transport de marchandises, notamment), de l’action (différentes armes, combats, chasse…) et une vraie interaction avec les peuples rencontrés. Trop passif, pas assez varié et directif, No Man’s Sky a été loin de nous séduire et de nous convaincre. Sa réalisation technique étant, au passage, passable sur PS4 (clipping omniprésent, textures parfois dégueulasses, aliasing à outrance).

C’est toutefois avec le sentiment d’être passé à côté de quelque chose, parce qu’il est certain que le jeu arrivera à passionner des joueurs qui, eux, ne seront pas gênés par cet aspect redondant et contemplatif et ont plongé corps et âme dans l’univers de No Man’s Sky, clamant haut et fort à quel point ils ont, eux, été séduits par le jeu, que nous sommes donc passés à autre chose. Avec le sentiment d’un gros gâchis, quand même, de la part des développeurs qui ne semblent pas avoir été au bout de leurs idées. Ou au bout de leurs capacités.

 

 
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No Man's Sky (PC, PS4)

Plateformes : PC - PS4

Editeur : Sony

Développeur : Hello Games

PEGI : {PEGI}

Prix : 60 €

No Man's Sky (PC, PS4)

LA NOTE

LA NOTE DES LECTEURS

note 5/10

 

 

Images du jeu No Man's Sky (PC, PS4) :

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