Assassin's Creed 3 : Liberation (PS Vita)

 

Publié le Mercredi 31 octobre 2012 à 18:00:00 par Cedric Gasperini

 

Test d'Assassin s Creed 3 : Liberation (PS Vita)

L'aberration, pas liberation...

imageAprès avoir mis les mains sur un fabuleux Assassin’s Creed 3, on attendait énormément de l’épisode PS Vita, exclusif à la console, pour avoir deux fois plus de plaisir en cette fin d’année grâce à la saga d’UbiSoft.

Assassin’s Creed 3 : Liberation est en effet une aventure exclusive, originale. Elle vous place, pour la première fois dans la série, dans la peau d’une femme. Aveline est une jeune métis de la Nouvelle-Orléans qui va à son tour être plongée dans la guerre qui oppose assassins et templiers.

Malheureusement, soyons clairs : autant Assassin’s Creed 3 sur consoles de salon et PC est une vraie tuerie, autant cet Assassin’s Creed 3 : Liberation est un ratage total. Un naufrage. Si Sony espérait relancer les ventes (voire lancer tout court, en fait) de sa PS Vita, il faudra compter sur un autre jeu. C’est d’autant plus une surprise que la PS Vita a toujours été vendue comme une console capable, limite, de rivaliser avec les consoles de salon. Alors on ne s’attendait sans doute pas à avoir un jeu aussi énorme, vaste et varié qu’Assassin’s Creed 3, mais on ne s’attendait pas non plus à avoir un ersatz de jeu.

La première déception arrive avec le scénario. L’introduction ridicule nous montre Aveline en petite fille élégamment vêtue, signe qu’elle est issue d’une riche famille, qui s’égare à courir après des poulets dans les rues de la Nouvelle-Orléans. Elle perd donc la trace de sa mère et… d’un seul coup, elle se réveille, adulte, dans un lit. Une autre femme vient lui parler doucement. On comprend que l’on vient de revivre un passage de son enfance et que cette femme est sa mère adoptive. Pourquoi ? Comment est-elle arrivée là ? Que s’est-il réellement passé ? Vous ne le saurez pas. De la même manière qu’Aveline est d’ores et déjà un assassin. Pas de parcours initiatique. Pas d’explication. Elle est un assassin et c’est tout. S’ensuit quelques missions dans la ville pour porter notamment secours à son père, floué par un transporteur peu scrupuleux. Puis une virée dans les bayous… avant un retour en ville…
On suit l’histoire sans passion, sans s’attacher à ce personnage, et on enchaîne les missions sans réel intérêt. Alors que la série a toujours fait un point d’honneur à s’attacher aux personnages, les décrire, vous les faire découvrir intimement, ici tout est bâclé, sans profondeur et sans aucun détail. Ça vous tombe dessus comme la foudre et ça vous laisse légèrement cramé sur les bords.

screenscreenscreen

screenLa seconde déception vise l’IA. Si vous pensez qu’elle n’est pas au top dans les versions consoles de salon, attendez-vous à voir l’une des plus catastrophiques possibles dans cet opus sur PS Vita. Les ennemis vous repèrent vite et vous suivent sur des kilomètres. Voire vous voient alors que vous êtes cachés. Sans oublier les zones interdites. En théorie, le fait même d’être juste aperçue devrait vous valoir une course-poursuite en règle. Là, une fois, j’ai quand même réussi à passer en courant devant un garde. Les jauges de détection se remplissant faiblement si votre niveau de recherche n’est pas élevé, ce garde m’a vu courir devant lui (dans une zone interdite, je vous le rappelle), m’a lancé un « mais que faites-vous ici ? » et a laissé tomber dès que j’ai tourné dans une ruelle… Sans oublier le gouverneur, assassiné en traversant la pièce, machette à la main, devant deux gardes qui n’ont réagi qu’une fois leur patron mort.

Tout est mal pensé, finalement, dans ce jeu. Aveline peut endosser plusieurs tenues : assassin, femme de la bourgeoisie, esclave… et à chacune correspond un degré de recherche, selon vos actes passés. Ainsi, si vous combattez des ennemis et les tuez dans la tenue de bourgeoise, plus rapidement les ennemis vous reconnaîtront et tenteront de vous tuer quand vous l’endosserez. La plupart du temps, pourtant, on vous obligera à porter une tenue spécifique, même si selon vous, une autre aurait été plus judicieuse – et vous aurait permis d’agir plus rapidement.

screenCe qui nous amène à un autre problème : les bugs innombrables. Dont certains vraiment gênants, voire honteux. En tenue de bourgeoise, justement, vous ne pouvez ni courir ni sauter ni grimper. Soit. Quand on tombe sur un quai en contrebas et qu’il n’y a justement aucun autre moyen que de grimper pour en sortir… eh bien ça vous oblige à relancer la partie.
Sans compter qu’il est impossible de grimper sur certains éléments du décor, comme les chiens assis sur les toits (à l’attention des plus incultes de nos lecteurs, un chien assis sur un toit n’est pas un chiwawa lancé là par son maître, mais une fenêtre de toit saillante, une lucarne, si vous préférez).
La liberté d’action est également totalement restreinte. Sauter d’un arbre par-dessus un grillage ? A vue d’œil, c’est possible… mais le jeu ne l’ayant pas prévu, vous vous cognerez à un mur invisible situé à un mètre au-dessus de la grille. Il faudra donc trouver un autre passage pour pénétrer dans la maison du gouverneur…
Et que dire de l’ennemi qui s’est tué en butant en arrière contre un rondin de bois et en tombant à la renverse, sans que je ne le touche ? Ou les dialogues manquants ?

