Gran Turismo Sport (PS4)

 

Publié le Jeudi 19 octobre 2017 à 12:00:00 par Cedric Gasperini

 

Test de Gran Turismo Sport (PS4)

Une déception ?

imageDès le tout premier opus, sorti en 1997 sur Playstation première du nom, la série Gran Turismo s’est propulsée au firmament des jeux de courses, et a atteint un statut de « série culte ».
20 ans plus tard, la saga exclusive à la PlayStation a perdu de sa superbe, la faute à deux derniers opus un cran en-dessous.

Polyphony Digital a donc tout à prouver avec ce nouvel épisode, Gran Turismo Sport. Un jeu qui ne s’inscrit pas dans la continuité, notez bien, absence de « 7 » oblige, mais lorgne vers de nouveaux horizons. La grande question est de savoir si ces horizons sont attirants ou si les joueurs vont y être amenés contraints et forcés. D’autant plus que la concurrence se fait de plus en plus forte, la série Project Cars s’imposant comme un sérieux challenger, et que la comparaison avec la série « d’en-face », sur Xbox One, est inévitable…

Et donc. Il vaut quoi ce Gran Turismo Sport ?

Premier constat : si vous n’avez pas l’intention de jouer en ligne, Gran Turismo Sport risque clairement de vous laisser sur votre faim. Et c’est une première déception, il faut bien l’avouer : Pas de championnat, tournoi ou mode carrière. Le jeu ne propose qu’un mode « campagne » avec trois catégories : école de conduite, missions et expérience du circuit. Il ne s’agit ni plus ni moins d’un gros tutoriel. Un peu chiant à la longue, il faut dire ce qui est, puisque le challenge est très faible. Dépasser des concurrents, suivre un tracé, prendre un virage serré, atteindre une certaine vitesse… Si elles ne sont pas obligatoires, ces défis vous permettront au moins de gagner de nouvelles voitures. Et puisqu’on vous dit que c’est très très facile, vous auriez tort de vous en priver…


screenHeureusement, à côté de ça, le jeu propose un mode « arcade » dans lequel vous retrouvez des courses simples, des contre la montre, des défis dérapages, la possibilité de personnaliser vos courses (heure de la journée donc luminosité, nombre d’adversaires, nombre de tours, aides à la conduite, usure des pneus, départ stoppé ou lancé…) ainsi que la possibilité de jouer à deux en écran splitté. On oublie, malheureusement, l’option VR : regarder ses voitures et allumer les phares, ça va 10 secondes. L’impossibilité de monter dans le cockpit ou les démarrer, c’est vraiment un gros manque. Quant à la course en VR, les sensations sont bonnes, c’est très sympa, mais l’absence totale de challenge nuit clairement à l’expérience. Cette absence de challenge qui est à souligner sur tout le jeu « solo », en raison d’un IA vraiment faible. Doublée d’une incompétence chronique, à suivre toujours sa trajectoire sans vous éviter, puis à devenir clairement maboules si vous passez devant, à vous en rentrer dans le cul à la moindre occasion.

Bref, entre les modes de jeux trop peu nombreux, une IA catastrophique et une difficulté quasi-inexistante, Gran Turismo Sport, en solo, c’est un jeu tout juste acceptable. Et bien loin d’être au niveau de la concurrence, il faut bien l’avouer.
Et pourtant, mieux vaut débuter par ce solo, pour se faire la main et débloquer des voitures.

screenCe qui nous amène à quand même dire du bien de ce Gran Turismo Sport. En effet, au niveau du gameplay, la licence a fait le parti d’une approche plus « grand public ». Les voitures sont plus simples à prendre en mains, et du coup, même les novices pourront y prendre du plaisir. De nombreuses aides sont ajoutées, et du coup, peuvent être enlevées pour ceux qui ont l’habitude des jeux de voitures : aide à la trajectoire, aide au freinage, ABS, contre-braquage, gestion de stabilité… mais toutefois, même en y allant « brut de décoffrage », le jeu perd de sa précision. Autrement dit, on n’est moins dans la simulation que les précédents opus, la conduite, même plus exigeante dans les aides, est plus orientée « arcade » et moins réaliste. Moins de tête-à-queue, plus de maîtrise. Gran Turismo Sport est plus dans le plaisir immédiat, moins dans l’apprentissage. Les plus férus de sport automobile crieront à l’hérésie, mais le plus grand nombre de joueurs y trouvera son compte. D’autant plus que les sensations sont bonnes. L’impression de vitesse est bien rendue.

