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Publié le Vendredi 14 novembre 2008 à 13:52:43 par Cedric Gasperini

 

Test : Mirror's Edge (Xbox 360/PS3)

Saute saute saute mon petit lapin, et va vite embrasser quelqu'un...

screenMirror’s Edge est assurément l’un des jeux les plus attendus de cette fin d’année. Développé par les suédois de DICE (Battlefield), c’est un jeu de plateformes en vue subjective. Un pari risqué puisque le genre n’a jamais vraiment été exploré. Et pour cause : Quand dans certains FPS (Shoots en vue subjective), on tombait face à des passages orientés « jeu de plateforme », le résultat a toujours été pénible, mal calibré, mal pensé, mal foutu. Mais voilà. Mirror’s Edge débarque pour chambouler les idées préconçues.

Nous sommes dans un futur proche. Dans une ville où la population a choisi la surveillance à outrance. Au prix de cet abandon de libertés, ils ont gagné la sécurité. Le crime n’existe plus. Tout est contrôlé, pesé, mesuré. Une sorte de Dictature totale voulue par la population.

Bien entendu, certains ont refusé ce mode de vie. Ils sont devenus des parias. Et parce qu’ils veulent que les informations qu’ils s’échangent ne soient ni contrôlées, ni surveillées, ils font appel aux messagers. Ces Yamakasis qui parcourent les toits pour remettre leurs missives. Et vous êtes l’une d’entre eux. Faith. A peine remise d’un léger accident, vous reprenez le boulot. Et tout part rapidement en coui… euh… en testicule. Votre sœur est accusée de meurtre sur la personne d’un candidat à la mairie. Et parce que sur place, vous avez récupéré un insignifiant bout de papier, vous êtes pourchassée par toutes les forces de Police. Et pas qu’un peu. Vous êtes devenue l’ennemie publique numéro une. Du genre « si on la voit, on tire d’abord, on lui demande de se rendre après ».

Vous voilà prise, donc, dans une course-poursuite de folie. D’un côté, vous traversez la ville pour rencontrer des gens, récupérer des preuves, et tout faire pour innocenter votre sœur. De l’autre, vous tentez d’échapper aux flics, aux unités spéciales, aux hélicos…

Le jeu est assez simple à jouer. En théorie. Gâchette haute gauche pour sauter, gâchette basse gauche pour vous baisser. Gâchette haute droite pour un demi-tour, gâchette basse droite pour les coups et attaques. Carré-X pour ralentir le temps. Rond-B pour fixer l’objectif (la direction à prendre). Croix-A pour interagir (appuyer sur des boutons, tourner des valves). Triangle-Y pour désarmer un adversaire ou lâcher une arme.

En pratique, c’est un peu plus complexe : il faut sauter de corniche en corniche, escalader des murs, glisser sous des tuyaux, courir sur un mur, se retourner, sauter sur une rambarde, glisser le long d’un filin, ouvrir une porte, glisser le long d’une pente, grimper un tuyau, sauter sur une barre, s’y balancer, sauter sur une autre barre, s’y balancer, sauter sur une corniche, sauter par-dessus une grille électrifiée en repliant les genoux… et tout ça sans réellement s’arrêter de courir. Il va vous falloir un bon sens de l’orientation, des réflexes et un esprit vif pour analyser le chemin à toute vitesse... Sur les toits, dans les bâtiments, dans des hangars, vous allez passer votre temps à courir.

Reste à savoir ce que vaut réellement ce Mirror’s Edge. Bon, je me suis déjà exprimé sur son graphisme. Je n’aime pas. Non pas qu’il soit particulièrement moche (même si parfois outrageusement aliasé), mais cet univers aux couleurs saturées, cette effet de « propreté » et d’unité jusqu’au-boutiste me laisse un peu de marbre. C’est un peu trop propre et lumineux à mon goût. Mais bon. Ce n’est finalement pas aussi désagréable que je le craignais. D’autre part, quand bien même les décors ne sont pas super variés, ni super détaillés, le jeu reste parfaitement fluide et bien rythmé, ce qui est agréable.

Question scénario, j’ai plutôt bien accroché. Et cela n’a rien à voir avec le fait qu’il soit de Rhianna Pratchett, la fille de mon auteur préféré. Mais bon. C’est simple, plutôt bien mené, pas trop dilué, bref, sympa. C’est d’ailleurs peut-être ce qui vous poussera à aller au bout. D’autant plus que les cinématiques sont vraiment réussies et dans un style dessin-animé que j’ai particulièrement apprécié.

Question jeu en lui-même… là… par contre… j’ai nettement moins accroché. Le problème, finalement, est que c’est extrêmement linéaire. Je veux dire, on est dans une ville. Sur des toits. On devrait pouvoir passer n’importe où. Avoir une ville ouverte. Une sorte de Assassin’s Creed gigantesque avec n’importe quelle route possible. Pas devoir se coltiner une progression utlra-imposée. A tel point que, finalement, vous passez beaucoup de temps à chercher par où passer. Heureusement, la plupart du temps, les éléments à prendre (barres, portes, tremplins…) sont colorés en rouge. Un rouge bien pétant pour que vous ne les ratiez pas. Et c’est tellement linéaire, finalement, que lorsqu’il n’y a plus ces indications, vous vous demandez bien par où il faut passer et vous paumez comme un branque (sortir de l’immeuble après le meurtre, au tout début, a été une vraie galère). Le tout suivi au micro par la voix de votre boss, qui vous file un coup de main. Et ça aussi c’est rapidement pénible.

Finalement, le jeu devient vite répétitif, vite lassant. En moins d’une heure, on a l’impression d’en avoir fait le tour. D’autant plus que le jeu n’est pas spécialement long (comptez 6 heures pour le terminer).

On rate parfois les sauts, parce que finalement, ben oui, un jeu de plateformes en vue subjective, ce n’est pas toujours super pratique. Et les checkpoints, classiques, vous demandent alors de refaire le parcours en partie. Là encore c’est nul (revenir juste avant le saut raté était-ce réellement difficile ?). On essaye d’éviter les affrontements avec les flics, d’autant plus qu’ils sont relativement mal foutus et passablement pénibles à gérer (le désarmement est une plaie).

Alors Mirror’s Edge a beau être très intuitif, il est très loin du jeu révolutionnaire que l’on attendait. Notez qu’un mode offre quelques courses chronométrées, qui ajoute un peu de bonus pour le jeu et se révèle, finalement, plutôt réussi.

Bon. Ce n’est pas pour autant un mauvais jeu, hein. On prendra quand même du plaisir et, parce qu’il est quand même bien foutu, on voudra aller au bout. Quitte à vivre parfois de bons moments bien énervants lorsque l’on n’arrive pas passer un saut. Et surtout, le principe se révèle finalement assez grisant. On espère sincèrement une suite, qui offrira cette fois-ci une vraie liberté de mouvements. Une ville ouverte. Des milliers de possibilités. Et non pas un level design étriqué. Encourageant, donc, mais peut largement mieux faire.

 

 
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Mirror\'s Edge (Xbox 360/PS3)

Plateformes : Xbox 360 - PS3

Editeur : Electronic Arts

Développeur : DICE

PEGI : 16+

Prix : 70€

Aller sur le site officiel

LA NOTE

LA NOTE DES LECTEURS

note 6/10

 

 

Images du jeu Mirror\'s Edge (Xbox 360/PS3) :

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