Hitman Absolution (PC, Xbox 360, PS3)

 

Publié le Lundi 19 novembre 2012 à 12:00:00 par Cedric Gasperini

 

Test de Hitman Absolution

Le chauve qui peut

imageTel un caniche de concours, il est rasé et tatoué. Des fois qu’il se perde et ne retrouve plus son chemin. Sauf que de caniche, c’est tout sauf un caniche nain. Et en fait, il a plus du pitbull que du petit roquet… Lui, c’est l’Agent 47. Il a beau crier qu’il n’est pas un numéro, il est le 47 et puis c’est tout. Certes, à sa place, moi j’aurais exigé d’avoir le numéro 51. Mais c’est juste une question d’addiction au pastis. Chacun son truc.
Bref, Hitman.
Après un final de grande volée dans l’épisode Blood Money, il y a six ans de cela, le tueur tatoué avait disparu de la circulation. Le revoilà plus en forme que jamais.

Tout commence pourtant mal pour notre héros. Il est envoyé en mission pour tuer une amie. Diana Burnwood. Plus une connaissance qu’une véritable amie, puisque d’amitiés il ne peut y avoir dans ce métier. Mais quand même. Il doute, l’Agent 47. Il perd ses repères et commence à remettre en question sa hiérarchie, son métier, sa propre existence…
Ce ne sont plus un enchaînement de contrats divers et variés que notre héros va donc enquiller comme une machine, mais un véritable scénario qu’il va suivre. Une véritable histoire qui laisse le joueur, finalement, moins maître de son destin et juste l’acteur d’une histoire banale : celle d’une volonté de rédemption, celle de la naissance d’une lueur de morale et d’interrogation dans le cerveau d’une machine à tuer.

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screenBon autant être direct à ce sujet : bateau et sans surprise, le scénario ne vous fera qu’à peine lever un sourcil. Il n’est pas mauvais, hein, il est juste sans génie, sans inspiration, prévisible. Mais il assure ce qu’il faut. C’est déjà ça. Et les qualités du jeu sont, de toute manière, bien ailleurs.

D’un point de vue global, le jeu n’a pas changé plus que nécessaire. Même gameplay, à quelques innovations près, même façon d’aborder les missions : vous devez aller liquider un type. A vous de parcourir les niveaux de la manière qui vous correspond le plus. En gros bourrin, puisque c’est toujours possible, à flinguer dans le tas et pouvoir ouvrir un resto de pâtes avec toute la sauce tomate répandue sur les murs. En loucedé, façon infiltration, à se cacher, surgir de l’ombre. En sournois, à se déguiser pour mieux approcher vos cibles. Ou en ingénieur, à plastiquer, piéger, empoisonner, provoquer des accidents… C’est selon. Et à noter que même en commençant d’une manière, si vous êtes repérés ou selon les opportunités rencontrées, vous pourrez changer de méthode brutalement. Facile à prendre en mains, facile à manier et à diriger, le jeu est très agréable, globalement, à parcourir. On restera par contre plus dubitatif pour les QTE (Quick Time Events, qui vous demandent d’appuyer au bon moment sur une touche pour réussir une action) qui gèrent les combats au corps-à-corps. De quoi casser le rythme et ennuyer le joueur. Mais dans l’ensemble, tout fonctionne bien et on se met rapidement dans la peau du tueur le plus célèbre du jeu vidéo.
Et on s’y plonge d’autant mieux que l’ambiance est l’un des gros points forts du jeu. Certes, graphiquement, on oscille entre le génial et le moins réussi. Si le moteur Glacier 2 est capable de merveilles en ce qui concerne la gestion de la foule et les ambiances, on restera plus dubitatif sur la gestion des lumières, parfois un peu « too much » et brillantes, ainsi qu’une vive propension à abuser du flou. Reste qu’évoluer dans une rue bondée de Chinatown, dans un champ de maïs ou dans la foule d’un match de catch, ça le fait vraiment. Ça claque à l’écran. D’autant plus que l’animation des personnages a été particulièrement soignée et certains mouvements sont tout simplement grisants et jouissifs. On exulte souvent après un meurtre réussi, après une fuite difficile… L’immersion est parfaite.

screenL’Agent 47 bénéficie de l’Instinct. C’est un atout qui permet de repérer les ennemis et leur itinéraire de patrouille, identifier les objets intéressants et activer le tir réflexe, voire recevoir des indices et disparaître plus facilement. C’est un peu comme la vision d’aigle dans Assassin’s Creed : un bonus qui pourra être activé ou non si vous n’arrivez pas à vous défaire d’une mission. Notez que le tir réflexe, sorte de temps ralenti à la Max Payne, permet d’éliminer plusieurs cibles plus facilement. Pas indispensable, mais bien utile parfois.
Les différents modes de difficultés, quant à eux, permettront un challenge plus ou moins corsé. Sauvegardes plus nombreuses, Instinct qui se régénère ou fournit des indices, ennemis plus lents en ce qui concerne le niveau facile, jusqu’à IA des ennemis plus affutée, aucun instinct, aucun radar, aucune aide, aucun indice et, mieux, aucune interface, en ce qui concerne le mode « puriste ». Sachant que les modes normal, difficile et expert viennent en intermédiaire.

