L'Edito du dimanche

 

Publié le Dimanche 7 janvier 2018 à 12:00:00 par Cedric Gasperini

 

L'Edito du dimanche

Bonne année mon cul*

imageVous avez pris de bonnes résolutions, vous ? Non mais je vous demande ça parce que, paraît-il, il est de bon ton d’en prendre pour la nouvelle année.
Ah oui, d’ailleurs, je suis sensé vous souhaiter mes vœux, pour commencer. Sauf que bon, dans le tas de lecteurs, forcément, y’en a un ou deux à qui je n’ai pas envie de les souhaiter. Des types qui écoutent Jul ou Orelsan en boucle, qui achètent du papier toilette blanc alors que tout le monde sait que seul le rose est acceptable ou, pire, qui portent des tongs l’été en pleine ville, en pleine rue et en plein métro. Bref, des personnes à qui, si je devais leur souhaiter quelque chose, serait de choper une très longue et très douloureuse maladie.

Alors donc, les bonnes résolutions.

Une des dernières fois où j’en ai pris une, c’était il y a une quinzaine d’années à peu près. Ma femme et moi désirions tenter l’aventure d’être parents. Nous fumions tous deux. J’étais à un peu plus d’un paquet par jour et il était hors de question de continuer. Je m’en suis tenu à cette dernière clope du 31 décembre. J’ai arrêté du jour au lendemain et n’y ai jamais retouché. Pour vous dire à quel point c’est une vraie saloperie, même toutes ces années après, il m’arrive d’avoir encore envie d’en fumer une. Tiens, là, rien que d’en reparler…
Mais bon. Non. J’ai tenu. D’accord, si on m’avait vraiment tout dit sur les mômes et les affres de la paternité, j’aurais peut-être finalement fait le choix de continuer à cloper pour caner plus vite. Mais ce qui est fait est fait. Faut assumer maintenant.

imageBref, le 1er janvier, j’ai ouvert un œil embué, j’ai tâté mon crâne pour voir si des cheveux ne poussaient pas à l’intérieur, j’ai vérifié que c’était bien ma femme qui était couchée à côté de moi et après avoir tenté de me lever, j’ai décidé que j’étais tout aussi bien couché dans mon lit, que c’était quand même plus stable.
Ma chère et tendre épouse s’est lovée contre moi en gémissant de bien-être, preuve qu’elle tient mieux l’alcool que moi, à moins que tout simplement elle n’ait pas ma consommation, m’a souhaité la bonne année une nouvelle fois et m’a posé la question fatidique :

Alors, quelles sont tes bonnes résolutions pour 2018 ?

Moi, j’avais déjà réfléchi à la question. Alors je lui ai répondu tout de go : « Continuer à être aussi con qu’en 2017 ». C’est là que j’ai lu une profonde et triste déception dans son regard. Je me suis dit que ce n’était peut-être pas assez, alors j’ai rajouté « voire faire encore mieux ». Même déception. Même tristesse.

imageOh, je sais bien ce qu’elle attendait comme réponse. Elle espérait que j’allais lui promettre de l’enlever à son quotidien harassant en chevauchant une licorne, ou si je n’arrive pas à en trouver une, au moins un cheval blanc. Bon, d’accord, au moins un poney fougueux, quoi. Elle attendait que je lui promette de tout faire pour lui décrocher la lune. Que je lui voue corps et âme un amour indéfectible. Que je lui promette de la joie, des voyages fantastiques, des ciels étoilés, des cœurs rouges qui flottent dans l’air à chaque fois que nos regards se croisent ou que nos corps s’effleurent. Que je lui jure une fidélité éternelle. Que je lui parle d’horizons merveilleux, de passion, de découvertes à faire à deux dans des pays lointains où nous redécouvrions la simplicité de l’existence et le bonheur d’être deux. Enfin quatre, tout du moins, en comptant les gosses.

Et moi, bêtement, je lui promets d’être aussi con, voire pire, que l’année écoulée.

Et pourtant. Parfois, être con, ça peut être aussi irréel qu’une licorne. Aussi fougueux qu’un poney. Ça peut être un voyage vers la lune, plein d’amour irrationnel. Ça peut être un voyage plein d’étoiles et de cœurs, de merveilleux horizons et de découvertes hallucinantes.

C’est aussi le meilleur moyen de ne rien prendre au sérieux, parce que franchement, quand on y réfléchit bien, le sérieux, c’est quand même ce qui est en train de tuer notre société, notre humour, notre créativité. C’est surtout, enfin, le meilleur moyen de se prémunir contre la connerie. La vraie. La sale et crasse connerie qui pourrit la vie. Qui tue, parfois.

Bref, oui, en 2018, j’essaierai d’être encore plus con.
Et je pense que c’est la meilleure résolution que je pouvais prendre.

Et tant pis pour le poney fougueux. On en fera du pâté.

*Pierre Desproges, of course

 

 
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Commentaires

Ecrit par Mikis le 08/01/2018 à 10:45

 

1

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Bref, oui, en 2018, j’essaierai d’être encore plus con.
La barre est haute, mais dans ce domaine, tu es une licorne, du genre qui éclipse tous les petits poneys et même les fiers destriers.
Je mise tout sur toi. smiley 8

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