L'Edito du dimanche

 

Publié le Dimanche 3 décembre 2017 à 12:00:00 par Cedric Gasperini

 

L'Edito du dimanche

Senteurs divines

imageJ’aime l’odeur du sapin.

Bon, je sais. Mon caractère et ma personnalité aidant, vous rapportez très certainement cette confidence au dicton « ça sent le sapin ». Pourtant, vous vous trompez. Parfaitement.
Ou peut-être faites-vous un rapprochement avec l’odeur de la batte de baseball. Et là encore, c’est une erreur. Déjà parce que même en cassant, une batte de baseball a plus une odeur de verni, si elle n’a que peu servi, ou de cuir si elle a frappé, avant des têtes, quelques balles. Ensuite, parce que, au risque de faire grincer les dents des puristes, je n’utilise plus depuis longtemps de batte de baseball en bois, et préfère une bonne Barnett en alu. Certes, ça a moins de style. Mais ça a nettement plus d’avantages : on retrouve moins de dents et de morceaux d’os plantés dedans.

Non, j’aime vraiment l’odeur du sapin.

imageLes effluves résineuses me renvoient à la douceur des fêtes de fin d’année, bien entendu. Ce qui est amusant, c’est que je me souviens surtout des matins où je me levais pour aller en cours, alors que le reste de la maison était encore endormie. Je prenais mon petit-déjeuner dans le salon, au lieu de l’habituelle cuisine, juste pour respirer l’odeur de l’arbre de Noël. C’était une vraie bouffée d’air frais avant d’affronter la touffeur des salles de classe.
Le sapin, c’est aussi les sports d’hiver. Je ne suis pas forcément un passionné de glisse, cela dit. Mais j’aime la montagne pour ses odeurs, de neige et de sapins, que l’on respire à pleins poumons pour les laver de la pollution des villes qui nous encrasse à petit feu.

J’ai de toute manière une sensibilité olfactive exacerbée. Si je n’avais pas eu autant les cours de chimie dans le pif, j’aurais sans doute pu faire nez. Bon, je me serais sans doute fait virer après avoir tenté de recréer les senteurs « caca mou du matin » ou « petit prout dans le lit le soir », juste pour déconner, mais j’aurais pu être nez, je vous dis.

De ce fait, j’avoue que les souvenirs les plus forts, quand ils reviennent soudainement, ne sont que très rarement provoqués par un lieu, un mot ou une personne. Ils le sont la plupart du temps par un parfum.
Pas plus tard que cette semaine, par exemple, j’ai fait demi-tour dans une rue et ai suivi les senteurs florales et acidulées d’un parfum, en reconnaissant celui que portait ma grand-mère. Et le temps de quelques pas, et celui aussi de foutre la frousse de sa vie à une petite mamie, d’innombrables souvenirs me sont remontés aux yeux pour couler sur mes joues.

imageEvoquer les odeurs de pain chaud et de viennoiseries en passant devant une boulangerie, surtout en plein hiver puisque le froid les exacerbe pourrait sembler commun. Mais qui n’en a jamais été galvanisé, ragaillardi, et est reparti avec un sourire sur les lèvres (et un peu de bave au coin de la bouche, quand même) ?

Mais ce que j’aime par-dessus tout, ce qui me rend heureux, ce qui me remplit pour la journée de bonheur et d’amour, c’est l’odeur de la peau. Celle de mes filles. Lorsque je les réveille le matin, je glisse mon nez dans la chaleur de leur cou et je les renifle à pleins poumons, pour m’enivrer de leurs senteurs d’enfants.

Permettez, aujourd’hui, que je n’évoque que les senteurs qui me transportent. Comme celle évoquée dans l'image principale d'illustration et que je garderai pour moi.

J’avais juste envie d’évoquer avec vous, quelques voyages olfactifs.

 

 
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