Publié le Mardi 1 septembre 2026 à 11:30:00 par Walid Hamadi
Test Onimusha : Way of the Sword
Ça manque de Jean Reno
Rappelons tout d’abord qu’Onimusha est né en 1997 de l’idée de Yoshiki Okamoto de faire une version ninja de Resident Evil. Un hack’n’slash de l’ère Sengoku mêlé à du body horror bien sale dans un Japon envahi par le monde démoniaque. Dans ce cinquième épisode majeur, nous incarnons Miyamoto Musashi, un samouraï qui veut prouver sa valeur en parcourant le territoire et en défiant les plus grands maîtres de son temps. Mais très vite, il va se retrouver confronter au monde des morts d’où il va ressortir, affublé du mythique gantelet aspirateur d’âmes. Il est alors investi malgré lui d’une mission titanesque : empêcher l’enfer de conquérir Kyoto (puis le monde).
Car oui c’est à Kyoto que la majeure partie de l’action aura lieu, dans son quartier Est plus précisément. Un quartier ouvert et dont les rues se débloquent petit à petit à mesure que l’histoire progresse. Votre QG est un temple au centre de la map qui abrite Takamura, un héros porteur de gantelet qui repousse l’envahisseur depuis plusieurs décennies, voire plusieurs siècles. Ce samouraï expérimenté sera un précieux guide pour Musashi et vous guidera tout au long de l’aventure. Il est assisté par la jeune Okuni qui a pour vocation de l'aider à repousser les Genma, pour des raisons personnelles que nous vous laissons découvrir. Enfin votre gant lui même est habité par une Dame Oni qui vous conseillera du mieux qu’elle peut, même si elle semble ne pas trop vous apprécier. Il faut dire que vous êtes un sacré personnage. Toshiro Mifune, le célèbre acteur et cascadeur japonais, prête ses traits à Musashi pour le meilleur. Dans cet univers au bord du gouffre, le personnage principal est plutôt léger et très démonstratif. La motion capture du visage est parfaite et rend honneur au travail de l’acteur qui est très juste dans son registre. Le reste du casting est plutôt anecdotique, d’autant que la VF n’est pas à la hauteur des voix originales. Quant aux PNJ de troisième rang, ils ne font que de la figuration et leurs modèles sont très quelconques.
Visuellement, Kyoto est très terne, même une fois libérée du miasme dans lequel elle était plongée. Néanmoins, les décors et textures sont de très haute qualité et, chose très appréciable pour un jeu d’action, le framerate est très stable. Nous avons joué avec une RTX 5070Ti et étions constamment au-dessus des 100 FPS en 1440p, sans DLSS.
Venons-en au cœur du jeu : son gameplay. Comme vous vous en doutez, Musashi se bat quasi exclusivement au sabre. Une touche pour l’attaque à une main, une autre pour l’attaque à deux mains, un bouton de garde et un d’esquive. Très simple à manier, mais tout est dans le timing. Frapper juste avant qu’un adversaire vous touche déclenche un Issen qui tue en un coup, mais la fenêtre d’opportunité est très restreinte. La plupart du temps, vous vous contenterez donc de contrer simplement, voire de déclencher une parade en repoussant la lame ennemie au bon moment pour épuiser son endurance. A force de parades et d’esquives parfaites, des jauges se remplissent et permettent de frapper automatiquement avec une lame enflammée et déclencher un combo d’attaques au ralenti. Le but est de faire tomber la barre d’endurance de l’ennemi à 0 pour pouvoir lui infliger un maximum de dégâts.
Même en mode normal (seul mode existant en dehors du mode Histoire qui facilite le jeu), les rencontres au hasard dans la ville sont assez simples à gérer. C’est pendant les missions que le nombre d’ennemis se multiplie et peut poser problème. Certains porteront une armure ou un bouclier qu’il faudra détruire grâce à un coup en force avant de les gérer comme les autres. Là où Way of the Sword prend tout son intérêt, c’est contre les bosses. Loin d’être insurmontables, ils vous demandent juste un peu de concentration et d’apprentissage de pattern. Point fort : leur design est de haut niveau. Inspirés du folklore japonais, ils font honneur aux meilleurs concepts de body horror qu’on a vu dans les jeux ces dernières années. Point faible: ils reviennent un peu trop souvent et perdent un peu de saveur à force de les revoir.
Le rythme de cet Onimusha est par ailleurs assez lent. Les cinématiques et phases de dialogues sont plutôt nombreuses et longues, hachant trop la progression. Les coups divers se débloquent l’un après l’autre, au point d’avoir accès à la limit break de Musashi dans le dernier quart du jeu seulement. Entre temps il faudra voyager dans des zones assez longues à parcourir et voyager de droite à gauche pour quelques quêtes secondaires comme “Éliminez une bande de Genma qui terrorise ce coin” ou “Allez retrouver ce chien à cet endroit bien loin de tout point de téléportation”. Pas très passionnant mais chronophage. Vous débloquerez bien quelques raccourcis en brisant des cadenas sur des portes, mais vous allez quand même passer du temps à sprinter pour aller là où on vous le demande.
Les points de téléportation sont des autels disséminés un peu partout dans la ville et servent surtout de checkpoints ainsi que de lieux où acquérir des compétences et renforcer son sabre, son armure et son gantelet. Pour celà, il faut évidemment dépenser les âmes récoltées, mais aussi utiliser quelques matériaux disposés assez généreusement sur la carte. Et pour éviter toute frustration, les éléments rares seront même échangeables contre des âmes si vous n’avez pas l’envie de les chercher.
On appréciera les histoires et légendes disséminées par-ci par-là, ainsi que des estampes parfaitement intégrées au scénario. Le jeu veut nous immerger dans le Japon du XVe siècle en brisant le 4ème mur le moins possible. Ainsi à certains moments des contres vous feront entrer en phase de QTE, mais sans afficher celles-ci. Beaucoup plus immersif en effet. Ce qui l’est moins est le plus gros point noir selon nous : la caméra. La plupart du temps elle est classique, mais si vous avez le malheur de coller un mur ou un angle pendant un combat, dites adieu à toute visibilité. Etre acculé par plusieurs ennemis ou un gros boss contre une limite du terrain est ce qui va vous faire perdre le plus souvent. Heureusement, on n’est pas là sur un Souls-like, rien de punitif à mourir souvent.
Au final, Onimusha : Way of the Sword signe un retour très satisfaisant. Très simple dans son gameplay, n’exigeant qu’un bon timing et de la concentration le tout dans une unique difficulté, il se veut accessible tout en donnant le plaisir au joueur de se prendre pour un épéiste de talent. Malgré une caméra piégeuse en lieu fermé, on sent que les développeurs ont voulu nous brosser dans le sens du poil. Sans être un véritable monde ouvert, la map est assez large et peu passionnante, tout comme la répétition des ennemis et des boss à la longue. Heureusement Capcom ne tire pas trop sur la corde et la fin arrive à temps. Les persos principaux sont beaux comme des camions et très intéressants à voir dans toutes leurs expressions, les décors sont au niveau sans être éblouissants et le bestiaire est des plus dégoûtants pour le plus grand plaisir des fans de creepy. En tant que premier épisode pour la reprise de la franchise, c’est une réussite qu’il faudra confirmer ensuite. En mettant un peu plus de vie dans la ville par exemple. Jouez en VO par pitié.
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Onimusha : Way of the Sword (PC, PS5, Xbox Series, Nintendo Switch 2)
Plateformes : PC - Switch - PS5 - Xbox Series
Editeur : Capcom
Développeur : Capcom
PEGI : 18+
Prix : 69,99 €
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