Halo : Campaign Evolved (PC, PS5, Xbox Series)

 

Publié le Lundi 27 juillet 2026 à 12:30:00 par Walid Hamadi

 

Halo : Campaign Evolved (PC, PS5, Xbox Series)

Le remake qui vous rend vieux

Après un Gears of War Reloaded dépoussiéré pour tenter de redonner un nouveau départ à la franchise phare de Xbox Studios, l’éditeur s’attaque à son légendaire Halo pour ses 25 ans avec Halo : Campaign Evolved. Cette fois-ci, c’est Halo Studios qui se charge du remake avec des anciens de feu 343 aux commandes. Pour continuer à remuer le couteau, nous avons choisi de tester la version PS5 même si nous avions le choix de prendre la version PC ou Xbox Series X. Vous nous connaissez, on est des sadiques… Mais on l’a peut-être un peu payé. Vous allez voir.

imageTout d’abord, on sait tous que n’est pas Bungie qui veut. Malgré tous les efforts du monde, 343 Industries qui a repris la franchise Halo depuis le quatrième opus, n’a pas su faire l’unanimité. Malgré Halo Inifinite, le titre s’essoufflait grandement ces dernières années. Or Microsoft a une nouvelle stratégie axée sur l’ouverture à toutes les plateformes et ainsi populariser ses licences en touchant notamment, le public Playstation. Et pour cela, il ne faut laisser personne à la traîne et proposer des séances de rattrapage pour ceux qui n’ont jamais joué aux softs américains. Sorti en 2001, Halo premier du nom a donc le droit aujourd’hui à son édition retouchée et légèrement corrigée.

imageExit le moteur d’origine qui avait grandement actualisé le genre FPS à l’époque et bonjour le très pratique Unreal Engine 5. Rapide à prendre en main et économique, il fait des merveilles sur les textures des armures du Master Chief et sur les décors intérieurs. Ce moteur fait tout aussi bien sur les animations qui sont vraiment impeccables et permettent de constater l’évolution de la technique depuis un quart de siècle. La flore des zones extérieures est aussi réussie, mais on prend rarement le temps de l’admirer tant on y passe peu de temps et surtout peu de temps à pied. Cependant, la direction artistique ne colle plus vraiment aux performances techniques actuelles et tout semble un peu faux. Les vaisseaux ennemis en particuliers font un effet jouet en plastique d’autant qu’à l’extérieur comme à l’intérieur, tout est absolument nickel, presque sans aspérité. Ce côté impeccable nous plonge dans une ambiance un peu kitch des space opera des années 70 à laquelle on n’était plus vraiment habitués.

imageD’autant que la VF renforce ce kitch avec des doublages assez mal joués et des effets vocoder presque goofy pour incarner les ennemis du Covenant. Pour le level design, c’est pareil : on ressent bien les 25 ans d’âge de ce Halo : Campaign Evolved. On retrouve les couloirs labyrinthiques des vaisseaux et des complexes du Halo où tous les couloirs se ressemblent, mais où les 3 embranchements parallèles rejoignent tous la même grande salle au final. Il n’est pas rare de se rendre compte qu’on est en train de revenir sur nos pas après une grosse phase d’action parce qu’on a emprunté la même porte qu’en arrivant, porte identique à celle qui nous permet de continuer la mission. Heureusement en 2026 nous avons droit à un ajout dans le gameplay non négligeable : un sprint illimité qui permet de traverser de grands espaces vides un peu plus rapidement qu’à l’origine.

imageSi vous vous trouvez toujours trop lent, vous pouvez toujours grimper à bord de votre Warthog et foncer dans tout ce qui ne vous plait pas. La conduite s’est bien sûr grandement améliorée, mais la machine reste une incroyable savonnette dont il faut se méfier tant elle est légère et peut se renverser à tout moment. Dès le début de la partie, vous aurez le choix entre le gameplay classique ou les contrôles modernes avec les gâchettes pour accélérer et freiner. Les véhicules ennemis sont aussi “empruntables”. Comme dans les suites au jeu original, vous pourrez piloter des Ghost et des Banshees qui trainent sur le champ de bataille. Ils ont peu de puissance offensive mais vous pourrez survivre un peu plus longtemps à leur bord qu’en dehors.

