Publié le Mercredi 11 novembre 2020 à 10:30:00 par Cedric Gasperini
Deathwager, un jeu de cartes à découvrir de toute urgence
Excellent !
Jeu de cartes signé Martin Mottet, Michaël Limas et Jean-Marc Pernet, Deathwager est un jeu de cartes, à mi-chemin entre la chance et la stratégie, mêlant réflexion, bluff et coups de pute. Malgré un Kickstarter raté, les développeurs ont mené leur projet à bien. Nous en avons reçu un exemplaire. Joué, testé et… pleinement validé A découvrir notamment sur le site officiel.
Semblant complexe au premier abord, Deathwager est en fait extrêmement simple. Les parties sont rapides et trépidantes jusqu’au tout dernier moment… on vous explique.
Le jeu se joue de 2 à 6 joueurs. Pour plus de fun, on vous conseillera d’y jouer à 3 ou 4. Voire même à 2, ça passe crème. Joliment illustré, dans une ambiance sombre qui vous donnerait envie d’égorger, au choix, un cochon, une femme ou des enfants, Deathwager vous propose de parier du temps ou de l’argent. Les deux modes sont disponibles. A vous de les appliquer selon votre bon vouloir. Le mode temps vous permettra ainsi de parier des jours de corvées, de massage, de « je choisis le programme télé » ou même de « c’est toi qui fais la cuisine ». Quant au mode argent, à vous de parier ce que vous voulez : du vrai argent, des bonbons, des jetons…
Vous tirez une des cartes temps ou argent et vous ne la retournez pas. C’est plus amusant comme ça : vous découvrirez à la fin de la partie vos gains.
Il y a 18 cartes œil et 14 cartes faucheuses. Vous tirez deux cartes faucheuses et les gardez secrètes (vous pouvez par contre les regarder). Chaque carte a un effet différent : échanger le jeu d’un adversaire, refuser une carte, retourner une carte, tenter de retourner la carte roi… c’est parfois vache, parfois inattendu, mais ça ajoute vraiment du piment.Après avoir tiré une carte sablier et deux cartes faucheuses, vous placez 6 cartes œil faces cachées sur la table. Chaque joueur va en tirer une chacun son tour (un jeton dealer permet de savoir à qui c’est le tour). La carte que vous choisissez, avant même de la retourner pour la voir, vous pouvez décider de la « tourner » à 180° (tête en bas). Ça a son importance : chaque carte a deux figures dessinées, une à l’endroit, une à l’envers. Et c’est l’endroit qui prévaut pour le sens de lecture. Chaque carte vous offre des cœurs ou des crânes (ou rien du tout si vous tombez sur une croix). Vous allez donc collectionner les uns ou les autres… jusqu’à ce qu’un joueur découvre la carte Roi. Cette carte Roi possède également deux sens qui vont donc décider de ce qu’il faut collectionner : les cœurs ou les crânes. Dès lors, la bataille s’engage à tenter de posséder le plus de cœurs ou le plus de crânes pour gagner. Une fois les 6 cartes œil piochées, on en place 6 autres… jusqu’à épuisement des 18 cartes. A la fin, donc, on comptabilise et on décide du vainqueur. Mais attention ! Les cartes faucheuses permettent de s’envoyer des cartes que l’on ne veut pas ou de retourner les cartes de l’adversaire. Voire de les faire disparaître. C’est un mélange de stratégie et de coups de pute, avec quelques subtilités (certaines cartes offrent des effets particuliers comme refuser une carte qu’on vous a donné, et j’en passe..).
Si ça vous paraît un poil compliqué, c’est que mon explication était pourrie. Parce que le jeu est d’une simplicité déconcertante. Vous pouvez d’ailleurs le tester via une démo en ligne. Au final, les parties sont rapides (10 minutes) et terriblement fun. On s’engueule, on se pourrit la vie, on cherche à maximiser ses chances de gagner…
Le plus grand moment des parties jouées réside quand même quand tous les autres joueurs ont décidé de se liguer contre moi. Il fallait un maximum de crânes et je me suis retrouvé avec… 15 cœurs. Je vous passe les ricanements et les moqueries, agrémentées d’un jeu d’acteur de ma part, jeu d’acteur que n’aurait pas renié Jean-Baptiste Poquelin, à base de jérémiades et de moues façon Calimero du genre « c’est trop zinjuste » et « vous zêtes trop cruels avec moi »… jusqu’au tout dernier moment où, dernier joueur, j’ai posé la carte fatidique du « jeter le jeton dealer pour tenter de changer le Roi de sens »… C’était du 50/50 et j’aurais très bien pu perdre comme une merde. Mais le destin a décidé de me filer un coup de pouce et de me permettre de retourner le Roi pour que ce soit celui qui a le plus de cœurs qui gagne…
Je vous dis, ce jeu est fun, injuste, mais terriblement accrocheur. Foncez, c’est du tout bon !
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