Le Crédit d'Impôt au Jeu Vidéo étendu par l'Assemblée Nationale

 

Publié le Vendredi 6 décembre 2013 à 10:00:00 par Alexandre Combralier

 

Le Crédit d'Impôt au Jeu Vidéo étendu par l'Assemblée Nationale

Plus de dix ans après le Canada, la France bouge (un peu)

Alors que le Canada attire de nombreux studios (Ubisoft, Eidos…) grâce à sa politique fiscale attractive pour le jeu vidéo, l’Hexagone, en dépit d’écoles et d’étudiants très créatifs, est terriblement à la traîne. Il existe bien un crédit d’impôt du jeu vidéo, le CIJV, mais ses conditions d’attributions étaient si restrictives que seulement sept jeux avaient pu en bénéficier.

Cela va bientôt changer. L’Assemblée Nationale a adopté hier en première lecture deux amendements qui vont apporter de la souplesse à ce dispositif et de l’air aux studios français.

Le premier amendement abaisse le budget minimum pour pouvoir bénéficier du crédit de 150 000 à 100 000 euros. L’idée est bien sûr d’encourager le développement des plus petits studios, avec l’explosion des smartphones et des jeux mobiles. Christian Eckert (député UMP), le rapporteur de la commission des finances, a émis un avis défavorable, arguant que le coût de la mesure n’a pas été évalué.

L’autre amendement autorise les jeux PEGI +18 à pouvoir bénéficier du crédit. Jusqu’alors, les jeux trop violents en étaient exclus. Une mesure bien entendu pénalisante puisque de nombreux hits dans le secteur sont déconseillés aux mineurs. Le même Christian Eckert a déploré que des « jeux de très grande violence » bénéficient d’une aide officielle de l’État.

Au contraire, le député PS Patrick Bloche, qui a soutenu l’amendement, a déclaré :
Ces jeux répondent à une forte demande du public, l'âge moyen du joueur étant désormais de 35 ans. Ils sont très demandés à l'international, et nécessitent le plus d'emploi.
C’est bien la vieille question de l'immoralité du jeu vidéo qui est dépassée au nom de l’intérêt général (et économique). Le jeu vidéo transcende également les camps politiques. On notera par exemple la déclaration du député UMP Patrice Martin-Lalande :
Nous avons besoin de faire un effort, ou bien nous allons perdre le jeu vidéo en France, avec les recettes qui vont avec et les emplois.
En 2008, on estime que 20 % des emplois dans le jeu vidéo en France avaient pu être maintenus grâce aux aides fiscales (soit presque un millier d’emplois). L’extension du Crédit d’impôt pour le jeu vidéo (CIJV) est bien sûr une bonne nouvelle pour Quantic Dream, Ubisoft Montpellier et Annecy, Nadeo, Cyanide mais aussi tous leurs plus petits compatriotes. Reste à savoir si la France pourra rattraper sa décennie de retard.
 

 

 
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Commentaires

Ecrit par Muageto le 06/12/2013 à 11:42

 

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Par contre, pour Ubisoft Paris (le studio s'entend), ça n'est pas une bonne nouvelle apparemment... smiley 54

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