Assassin’s Creed Black Flag Resynced (PC, PS5, Xbox Series)

 

Publié le Mercredi 8 juillet 2026 à 12:30:00 par Cedric Gasperini

 

Test Assassin’s Creed Black Flag Resynced (PC, PS5, Xbox Series)

Un remake raté qui fonctionne bien

image13 ans nous séparent de la sortie d’Assassin’s Creed IV Black Flag. 13 ans durant lesquels la saga s’est perdue en épisodes acceptables (Odyssey, Valhalla, Syndicate), moyens (Rogue, Shadows) ou mauvais (Unity, Origins, et surtout Mirage)… Et même si tout le monde ne partagera pas forcément mon point de vue sur ce classement, force est de constater que Black Flag est le dernier jeu à avoir vraiment fait partie de l’âge d’or de la série.

Sans doute pour redorer un peu le blason de cet univers passionnant, en plus de renflouer ses caisses vides, Ubisoft ressort le jeu en version améliorée, expurgée des séquences « modernes » et qui ne se concentre plus que sur l’aventure passée. 

C’est aussi l’occasion de redécouvrir le dernier épisode qui avait une histoire non bâclée, et se dire que c’était quand même bien, cette période où Ubisoft embauchait de vrais scénaristes.

Petit rappel des faits : L’histoire débute en 1715 et va suivre les plus glorieuses mais aussi les plus sombres années de la Piraterie.
Et c’est Edward Kenway qui a le premier rôle. Un paysan alcoolique qui délaissa son épouse pour faire fortune sur un bateau pirate voguant sur les mers des Caraïbes. Le destin a mis sur sa route un assassin, Duncan, traitre à son ordre, qui allait offrir des renseignements cruciaux à ses ennemis jurés, les Templiers. Prenant sa défroque et espérant une forte récompense, Edward se retrouve mêlé à une histoire qui le dépasse, une guerre de plusieurs siècles, et va devenir malgré lui l’un des outils primordiaux dans cet affrontement ancestral.

Relativement antipathique, entre anti-héros et type mauvais comme une teigne, trainant surtout une sale tronche, Edward est un personnage auquel on ne s’attache pas du tout. Loin du héros au grand cœur, pensant surtout à sa gueule, il garde toutefois certains principes et ne sera donc pas non plus le pirate sanguinaire sans foi ni loi. 
Pas de quoi gêner pour autant. Le gros avantage dans cet Assassin’s Creed Black Flag est que le héros de l’histoire, c’est la piraterie, avec tout ce que cela comporte : des personnages secondaires intéressants, eux, et un bateau pirate, le Jackdaw, sur lequel vous allez passer vos meilleurs moments. 


imageC’est grâce à ce bateau que vous allez voguer d’un lieu à un autre, d’une mission à l’autre. Si la plupart de ces missions se dérouleront à Terre, dans les villes de Nassau ou de Kingston, par exemple, ou encore à la recherche de temples mayas dans la jungle, voire sur quelques iles abandonnées, vous passerez la plupart du temps en mer. Il sera primordial d’attaquer d’autres navires pour leur voler leur cargaison de rhum ou de sucre, afin de les revendre, ou de tissu, de bois ou de métal pour améliorer votre bateau.

En effet, de très nombreuses améliorations seront disponibles : canons de bordée plus puissants, canons sur pivot, canons de poursuite, figure de proue, mortier, voiles, cale, équipage, harpons, chaloupes, protection de coque, boulets explosifs, boulets enchaînés, barils explosifs, barre, voiles… il y a un grand nombre de points à modifier sur votre navire pour le rendre plus performant, plus menaçant, plus résistant, plus meurtrier.
Et ce sera nécessaire : si vous allez vous frotter à quelques petits navires au début de l’aventure, rapidement, vous croiserez des Man-O-War ou frégates puissantes, voire même tenterez de battre des navires de légendes, ultra-puissants et quasiment invincibles.

En mer, vous pourrez également chasser baleines et requins, ou aller à la chasse au trésor sous les fonds marins. Tout se débloquera au fur et à mesure.

imageDiriger son navire est vraiment grisant. Entre les tempêtes, les chants des marins, ou les combats parfois très périlleux – attaquer un navire et en voir deux débarquer pour le secourir, ça calme – les moments passés sur l’eau sont l’atout indéniable de cet opus.
La jouabilité est plutôt intuitive et on arrive très rapidement à diriger son esquif. 

Outre les grandes cités, vous aurez beaucoup d’îles à visiter. Il y aura quelques animaux à chasser (mais pas les tortues, c’est dommage), quelques trésors à trouver, quelques points de synchronisation à activer, des entrepôts à piller, récupérer des bonus – fragments d’Animus – ou des chants de marin, régler des contrats d’assassinat, capturer des messagers… …

Bref, Assassin’s Creed Black Flag nous permet de repartir dans les Caraïbes pour notre plus grand plaisir. 

