L'Edito du dimanche

 

Publié le Dimanche 9 décembre 2018 à 12:00:00 par Cedric Gasperini

 

L'Edito du dimanche

« Papa, j’veux un chien »

image« Papa, j’veux un chien »
Chaque année, c’est la même rengaine. A l’approche de Noël, il y a la corvée des cadeaux pour les mômes. Et la corvée commence déjà par leur demander ce qu’ils veulent. Avant d’aller arpenter les boutiques bondées d’abrutis prêts à vous arracher un bras pour la dernière poupée « Barbie s’habille comme Klaus » ou le dernier Lego Harry Potter – Partouze à Poudlard, en rayon.
Je vous jure. A vous en faire détester les fêtes de fin d’année. A vous en donner envie de clouer de rage le p’tit Jésus sur un bout de bois.

Et chez moi, la phrase qui revient constamment, c’est :
« Papa, j’veux un chien »

Moi, clairement, j’suis pas pour. Le clébard qui va me pourrir mes fauteuils, bouffer mes groles ou chier dans mes pots de fleur, il a toutes les chances de terminer écorché vif et transformé en slip de peau façon Rahan. Ouais, j’suis dans ma période préhistoire en ce moment. Selon ma femme, j’ai déjà le caractère du primate en rut, donc ça colle plus ou moins.

« Papa, j’veux un chien »

Et puis sortir en pleine tempête pour que le toutou à sa mémère aille renifler tous les réverbères, avec le sac plastique en poche pour ramasser l’étron dégoulinant, c’est pas trop mon truc. Surtout les jours de diarrhée.

« Papa, j’veux un chien »

Faudra l’emmener en vacances. Et ça prend de la place dans la voiture. A la limite, on l’attache à la boule du pare-chocs, mais 1000 Km à 130Km/h, il a quand même intérêt à avoir un sacré entraînement, le Youki. Parce que paraît qu’on n’a pas le droit de le mettre dans le coffre de toit. « C’est inhumain ». « Oui mais c’est un chien, donc ça va ? » « Non, c’est inhumain pareil » « Ah bon. » « Oui, le chien a des droits » « On peut pas le bouffer non plus alors ? » « Non, c’est interdit pareil ». « Ah merde. Je le retire du feu alors ? »

« Papa, j’veux un chien »

Bon. D’accord.

imageMais d’abord on fait un essai. Histoire de voir si on est compatible avec un clebs. Le lendemain, donc, je suis parti voir un pote qui m’a prêté son p’tit toutou. Tout mignon tout doux.
« Euh… chéri… » m’a dit ma femme quand je suis rentré. « Oui ? ». « C’est pas un chien, ça. »
Alors moi j’ai dit que si. C’est tout pareil. C’est un Canis lupus de Sibérie que mon pote qui bosse au zoo m’a passé pour deux jours. C’est la même famille que les chiens. Bon, d’accord, à première vue, on a du mal à voir le rapport avec un chiwawa. Mais c’est la même espèce. De loin, certes. Mais ça a du Canis tout pareil dans le nom latin. En plus, il s’appelle Câlin. C’est forcément un gentil toutou.

Comme il grognait et qu’il avait commencé à attaquer le pied de chaise en fer forgé, je me suis dit qu’il avait envie de faire ses besoins et je suis donc parti le promener.

« Alors, ça s’est bien passé ? » m’a demandé ma femme quand je suis revenu. « Oui, très bien » j’ai répondu. « Vous avez rencontré du monde ? » « Oui, j’ai répondu, on a rencontré ton amie Sophie, elle promenait son Braque de Weimar. » « Et ils se sont bien entendu ? » « Non, pas trop. » « Je m’en doutais. Il lui reste un bout de laisse entre les dents, à ton Câlin ». « Mouais… Du coup, je fais quoi, je le ramène au zoo ? » « Oui, vaut mieux. ».

imageVous me connaissez, je ne baisse pas les bras facilement. J’ai donc, le lendemain, retenté l’expérience. Avec un autre Canis, mais sans Lupus dans le nom latin cette fois-ci.
« Il s’appelle comment ? » m’a demandé ma femme. « Pilou » j’ai répondu. « Et c’est quelle race ? » « Un American Pit Bull Terrier. C’est mon pote Antoine qui me l’a prêté. Tu sais, celui qui habite à Trappes. » « Et c’est pas un chien interdit, ça ? » « J’sais pas. Moi, tout ce que je sais, c’est que les gens ont quand même tendance à filer des noms à la con à leurs clebs. »

Et comme Pilou grognait et qu’il avait commencé à attaquer le pied de chaise en fer forgé, je me suis dit qu’il avait envie de faire ses besoins et je suis donc parti le promener.

