L'Edito du dimanche

 

Publié le Dimanche 29 octobre 2017 à 12:00:00 par Cedric Gasperini

 

L'Edito du dimanche

Rabbit rabbit run run

imageJe passe chaque fin d’année dans une sorte de brouillard qui semble tout droit tiré d’un film d’horreur. Je cours dans l’espoir de m’en sortir, mais il se fait toujours plus épais, toujours plus humide, toujours plus moite, toujours plus étouffant.
Bon, à la seule différence d’un film d’horreur, c’est que si un type avec un masque de hockeyeur armé d’une machette ou un gars avec un masque en peau humaine armé d’une tronçonneuse débarque, je lui refais l’entrejambe à grands coups de chaussures coquées et je reprends ma course. Et courir avec des chaussures coquées, soit dit en passant, c’est quand même un sacré handicap.

Si les lumières du sapin viendront illuminer mon quotidien et chasser les brumes, en attendant, j’ai vraiment l’impression d’être le lapin blanc dans Alice au Pays des Merveilles, à courir après le temps. Avec quelques différences près : j’ai plus l’impression de me trimballer une horloge comtoise qu’une montre à gousset. Et je n’ai pas encore vu de jeune demoiselle retrousser ses jupons pour me courir après. Ce qui, entre nous, est bien dommage.

Il faut dire que sous mes dehors de grosse feignasse irascible se cache, en réalité, un bourreau de travail. Et quand je dis bourreau, c’est plus du côté du rythme de la Terreur que des années 1970 qu’il faut regarder. A décapsuler du condamné à tour de bras, d’une cadence infernale à vous donner l’impression d’être un petit enfant chinois en train d’assembler le dernier iPhone X. Sauf que là, on désassemble. Bourreau. Le boulot est séduisant, j’avoue. Mais les conditions de travail totalement déplorables : mis au ban de la société, rejeté, considéré comme impur et souillé du sang des victimes, passe encore.  Mais obligé de porter un costume rayé et bariolé pour montrer son statut, faut pas déconner quand même.

J’ai toujours eu, de toute manière, un problème – un gros problème – avec la mode. Bon. Avec l’autorité aussi, d’accord. Bon, avec les gens en général également, d’accord. Bon, avec plein d’autres trucs en fait… mais ça suffit, laissez-moi continuer, vous voulez-bien ? On parlera de mes autres problèmes un autre jour. Y’a de quoi écrire une encyclopédie mais ce n’est pas le moment adéquat pour ça. J’ai toujours eu un gros problème, disais-je, avec la mode. J’ai toujours cru que les créateurs se réunissaient un soir, picolaient comme des cons, sortaient les plus grosses conneries possibles, et que c’est ainsi que se décidait la mode d’une année sur l’autre, excitant les simples d’esprit qui voient du génie là où, personnellement, je ne vois qu’un putain de pull pailleté à la con. Ou, la grande tendance actuelle qui me consterne au plus haut point tellement ça donne l’air con, le fait de rouler ses bas de pantalon pour laisser voir ses chevilles et le haut de ses petites socquettes dans ses petits souliers. Même en hiver, oui. Ourlet au pantalon façon « feu de plancher ». Et si tu as un petit tatouage sur la cheville, c’est encore plus « déclassé ». Limite, t’as envie de « dabber » tellement c’est « frais » et « guacamolesque ». Ouais, j’ai acheté un dico « franco-djeunz » pour communiquer avec les fans de Niska. Du coup, je m’entraîne.

imageBon. J’suis encore parti en vrille sans suivre mon idée de départ dans cet édito. Où en étais-je, d’ailleurs ?

A oui. Le boulot. Le fait que j’évolue dans un brouillard perpétuel, chaque fin d’année. La faute aux tests innombrables et aux news qui pleuvent comme des cascades. Mais pas que.
Entre les tests en retard, les news à faire, les cours d’Histoire de Jeu vidéo et de Culture ludique que je donne régulièrement à l’école de jeux vidéo Supinfogame, à Rubika Valenciennes, les différents voyages de presse, et rajoutez quelques autres obligations professionnelles (j’écris chaque mois pour le Lanfeust Mag et je m’occupe, entre autres, du magazine municipal de mon village), sans oublier divers évènements ou soirées que j’organise dans ma commune, ou divers évènements ou soirées auxquels je participe, professionnellement ou intimement, je regrette chaque jour un peu plus que les journées ne fassent que 24h et les semaines 7 jours. Et vous savez quoi ? Ma femme m’a rappelé dernièrement que j’avais aussi deux gamines – plus elle accessoirement – à qui je devais un minimum d’attention et de temps. Merde, j’avais oublié ça, aussi. 

imageUn ami médecin me disait, l’œil sévère et le sourcil froncé, de faire gaffe au surmenage « C’est plus du boulot, c’est de l’auto-esclavagisme » m’expliquait-il. « Fais gaffe, y’en a plus d’un qui feraient un burn-out avec la moitié de ce que tu fais ».
Faut dire, en parlant de burnes-out, qu’à force de ne jamais dormir dans la même ville, donc dans le même lit chaque jour, on perd un peu la notion de l’espace et du temps. Du coup, une nuit, complètement dans les vapes, on se lève pour aller aux toilettes. Complètement à poil, bien entendu, puisqu’au risque d’exciter certaines d’entre vous (et certains), et au risque d’en faire vomir d’autres, je dors totalement nu. Mais bref. On se lève donc du lit, on sort de la chambre et on se dirige au bout du couloir, à gauche, vers les toilettes. C’est quand on entend la porte se refermer qu’on se rend compte qu’en fait, cette nuit-là, on est à l’hôtel. Et qu’on vient de sortir dans le couloir. Sans sa clef de chambre. A poil. Allez, on rajoute une petite érection matinale pour le fun ?

Sur ce, je vous souhaite un bon dimanche, hein.

 

 
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Commentaires

Ecrit par clayman00 le 29/10/2017 à 14:30

 

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dormir a poil c'est le bonheur

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