Entre nous, nous ne saurions trop vous conseiller d’éviter les deux premiers modes, trop faciles, avec une IA en carton. A croire que les gangsters n’embauchent que des demeurés comme gardes du corps. Les modes de difficulté plus corsés sont un meilleur challenge, même si l’IA n’est pas totalement sans reproche… mais au moins, les ennemis sont plus nombreux et plus sur leurs gardes.

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screenEntre contrats, infiltration ou tout simplement fuite poursuivi par de nombreux ennemis, vous aurez fort à faire. Et à refaire puisque chaque mission a un compteur de score qui fait office de réussite de la mission.

Dans l’ensemble, donc, Hitman Absolution est un jeu réussi qui remplit parfaitement son rôle. Qu’on utilise un pistolet à silencieux, un fusil de sniper, qu’on préfère éliminer ses cibles discrètement par derrière, puis qu’on les cache dans des bennes à ordure, placards ou autres, qu’on préfère les déguisements, ou que l’on décide d’y aller franco, à grands coups de fusils à pompe dans les gencives, le jeu propose tour à tour des moments de stress intenses, des montées d’adrénaline pure et des passages plus calmes où les nerfs sont au repos avant une autre explosion d’action.

screenMais tout n’est malheureusement pas parfait dans Hitman Absolution. Et à trop vouloir en faire, à trop vouloir en mettre, les développeurs ont usé et abusé des scripts. Parfois bien trop rigides. Des réactions bizarres de personnages, des limitations stupides… et une IA donc souvent trop limitée. Et pourquoi ne puis-je pas tuer ce garde assis sur sa chaise qui, d’ailleurs, ne me remarque même pas alors que je suis posté à côté de lui ? Les exemples de ce type sont nombreux et viennent, avouons-le, égratigner le plaisir de jeu. Scripts qui se déclenchent mal, réactions stupides sont légion. Dommage.
On regrette donc que la liberté offerte au joueur dans sa manière de jouer et d’aborder chaque situation se retrouve, au final, si peu imaginative. Bref, vous avez peut-être tout un tas de manière de jouer à Hitman, mais globalement, elles se télescopent dans des passages étroits qui ne laissent finalement que peu de choix au joueur.

screenLe level design est également critiquable. Si certaines missions relèvent du pur génie et du pur plaisir, il faut avouer que d’autres sont extrêmement dirigistes et vous font évoluer dans des couloirs balisés. Sans oublier le découpage des niveaux stupide : on nettoie une pièce à grands renforts d’explosions et de coups de feu, mais lorsque l’on passe une porte, même fine comme un mur japonais, derrière, les ennemis continuent leur petite vie sans souci : il n’y a pas d’incidence entre les différentes parties d’un niveau.

Autre déception, le système de sauvegarde via checkpoint. Une fois rechargée pour x ou y raison, si les principales décisions, évènements et erreurs sont bel et bien sauvegardés, comme les cibles principales abattues, le costume choisi ou les armes en main, le reste est réinitialisé… comme par exemple les ennemis secondaires… Même si vous aviez nettoyé les lieux auparavant. Du coup, parfois, vous réapparaissez face à un adversaire qui vous repère direct… pénible et frustrant.

Bref, même jouissif et plutôt bien réalisé, le jeu n’est pas non plus exempt de tout reproche.

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screenEn guise de mode multijoueur, cet Hitman Absolution a créé un mode « Contrats ». Il s’agit, en fait, de créer un contrat. On choisit une carte, on choisit les cibles, on choisit le point d’extraction, la méthode… et vogue la galère. Il se joue en solo mais permet d’échanger avec les autres ces missions et comparer ses scores.
Amusant, mais somme toute assez limité dans le sens où l’on ne pourra pas modifier les décors ou le level design. Mais on peut toutefois imposer des conditions débiles (armes et/ou déguisements) qui pimentent un peu le tout et donnent parfois des résultats cocasses.
Bref, un petit plus non négligeable à la vingtaine de missions qui composent la campagne solo pour, grosso modo, autant d’heures de jeux.

screenA vrai dire, trouver la juste note pour cet Hitman Absolution n’a pas été si simple. Et entre 3,5 ou 4 étoiles, mon cœur a souvent balancé. Vers la note basse en ce qui concerne l’IA, les bugs de scripts ou leur choix discutables pour certains, voire en ce qui concerne cette soi-disant liberté d’action et de décision dans sa manière de jouer qui, souvent, n’est en fait qu’apparente et au contraire, limite l’imagination. Mais finalement, un graphisme très réussi, une ambiance formidable, une jouabilité souple et agréable, une durée de vie conséquente, augmentée par un mode Contrats sympathique ont fait pencher la balance vers la note la plus haute.
Au final, donc, Hitman Absolution est un très bon jeu. Pas parfait et qui aurait peut-être mérité un peu plus de folie et moins de carcans. Mais un très bon jeu quand même qui ravira tous les fans du genre et de la saga.

 
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Hitman Absolution (PC, Xbox 360, PS3)

Plateformes : PC - Xbox 360 - PS3

Editeur : Square Enix

Développeur : IO Interactive

PEGI : 18+

Prix : 60 €

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Hitman Absolution (PC, Xbox 360, PS3)

LA NOTE

LA NOTE DES LECTEURS

note 8/10

 

 

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