L'Edito du dimanche

 

Publié le Dimanche 19 novembre 2017 à 12:00:00 par Cedric Gasperini

 

L'Edito du dimanche

Je rêvais d'un autre monde...

imageLe rêve a été et est encore aujourd'hui source de nombreuses études, débats, discussions, analyses et autres digressions littéraires, philosophiques, voire même pseudo-scientifiques.

Parce que les gens veulent absolument savoir ce qu'ils signifient et veulent, du coup, savoir ce qu'ils ont dans la tête. Persuadés à tort qu'il pourrait y avoir autre chose que de la merde, ils cherchent, s'interrogent, voire même payent des charlatans qui eux seuls se donnent le titre de médecins pour décortiquer leurs aventures nocturnes.

Pour ma part, je me fous éperdument de savoir  si le fait de foutre le feu à mon lycée ou de voler sur un poney en bubble-gum rose est lié à un quelconque désordre mental, une frustration sexuelle (forcément zoophile) ou à un traumatisme d'enfance, même si le jour où j’ai découpé la main d’un petit camarade de classe parce qu’il avait refusé de me prêter sa règle joue peut-être un peu.

Il n’empêche. Freud était un gros con d'obsédé doublé d'un charlatan. Affecté d'un complexe œdipien surdimensionné, il a surtout voulu persuader le monde qu'avoir envie d'enfiler sa mère est un comportement tout à fait normal, histoire de se persuader que ses fantasmes onaniques étaient sains.

imageHier soir, pour ma part, je dissertais avec un ami auteur, dont je tairais le nom pour ne pas devoir étaler en public à grand renfort de photos dans quel état il a terminé. Déjà parce que ça pourrait nuire à sa réputation. Bon. D'accord, on s'en fout. Mais aussi parce que sa fille surfe sur le net et que du coup, on va lui offrir encore quelques années à croire que son père est un super-héros avant de lui dévoiler que superman porte son slip sur son pantalon mais que super-papa, lui, le porte parfois sur la tête. Enfin, sachant que si moi je suis resté habillé, je n'ai pas terminé la soirée plus dignement, mieux vaut être prudent, des fois qu'il ait lui aussi des photos qui pourrait écorner une réputation que j’ai pourtant déjà sabré dans tous les sens.

Enfin bref. Avant que la soirée ne dégénère, nous dissertions sur les rêves. Une vraie discussion, forcément très intelligente et passionnante.
« Et si », disais-je avec sérieux et profondeur, « Et si les rêves n'étaient finalement que des bribes de vraies existences que nos doubles vivent réellement dans un univers parallèle au sein du grand multiverre ? »
Bon. Je crois bien avoir rajouté un truc du genre « Et en parlant de multiverre, ressers-m'en un, y'a marée basse... » Mais la réflexion était lancée et la discussion  pouvait partir sur de nouveaux chemins.

Et le chemin nous a amené à imaginer qu’effectivement, il existe des millions – que dis-je, une infinité – de mondes qui ne sont que le reflet du nôtre, dans une dimension parallèle. Le voile qui sépare ces dimensions est tellement léger, que parfois, des faits s’en échappent et nous frappent durant notre sommeil, période où nous sommes plus enclins à les recevoir.

imageJ’envie profondément mon Moi d’ailleurs qui a la capacité de planer et de voler, de sauter par-dessus les montagnes et retomber au sol dans dommages quand moi, je m’affale comme une bouse en me vautrant d’une simple chaise. J’envie mon Moi d’ailleurs capable de créer tout ce qu’il veut grâce à sa pensée. J’envie ce Moi capable d’arrêter le temps et évoluer dans une réalité figée. J’envie – mais ne le dites pas à ma femme – ce Moi qui a connu des amours libertines multiples avec des femmes plus jolies les unes que les autres. J’envie le Moi pilote de chasse ou celui pilote de courses. J’envie ce Moi riche à millions qui distribue aux plus démunis et va de pays en pays aider la veuve et l’orphelin. En parlant de veuve et d’orphelin, j’envie même – et je m’en fous si ce n’est pas politiquement correct – ce Moi qui a sauvé celle qui reste dans mon souvenir comme la veuve la plus jolie que la Terre ait portée, sans pour autant réussir à sauver l’orphelin. C’est ballot, hein ? J’envie aussi mon Moi d’ailleurs qui s’est opposé à l’Eglise pour libérer de pauvres ères injustement accusés de sorcellerie. Ou mon Moi qui a sauvé une famille de paysans harcelés par un Seigneur cruel.

imageA contrario, il faut bien l’avouer, le multiverre – vas-y, remplis encore, parler ça donne soif – recèle quand même de mondes à la con. Ayons une pensée sincère et compatissante pour tous ces nombreux Moi dont la femme a préféré se barrer avec un autre. A tous ces Moi dont l’ex hante encore le quotidien. A ce Moi dont la maison a brûlé. A ces quelques Moi qui ont vu leurs enfants mourir sous leurs yeux. A ce Moi qui n’arrive jamais à presser la gâchette, coincée, d’une arme à feu. A ce Moi perdu en pleine mer après un naufrage. A ce Moi dont l’avion va s’écraser. Et enfin, même s’ils survivent à chaque fois, j’aimerais quand même avoir une pensée pour ces Moi qui doivent faire face à de régulières invasions de zombies. Ou de crocodiles. Oui, y'en a un, ce sont des crocodiles qui envahissent le monde.

Enfin, je m’interroge sur ce Moi qui se promène toujours la stouquette à l’air alors que tout le monde autour est habillé, et que personne ne semble trouver ça étrange.

On a peut-être un monde à la con, mais rassurons-nous : par-delà le multiverre, il y a pire.

 

 
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