Justice League : la critique d'un des films les plus ratés de l'année

 

Publié le Vendredi 17 novembre 2017 à 12:00:00 par Sylvain Morgant

 

Justice League : la critique d'un des films les plus ratés de l'année

Facepalm

imageSuite au sacrifice de Superman dans le combat contre Doomsday, Batman tente de rassembler les héros découverts dans les fichiers volés à Lex Luthor. Car une menace se profile à l'horizon.

Steppenwolf, créature extraterrestre, de la race des New Gods et Lieutenant de Darkseid, veut prendre sa revanche sur la Terre, en récupérant les trois Mother-Box qu'il a abandonné sur la planète après sa défaite contre les forces conjointes des Hommes, des Atlantes et des Amazones.

Mais Batman, Wonder Woman, Flash, Aquaman et Cyborg seront-ils de taille pour contrer la menace ?

Dire que l'on attendait le film Justice League est un doux euphémisme. Dire que l'on est déçu est aussi un doux euphémisme…

Justice League est réalisé par Zack Snyder. Enfin en partie, car le réalisateur a dû abandonner les plateaux et la salle de montage à la suite du suicide de l'une de ses filles. Il a été remplacé par Joss Whedon, qui est reparti en tournage pendant deux mois pour imposer sa vision à l'ensemble.

Et c'est clairement un problème. Car on ne pouvait pas trouver plus opposés dans les styles que ces deux réalisateurs. Si l'un est brutal, dépressif et sombre, l'autre se la joue joyeux, lumineux. Comment voulez-vous que ce qu'a commencé l'un soit raccord avec l'autre ? Surtout que Snyder a un style graphique reconnaissable entre mille, fait de grains et de ralentis, alors que le style de Whedon est beaucoup plus passe-partout. Il est ici flagrant que la première partie a été clairement réalisée par Snyder, avec quelques ajouts humoristiques par Whedon, alors que la seconde est sans aucun doute réalisée, voire profondément modifiée en profondeur par ce même Whedon. Comparez les images des différentes bandes-annonces, vous verrez alors que les séquences sont passées de "nuit avec un ciel bleu sombre" à "jour avec un ciel orange"…


screenMais ce n'est pas tout. L'idée géniale qu'ont eu la Warner et DC, suite aux retours de Man of Steel et Batman v Superman, c'est d'en finir avec le ton "sombre" instauré par Snyder. Et donc, de copier la recette instaurée par les concurrents de Marvel, faire de la blague et de la punch-line à tout va. Vous avez rêvé de Batman faisant une blague sur ses blessures après s'être fait jeter comme une merde ? Warner l'a fait ! Vous avez rêvé de Flash qui atterrit sur les seins de Wonder Woman suite à une chute ? Warner l'a fait ! Vous avez rêvé du sketch vu 40 milliards de fois du gars qui se lâche parce qu'il est assis sur le truc qui lui fait dire tout haut ses pensées ? Warner l'a fait ! Bref, c'est de l'humour souvent mou du genoux et/ou bas du front, des punch-lines forcées et sur-jouées.

L'autre gag, à propos des phases de reshoot/modifications du film, c'est qtu'Henry Cavill était en tournage sur Mission Impossible 6. Et son personnage y a une magnifique moustache. Comme la Paramount n'a pas voulu que l'acteur se rase, il a fallu le faire numériquement. Avec un résultat qui frise (c'est le cas de le dire) le ridicule. Car il n'y a pas une scène où la bouche de l'acteur ne semble déformée, figée, ou encore plongée dans l'ombre plus que de raison. A tel point qu'on peut se demander si toutes les scènes où apparait Superman tournées par Snyder n'ont pas été mises à la poubelle. Et tant qu'on est avec le grand bleu, sa résurrection est traitée par-dessus la jambe. En 4ème vitesse, genre tour de magie : Il est mort, attention, tadam, il est vivant ! Du grand n'importe quoi…

screenEt on ne parlera même pas de certains acteurs (Ben si tu nous regardes…) qui n'ont clairement pas la même corpulence entre le tournage principal et les reshoots. Et pour rester sur Ben Affleck, on sent bien que l'acteur est à bout, qu'il n'en peut et n'en veut plus.

On ne peut pas ne parler de l'histoire, à peine digne d'un épisode de dessin animé. En gros, le méchant veut conquérir le monde, alors les gentils vont se rassembler pour pouvoir le vaincre. Aucune subtilité, aucune surprise, aucune intrigue secondaire. Pire, l'histoire oublie carrément de traiter énormément de sous-sujets, comme par exemple : la violence de Batman et les conséquences de ses actes dans BvS. Pourtant, Snyder avait dit que les autres héros lui reprocheraient cette violence et cette cruauté. La mort de Superman a démoralisé le monde mais sa résurrection, a priori, tout le monde s'en fout. Pire, Clark Kent se balade tranquille à la fin du film ! Sup, je veux bien, mais Clark, t'explique comment qu'il revient d'entre les morts ? Sans compter le nombre d'incohérences et de trous dans le scénario. Tout a l'air d'avoir été écrit par un gamin de 5 ans qui joue avec ses figurines dans sa chambre…

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A croire finalement, que la Warner était contente de se séparer de Zack Snyder et de ce qu'il a créé, pensé, imaginé et réalisé sur deux films…

Y a-t-il quelque chose à sauver ?

screenFlash, joué par Ezra Miller et Cyborg, joué par Ray Fisher. Les deux jeunes acteurs font du bon boulot, ils sont très bien dans leurs rôles, quoique les blagues constantes de Flash peuvent finir par saouler. Pour ce qui est de Jason Momoa, en Aquaman… Bon vous voyez Thor ? Bah c'est le même, avec le même charise de moule, mais avec un trident.

Le pire dans tout ça, c'est que le film se regarde. Si, si. Je tape dessus depuis le début de la critique, mais sincèrement, pour les néophytes, ça passe. Seulement il n'est qu'un film standard, calibré pour le plus grand nombre, qui suit un cahier des charges précis et qui ne sors pas des clous.

Alors qu'il devait être la réponse de DC Comics à Marvel, un Avengers-killer, il n'est qu'un petit film de super-héros, qui conviendra aux très jeunes et à ceux qui se contentent du strict minimum.

Justice League est aussi un rappel que Warner a tout simplement tiré un trait sur Zack Snyder, son travail et sa vision des super-héros. Et ça, ça fait quand même bien mal au cul.

 

 
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Justice League : la critique d'un des films les plus ratés de l'année

Plateformes :

Editeur : Warner Bros France

Développeur : Zack Snyder

PEGI : 3+

Prix : Cinema

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LA NOTE

LA NOTE DES LECTEURS

note 3/10

 

 

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