L'Edito du Dimanche

 

Publié le Dimanche 18 septembre 2022 à 12:00:00 par Cedric Gasperini

 

L'Edito du Dimanche

Le repos du guerrier

imageCertaines semaines, l’inspiration est au rendez-vous et l’écriture de l’édito se fait en dilettante, un œil sur l’écran, un deuxième vissé sur la télé, un troisième en train de lire un bouquin, une main sur le clavier, la seconde dans le pantalon à calmer quelques démangeaisons inopportunes à l’entrejambes, un pied en train de faire la cuisine et l’autre en train de faire le ménage. Une sorte de Shiva de l’édito, multi-bras, multi-tâches. Ce qui, en toute modestie, me convient parfaitement puisqu’il s’agit du Dieu de la connaissance universelle, suprême et absolue. Bon, il est aussi considéré comme le Dieu du Yoga alors que personnellement, mon absence totale de souplesse est depuis longtemps entrée dans les annales du ridicule et de l’impotence. Quoique Kali et ses quatre bras, Dieu de la destruction, m’irait aussi très bien.

D’autres jours, par contre, mon imagination est à la peine et je me prends – au sens propre et figuré – la tête devant la page blanche de mon écran pour savoir quel sujet aborder dans ce sacro-saint rendez-vous égocentrique hebdomadaire.

Il faut dire que vous lisez, si mes calculs sont exacts, le 742ème édito du site. Et je ne compte pas les éditos de mes vies précédentes, perdus dans les limbes de l’Internet et de mon disque dur qui accuse ses 15 ans mais fonctionne toujours aussi bien. Et même si je ne les ai pas tous écrits, j’avoue, ces manquements doivent toutefois se compter sur les doigts d’une main. Et encore, la main d’un lépreux. Alors n’exigez pas de moi que chaque semaine soit une explosion de bons mots et phrases justes, de réflexions profondes et de réécriture de l’intelligence humaine pour la propulser à l’égal du divin. Surtout qu’à bien y réfléchir, ma foi, je suis encore loin du céleste. Mais j’ai une excuse : j’ai le vertige.

Cette semaine est une semaine sans.

imageAucune information n’a excité mon imagination ni ma créativité ou tout simplement fait naître une envie de blatèrement intempestif. Non pas que l’actualité ne mérite aucune réflexion ni débat, ou même commentaire. La disparition de Lilibet (permettez, nous étions intimes), celle de Godard (permettez, nous ne l’étions pas), le charnier d’Izioum, la 8ème vague, l’Europride serbe, les accusations de harcèlement sexuel dans les hautes Instances du Foot, ou encore les muffins ratés de ma chère, tendre et aimante épouse sont autant de sujets primordiaux qu’il conviendrait de traiter à leur juste mesure. Surtout les muffins, d’ailleurs. On aurait pu tuer des gens en les lançant dessus.

Mais j’avoue, aujourd’hui, l’inspiration me manque et le vide me pèse.

Allez, disons que c’est une semaine sans. Je vais m’installer face à la fenêtre, à regarder la pluie tomber, à siroter un whisky (promis, demain, j’arrête de boire), tout en écoutant ma Playlist « Spleen & Idéal » tandis que se bousculent de manière imparfaite, dans ma mémoire, les vers d’ « Une charogne », l’un de mes préférés, si ce n’est mon préféré.
Bon. Il ne pleut pas. Mais on peut faire comme si, n’est-ce pas ? Et se dire que s’il ne pleut pas ici, il y a bien un endroit dans le monde où il pleut…

imageLa semaine prochaine, promis, je vous raconterai comment je suis revenu à la vie (c’est une image, bien sûr, Jésus n’a rien à craindre, je ne lui volerai pas la vedette), courant à nouveau nu dans les hautes herbes pour les sentir me chatouiller les attributs, en espérant éviter les tiques, à respirer les fleurs mourantes d’un automne estival, agitant les bras pour imiter les oiseaux dodus d’un été d’abondance, tout en chantant à tue-tête quelques passages de chansons paillardes guillerettes.
Et ce n’est pas de ma faute si le seul carré d’herbes hautes à proximité, c’est celui dans la cour de récré de l’école maternelle. Ils n’avaient qu’à tondre, aussi.

La semaine prochaine, promis, je vous raconterai des histoires merveilleuses, pleines de héros intemporels, de dragons invincibles, de pluies de feu, de princesses éplorées, de gnomes infernaux, de sauvetages improbables, d’actions d’éclats qui font les légendes et de richesses insoupçonnées. Et non, ça n’a rien à voir avec Fort Boyard.

La semaine prochaine, disais-je, je repars à l’assaut du monde. Mais permettez qu’aujourd’hui, je reste bien au chaud sur mon canapé, emmitouflé dans mon plaid, les pieds à l’aise dans des charentaises que je n’ai pas. Je n’ai pas plus de plaid, cela dit. Mais cessons d’être terre à terre et imaginons. Rêvons.

 

 
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