screenscreenscreen

screenLe niveau ne s’améliore pas dans les bayous. Missions sans intérêt, gardes débiles, ennemis copiés-collés (on a l’impression d’être en pleine attaque des clones) et même les QTE avec les crocodiles, qui se résument à presser une seule touche, sont plats et sans saveur. Le level design est assez raté, et les bugs de caméra innombrables.
Même le passage en kayak qui vous demande de faire glisser votre doigt sur le pavé tactile arrière de la console est foireux (à tel point que la fois d’après, la pagaye est automatique, les développeurs n’ayant sans doute pas voulu prolonger l’agonie).
Ajoutez des missions avec objectifs obligatoires qui ne se différencient pas des objectifs annexes. Ainsi généralement, quand on vous conseille de vous infiltrer sans être vu, ce n’est en fait pas un conseil mais une condition sine qua non pour ne pas rater le niveau. Il n’y aura donc généralement qu’un seul moyen de réussir la mission : passer par les toits ou les arbres. C’est autant pour la liberté de mouvement.

screenAjoutez que les personnages qui vous accompagnent parfois vous bloquent (debout en haut d’une échelle) et que si votre mission vous oblige à grimper, autant la redémarrer directement, voire ne vont pas assez vite et vous obligent à les attendre pendant de loooongues secondes. Ou qu’ils tombent comme des cons et se font repérer, rendant là encore la mission ratée…
Ou encore cette « fabuleuse » scène de poursuite d’un officier ennemi dans son fort, où vous ratez la mission si vous ne suivez pas exactement le chemin balisé…

Même les combats sont nuls. Le contre est mal pensé et ne se résume qu’à une simple parade, mal faite (il faut appuyer sur le bouton en permanence et non pas juste au bout moment). Exit les chorégraphies somptueuses qui sont la marque de fabrique de la série. On se retrouve à matraquer le bouton attaque. Et quand on a un boss en face de soi, les combats peuvent durer des heures (sans rire, au bout de 20 minutes, j’en ai eu ras-le-bol). Un petit conseil : utilisez une bombe fumigène (priez pour en avoir), le déstabiliser et l’assassiner par-derrière.

screenscreenscreen

Les choses s’améliorent un peu lors de la séquence trois, quand vous commencez à pouvoir commercer. Même si la joie est de courte durée tant les missions sont toujours aussi dirigiste et vous obligent à de longs allers-retours pour parler à une personne pendant 20 secondes ou acheter une boutique ce qui vous prendra 5 secondes. Le jeu est d’ailleurs à cette image : des missions qui s’enchaînent, en 4-5 minutes, dirigistes, parfois trop rapides, et surtout ne laissant aucune réelle liberté.

screenFinalement, la seule satisfaction de cet Assassin’s Creed 3 : Liberation est son graphisme. Le jeu est très beau, pour une console portable. Bon, là encore, on est loin de la qualité d’un épisode sur PS3 ou Xbox 360. Mais c’est très honnête. Limite, ça peut éventuellement rivaliser avec Uncharted Golden Abyss sur cette même console PS Vita.
Malheureusement, l’ambiance moisie et les bugs à foison cassent totalement le charme.

Au final, Assassin’s Creed 3 : Liberation est une belle et profonde déception. D’autant plus blessante que l’épisode sur Xbox et PS3 nous a énormément séduits. Assassin’s Creed 3 est une tuerie. Assassin’s Creed 3 : Liberation est un mauvais jeu qui ne mérite que notre mépris et notre indifférence. On s’y ennuie ferme, on peste constamment contre les bugs, la direction pourrie, la caméra qui ne vaut pas un clou et les missions ridicules (même les missions annexes sont chiantes, c’est dire). Bref, passez votre chemin.

 
image



 

 
image

 

 

 

 

Test précédent - Home - Test suivant

 

Assassin\'s Creed 3 : Liberation (PS Vita)

Plateformes : PSP

Editeur : Ubisoft

Développeur : Ubisoft

PEGI : 18+

Prix : 40 €

Aller sur le site officiel

LA NOTE

LA NOTE DES LECTEURS

note 4/10

Aucune note des lecteurs.
Soyez le premier à voter

Cliquer ici pour voter

 

 

Images du jeu Assassin\'s Creed 3 : Liberation (PS Vita) :

Derniers Commentaires

- L'Edito du dimanche par Aces

- L'Edito du dimanche par Yutani

- L'Edito du dimanche par Cedric Gasperini

- L'Edito du dimanche par scudik

- Ruiner : Un shoot Cyberpunk ultra-violent par Yutani

- L'Edito du dimanche par Yutani

- L'Edito du dimanche par scudik

0