L'Edito du Dimanche

 

Publié le Dimanche 25 octobre 2026 à 12:00:00 par Cedric Gasperini

 

L'Edito du Dimanche

Hasta la victoria, siempre

imageVous avez été plusieurs à m’envoyer des petits messages, inquiets de ne plus avoir votre dose hebdomadaire d’édito, tels des junkies en manque de bons mots et de délires verbaux… 
Quelque part ça fait plaisir de savoir que mes régulières disgressions sont attendues par autant de personnes. C’est flatteur. Merci, donc, de justifier par vos lecteurs les heures passées à écrire, réécrire, pester, râler, bref, faire chier toute la maisonnée lorsque je les écris. 

Et la voilà, votre dose. Votre petit sachet de poudre blanche à vous injecter le dimanche midi, en guise d’apéro. Le voilà, le retour de l’édito. 

Enfin… peut-être… sans doute…

Mais avant de le laisser revenir tout à fait, laissez-moi surtout vous donner les raisons de son absence ces dernières semaines…

Cet été, j’ai vraiment passé d’excellentes vacances. J’ai profité de chaque instant avec un vrai plaisir. Un dépaysement salutaire. Un grand bol d’air frais, au moins pour l’esprit à défaut de l’être totalement pour le corps. Mais la fatigue que l’on accumule pendant les vacances est généralement une fatigue saine, plaisante, qui vous gonfle tout autant d’énergie pour débuter la nouvelle année. Et j’ai donc débuté cette nouvelle année gonflé à bloc comme jamais.

Avant de me prendre un train en pleine gueule.

imageUn train d’emmerdes. Avec des wagons à perte de vue. Des emmerdes personnels. Des emmerdes professionnels. Par paquets de 12. Des trucs lourds qui m’ont bien plombé le moral et le physique. Un yoyo émotionnel après ce bel été, avec une rentrée épouvantable à tous les niveaux. Doublé d’une surdose de fatigue physique liée à d’innombrables déplacements professionnels auxquels il faut rajouter un malin plaisir de la part de la SNCF de retarder systématiquement tous les trains que je prenais pour allonger mes temps de trajets jusqu’à l’épuisement. 

Un épuisement physique mais aussi moral. Et quand je parle d’épuisement… La belle au bois dormant a beau avoir pioncé 100 ans de suite, je suis certain qu’elle était en meilleure forme que moi quand elle s’est couchée.

Bref, j’ai décidé de mettre en pause l’édito. Le temps de remonter la pente et pour éviter, aussi, de me focaliser sur mes problèmes et de me répandre en mal-être dans un exercice dont ce n’est, à priori, pas le but.

imageLuttant pour remonter la pente semaine après semaine, j’ai finalement commencé à sortir la tête ces derniers jours et à aller mieux à tous les niveaux. A tel point que je comptais relancer l’édito la semaine dernière. Avant d’être terrassé par un virus et passer la semaine au fond de mon lit, à faire exploser les thermomètres un par un à cause d’une température trop élevée. Seule une ingurgitation massive de paracétamol me permettait de trouver la force d’écrire de temps en temps des news pour continuer, malgré tout, de faire vivre un tant soit peu le site…

Aujourd’hui, ça va mieux. A peu près. Entre regain d’énergie, regain d’agressivité envers la vie en général, je suis reparti sur de bons rails. Prêt à foutre à nouveau le bordel dans ma vie. Dans celle de mes proches. Dans la vôtre. Dans celle d’inconnus rencontrés au fil de mes déambulations. 

A reprendre le cours de ma vie, quoi.

Pas facile, toutefois, quand on regarde autour de soi grossir et se répandre autant de médiocrité générale. Chaque jour qui passe, je me rends compte qu’il faut faire le deuil du respect et des bonnes manières, du civisme et, plus globalement, de l’intelligence. Ça fume dans les voitures du RER ou du métro à tout âge (je me suis fait insulter par une petite pute de 15 ans avec une clope électronique parce que je lui ai fait remarquer que ce n’était pas un wagon fumeur), ça écoute son smartphone en mode haut-parleur, ça bouscule sans excuse, ça conduit de plus en plus mal (j’ai vraiment l’impression d’une nette dégradation à ce niveau, tellement il semble y avoir de crétins congénitaux sur les routes)… bref, tout fout le camp.

imageOn en arrive même à prévoir dans tous les cas de figures, l’élection au rang suprême d’une personnalité raciste, haineuse, lamentable, totalitaire et… avec un casier judiciaire.

Je veux dire… vous ne pourrez jamais être prof, même dans l’enseignement privé, si vous avez un casier judiciaire. Mais diriger un pays, si. Ça semble normal. Et ça ne semble choquer personne. Et pire, ça rassemble les foules. 

Je ne sais pas si dans notre pays il y a vraiment une fracture sociale, mais moi, j’en ai pris une belle dans la tronche, tellement je ne me reconnais plus dans la société actuelle. Tellement je ne reconnais plus les valeurs que l’on m’a enseigné toute ma vie, des valeurs nationales, pas nationalistes, des valeurs totales, pas totalitaires, des valeurs d’ouverture, pas de repli sur soi-même, des valeurs d’entraide, pas d’oppression. 

Je ne vous ferai pas d’ailleurs de petit laïus sur les manifestations. On est tous d’accord au final pour dire qu’on soutient les revendications étudiantes : ce sont les mêmes que l’on avait à notre époque et rien n’a changé. On est tous d’accord pour dire qu’on déplore la réponse policière. On est tous d’accord pour dire qu’on déplore les exactions en marge des manifestations.

Mention spéciale aux abrutis congénitaux (si, si) qui faisaient des Réels et autres vidéos en ligne sur les réseaux sociaux, à visage découvert, pour documenter leur journée de fauche et de pillage. Il y en a eu. J’en ai vu.

On est surtout tous d’accord pour se dire qu’il y a un truc qui ne tourne pas rond aujourd’hui dans notre monde. Les tarés semblent avoir pris le pouvoir un peu partout et faire des émules au quotidien.

imageDans le mien, de quotidien, tout aussi insignifiant soit-il, je continue tant bien que mal dans la voie que je me suis imposée depuis des années : lutter contre la connerie. Lutter contre l’obscurantisme. Lutter contre la haine. Lutter contre l’ignorance. Lutter contre les injustices. Lutter contre la gangrène intellectuelle qui plombe un peu plus nos vies, chaque jour, à chaque instant. 

Un jour, je me ferai buter par un abruti trop zélé, c’est certain. Un jour, je me ferai passer à tabac par une bande de crétins décérébrés trop susceptibles, c’est certain.

Mais en attendant, je poursuis la lutte.

Hasta la victoria, siempre.

Comme disait l’autre taré transformé en icone révolutionnaire. 

On n’est plus à un près. 

Allez, en espérant que la semaine à venir permettra toujours d’avancer dans la bonne direction…

Smiley bisou. Cœur. Cœur. Aubergine.

 

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