« Alors, ça s’est bien passé ? » m’a demandé ma femme quand je suis revenu. « Oui, très bien » j’ai répondu. « Vous avez rencontré du monde ? » « Oui, j’ai répondu, on a rencontré ton amie Sophie, qui faisait du cheval. Elle montait celui qui s’appelle Gaïa. » » « Et ils se sont bien entendu ? » « Non, pas trop. » « Je m’en doutais. Il lui reste un bout de licol entre les dents, à ton Pilou ». « Mouais… Du coup, je fais quoi, je le ramène à mon pote ? » « Oui, vaut mieux. ».

Vous me connaissez, je ne baisse pas les bras facilement. Même après deux échecs. J’ai donc, le lendemain, retenté l’expérience. Cette fois-ci, ma femme m’avait conseillé de prendre plus petit, plus « gérable » comme chien. Alors moi j’ai répondu que les deux précédents, j’avais réussi à gérer grave, mais elle m’a fait les gros yeux et quand elle fait les gros yeux comme ça, vaut mieux pas insister, alors j’ai pas insisté.

image« Il s’appelle comment ? » m’a demandé ma femme. « Terminator » j’ai répondu. . « Et c’est quelle race ? » « Un Griffon Bruxellois. C’est la voisine d’un pote qui me l’a prêté. Elle a 92 ans. Il a pas l’air comme ça… enfin si… il a surtout l’air con, seulement paraît que c’est une vraie terreur. »

Comme il grognait et qu’il avait commencé à se frotter contre le pied de chaise en fer forgé dans l’espoir de se reproduire, je me suis dit qu’il avait envie de faire ses besoins et je suis donc parti le promener.

« Alors, ça s’est bien passé ? » m’a demandé ma femme quand je suis revenu. « Oui, très bien » j’ai répondu. « Vous avez rencontré du monde ? » « Oui, j’ai répondu, on a croisé le père d’un copain de classe de notre fille qui promenait son chien aussi. » « Ah tu vois, les chiens, c’est bien pour le côté social » m’a-t-elle dit. « Oui, c’est bien, ça, le social. En plus, tu sais, c’était, le père qui répond jamais quand on le salue. Celui qui, quand tu parlais à la maîtresse, s’était foutu entre elle et toi sous prétexte qu’il était pressé et que ce qu’il avait à dire était plus important… ». « Ah, celui-là… Et alors ? Vous avez discuté ? ». « Un peu. Mais on ne s’est pas très bien entendu, j’en ai peur, surtout quand Terminator a décidé de se frotter sur sa jambe à lui. Du coup, le ton est un peu monté. » « Je m’en doutais. Il te reste un bout de blouson entre les dents. »

Finalement, on n’aura pas de chien. Moi après ces trois essais, j’étais grave chaud, hein. Mais ce sont ma femme et mes filles qui ont décidé, d’un commun accord sans moi, qu’on était incompatible avec un chien. Enfin que moi, surtout, j’étais totalement incompatible avec les chiens. Alors moi j’ai répondu qu’on pouvait prendre un chat, que pour tester, j’pourrais demander à mon pote du zoo, qu’j’en avais vu un bien qu’avait l’air sympa, tout orange avec des rayures comme dans Winnie l’Ourson. Mais finalement, elles ont conclu que je n’étais pas compatible avec les animaux en général. « Même une tortue ? » j’ai demandé ? « A la limite », elles ont dit. « Y’a pas de risque avec une tortue », elles ont ajouté.

Ça tombe bien, j’ai un pote qui va m’en prêter une pour tester. Enfin, il a pas vraiment de tortue, mais un truc pareil, qui vit dans l’eau et aussi sur la terre ferme, et qui pond des œufs.

image

 

 
image

 

 

 

 

Home

 

 

Commentaires

Ecrit par 10r le 10/12/2018 à 10:40

 

1

avatar

Inscrit le 18/03/2010

Voir le profil

smiley 25

4716 Commentaires de news

Ecrit par clayman00 le 11/12/2018 à 16:18

 

2

avatar

Inscrit le 03/01/2012

Voir le profil

smiley 33

6627 Commentaires de news


Ajouter un commentaire

Vous devez être inscrit sur le site pour poster un commentaire

35617-adopter-chien-noel-cadeau-essais