Mais qu’en est-il de cette version Resynced, une version remasterisée pour les consoles et PC modernes ? Nous l'avons testé sur PS5 et PC. Et le constat est identique pour les deux plateformes.


imageL’amélioration est visuelle, déjà. Mais elle souffle le chaud et le froid. C’est plutôt réussi sur les paysages et les extérieurs. Mention spéciale pour les mers et les fonds marins, superbes. En ville, on rencontre encore quelques textures merdouilleuses, mais pas de quoi crier au scandale et rien de bien important non plus. C’est un poil plus compliqué pour la nature, les plantes, les feuilles… tout cela reste très perfectible. Mais le plus gros souci reste les personnages. Les animations des passants sont ratées, à peine effleurés, les quidams tombent, plongent, hurlent, dans des animations à peine retravaillées. 
Quant aux cinématiques, elles mettent en avant les animations faciales d’un autre temps, pas aidées, c’est vrai, par un doublage catastrophique. Ce n’est pas de l’IA, une IA ne serait pas aussi mauvaise. Et on ne parlera pas des cheveux filasses, façon poils de balais, ni des tenues qui se plient n’importe comment et bougent de manière surnaturelle au moindre mouvement des personnages ou à la moindre petite brise (alors que les cheveux, eux, ne bougent pas…).

Bref, Assassin’s Creed Resynced, c’est très beau, mais vu de loin. Les décors sublimes contrastent avec les personnages dégueulasses. 

imageLe gameplay a été aussi revu. On se retrouve avec des combats et déplacements inspirés de Shadows. Là aussi, il y a du bon : plus de liberté, plus de possibilités. Mais aussi du mauvais : la caméra n’est pas taillée pour ça et on se retrouve souvent avec des vues bloquées, cachées dans le décor… Sans compter le manque de fluidité et de rythme desdits combats. On attend l’attaque pour parer et contre-attaquer ou, quand on en a marre, on roule-boule partout entre chaque frappe. J’ai finalement trouvé les combats moins intéressants, au final.
Mais ne faisons pas la fine bouche : ça reste bien géré et les combats sont modernisés, ce qui permettra à tout le monde, même les novices, de sans doute mieux profiter du jeu.

Les phases d’infiltration ont également été améliorées, avec notamment la possibilité, désormais, de s’accroupir à n’importe quel moment. 


imageOn citera une IA retravaillée (ça ne se sent pas), des petits ajouts çà et là (animaux à bord du Jackdaw, tempêtes plus impactantes avec des vagues scélérates, plus de souplesse lors des filatures)… qui enrichissent l’expérience sans la dénaturer. Et de nouvelles quêtes et missions secondaires qui enrichissent l’histoire, avec de nouveaux personnages.

On citera aussi des bugs. Bon, les classiques : bugs de collision, bugs de textures, bugs d’IA, bugs d’animation, mais tout cela est assez léger. Non, plus embêtants sont les bugs de quêtes. Arriver à un endroit d’une île avec le Jackdaw, se voir attribuer une mission, ne pas la remplir mais la voir se valider seule, avoir une nouvelle mission : traverser l’île (toute petite, on en voit les deux bouts en se tenant au milieu) pour arriver sur un quai, voir le Jackdaw apparaître d’un seul coup, valider votre quête qui n’a pas été remplie pour autant, et vous en fournir encore une autre… euh… 
Bref, des bugs de quêtes, c’est quand même plus problématique.

imageAu final, difficile de se faire une idée sur cet Assassin’s Creed Resynced. On sent que le développement n’est pas maîtrisé. Que les équipes ont sans doute pataugé. Le résultat n’est pas abouti et aurait pu être nettement mieux peaufiné, corrigé, avec un vrai coup de polish. Bref, il y a quand même des trucs qui agacent et qui froissent. Et qui déçoivent.
Mais d’un autre côté, on retrouve la piraterie, les Caraïbes, les batailles navales avec un vrai plaisir. Et la magie opère encore. On ne peut s’empêcher de relancer le jeu dès que l’on a un moment, pour faire, à nouveau, de ce bout de mer bleue, son terrain de jeu favori.

En conclusion, c’est un remake raté, mais qui fonctionne toujours bien.

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Assassin’s Creed Black Flag Resynced (PC, PS5, Xbox Series)

Plateformes : PC - PS5 - Xbox Series

Editeur : Ubisoft

Développeur : Ubisoft

PEGI : 18+

Prix : 59,99 €

Aller sur le site officiel

Assassin’s Creed Black Flag Resynced (PC, PS5, Xbox Series)

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