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screenGraphiquement parlant, le jeu est un brin décevant. Surtout quand un testeur sort d’un sublime Forza Motorsport 7 et qu’il doit faire face à de l’aliasing en pagaille et un aspect général « honnête » mais loin d’être une claque. Le jeu en 4K est largement à privilégier, sur PS4 Pro, donc, la version « normale » pouvant même parfois être en-dessous de ce que l’on est en droit d’attendre.

Idem au niveau contenu : 170 véhicules quand GT6 en proposait quelques 1200… où est passée la liste énorme propre à la série ? Alors certes, il faudra un certain temps pour les récupérer. Mais pour le côté « collection », passez votre chemin. Vous serez très loin d’y trouver votre compte.
Enfin, le nombre de circuits est là encore en-dessous de ce que l’on pouvait espérer : 17 pour 28 tracés. Moins de la moitié d’un Gran Turismo 6… Et quand on sait que la partie « rallye », qui comporte 3 circuits, est fade et sans intérêt, ça fait ça de moins à se mettre sous la dent.

Jusque-là, donc, à part une conduite réussie même si moins portée sur le côté simulation, Gran Turismo Sport est clairement une déception.

screenPourtant, il faut bien l’avouer, le jeu n’est pas totalement inintéressant ni raté. Le jeu en ligne est LE grand intérêt de cet épisode. Courses simples et championnats sont proposés. Pour les courses simples, elles sont au nombre de trois, qui s’enchaînent toutes les 20 minutes, toute la journée. Vous pouvez décider de participer à des qualifications, le meilleur temps restant actif tout le jour, et les faire et refaire jusqu’à être placé en tête de la course et par la même occasion vous être entrainé sur le tracé. C’est malin, bien foutu, et les courses contre d’autres joueurs prennent toute leur saveur ici. D’autant plus qu’un système de fair-play a été mis en place : couper la route, taper un concurrent, bloquer une course… tout cela influe sur votre note et peut, à terme, vous bloquer l’accès à des compétitions, voire des salons. Sans oublier les pénalités infligées, qui vous feront perdre forcément la course. Le système est à perfectionner (certaines pénalités n’étant pas justifiées sur des sorties de route bêtes et méchantes), mais il est intelligent et a le mérite de calmer les abrutis, voire les clans d’abrutis (deux qui bloquent la course pour faire gagner leur pote).
Les championnats, bientôt actifs, proposeront trois sessions hebdomadaires à heure précise.


Le mode Salon, quant à lui, est sans doute la meilleure solution pour être libre de ses choix. On peut le paramétrer dans tous les sens, bloquer certains joueurs, bref, faire son mode multijoueur à son image, selon ses humeurs, selon ses envies. Une bonne idée. Le nombre croissant de salons devrait d’ailleurs, on l‘espère permettre de trouver des compagnons de jeu facilement et sans trop d’attente.

screenBref. Pour conclure. Gran Turismo Sport est loin de faire l’unanimité. Très loin. Ça reste un bon jeu, notez bien. Mais entre nous, un solo dépouillé, un nombre de voitures et de tracés faiblard et qui sent bon les DLC à venir, l’IA catastrophique en solo, le graphisme loin d’être à la hauteur de la concurrence sont autant de (gros) points noirs qu’il convient de souligner.
A contrario, une conduite moins exigeante (ce qui sera à classer dans les points négatifs pour certains) et plus accessible, un mode en ligne réussi avec notamment le système des pénalités et faire-play intelligent, quelques circuits cultes et plaisants à jouer, ainsi que le système de salons, paramétrable à foison, jouent en sa faveur.

Reste qu’au final, Gran Turismo Sport est un bon jeu... mais décevant par rapport à ce que l’on pouvait en espérer et par rapport à ce que l’on en attendait pour redorer le blason de la série.

 

 
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Gran Turismo Sport (PS4)

Plateformes : PS4

Editeur : Sony

Développeur : Polyphony Digital

PEGI : 3+

Prix : 70 €

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Gran Turismo Sport (PS4)

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