Concernant les armes, il y a le choix entre les humaines et les extra-terrestres. Une douzaine au total dont la puissance est à peu près identique : il vous faudra trois quarts de chargeur pour éliminer les ennemis moyens. Heureusement les headshots sont pris en compte. Vous tomberez rarement en rade de munitions ou de grenades, le jeu étant assez généreux sur les loots. On trouvera aussi de temps en temps les bonus de camouflage et d’armure bien connus, mais qui sont cette fois activable quand vous le décidez et non plus automatiquement déclenchés dès le ramassage.

imageGlobalement, le jeu est très agréable à parcourir. Le Master Chief est assez agile et rapide malgré le poids de son corps et de son armure surdéveloppés, les sauts sont plutôt permissifs et l’utilisation des armes est plutôt rapide entre le changement et le rechargement de celles-ci. On retrouve le côté fun de Halo de ce côté là. A contrario, on retrouve aussi une progression très hachée entre les zones par des cinématiques un peu trop longues et apportant peu de profondeur à l’intrigue. On aurait pu les diviser par deux qu’elles ne nous auraient pas manqué. La faute à des personnages secondaires, et disons le franchement à un héros, très peu développés et donc très peu intéressants.

imageLa bonne nouvelle c’est que cette nouvelle mouture de Halo nous offre 3 nouvelles missions qui précèdent les événements du jeu dans la chronologie. Celles-ci proposent des phases plus modernes et variées que les missions classiques dont une phase dans l’espace qui augure d’une suite en préparation. La campagne entière est faisable à 4 en ligne ou à deux en local et si vous prenez le temps de fouiller la map, de débloquer des modificateurs de gameplay pour pimenter vos parties. Il faudra cependant très bien fouiller pour trouver les crânes cachés parce qu’ils sont vraiment très bien dissimulés dans les recoins des vaisseaux et du Halo. Trop bien. C’en est décourageant.

imageParlons enfin du point noir de ce jeu : l’optimisation. Je rappelle que nous jouons sur PS5 à un jeu de 2001 qui propose de grandes zones ouvertes mais pas non plus un monde ouvert. Et malheureusement nous avons rencontré pas mal de ralentissements. Et pas des petits. Quand les explosions, les tirs et les ennemis se font un peu trop nombreux dans les prairies du Halo, vous jouez en stop-motion pendant deux ou trois secondes. Il n’y a pas d’autre manière de le dire. Les images par secondes chutent drastiquement sans qu’on comprenne pourquoi alors qu’on joue sur une console moderne.

Au final, fun, mais superficiel et longuet par moments, enthousiasmant sur le papier, moins dans le résultat final, grandiose pour l’époque et devenu commun de nos jours, ce remake de Halo : Combat Evolved nous laisse un goût d’inachevé. Après tout ce temps, on aurait aimé une refonte plus poussée, plus surprenante et mieux fignolée. Au lieu de ça on retrouve le plaisir de l’époque à tirer sur les vilains aliens sans s’arrêter, mais avec quelques petites contraintes techniques et sans ajout majeur qui donne envie d’y revenir. Vu ce que Microsoft nous réserve, on peut dire qu’il faut y jouer sans hésiter si vous ne l’avez jamais fait, mais Halo : Campaign Evolved est largement dispensable si vous connaissez déjà tout de la saga. Il y a des chances que les prochains épisodes soient mieux traités et valent plus le détour.
 

 

 
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Halo : Campaign Evolved (PC, PS5, Xbox Series)

Plateformes : PC - PS5 - Xbox Series

Editeur : Xbox Studios

Développeur : Halo Studios

PEGI : 16+

Prix : 59,99

Aller sur le site officiel

Halo : Campaign Evolved (PC, PS5, Xbox Series)

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