L'Edito du dimanche

 

Publié le Dimanche 16 décembre 2018 à 12:00:00 par Cedric Gasperini

 

L'Edito du dimanche

Omnia vincit amor

imageDernièrement, un évènement m’a fait prendre conscience de la nécessité de poursuive mes efforts d’adaptation à la société actuelle. Oui, parce que j’ai, il paraît… ou du moins c’est ce que le policier m’a dit la dernière fois… tendance à « sur-réagir aux stimuli extérieurs ». Alors moi j’ai répondu que je réagissais juste à la connerie extérieure de manière à promouvoir le bon-vivre, le civisme et le respect de la personne, mais on m’a répondu que non, expliquer à un mec à coups de panneaux de signalisation dans la gueule qu’il faut respecter les stops, c’est un peu exagéré comme réaction.
Alors moi j’ai ajouté que ça dépend du point de vue, mais on m’a rétorqué que non, de n’importe quel point de vue, l’empalement au panneau stop, c’est un tantinet barbare.

Mais bref. Je n’avais pas forcément conscience de cette problématique jusqu’à il y a quelques jours. Je vous explique. Je roulais en voiture, pépère, peinard. Si, si. Je vous assure. Je suis d’un calme Olympien lorsque que je conduis.
A peine pestais-je contre les abrutis de la route qui s’amusent, au choix, à remonter la file de 3 ou 4 voitures pour passer au feu rouge, ou qui doublent en plein virage.
Toujours très calme et extrêmement mesuré, vous me connaissez, je soulignais à ma fille cadette l’importance de rétablir la peine de mort pour ces types et me lançais dans un exposé léger et virevoltant sur l’esthétisme des tortures médiévales et leur efficacité incontestable. En général, lui expliquais-je à grands renforts de détails, quand tu es pendu avec tes propres tripes, tes testicules dans la bouche, tu sais que la prochaine fois, tu laisseras traverser les gens sur le passage piétons au lieu de passer en trombes en manquant de renverser un gamin.

Finalement, soucieuse de conclure une discussion qui lui échappait sur le fond comme sur la forme, ma fille me lança un « Tu sais, papa, moi qui te connais depuis longtemps, je sais que tu es quelqu'un de dangereux ».

Le choc.

Moi, si doux, si calme, si amical et sympathique. Trahi par ma propre progéniture. Mon propre sang. Tu quoque puellae.

Sans oublier Nemo me impune lacessit. Mala malus mala mala dat. Pater familias. Quieta non movere. Sinite parvulos venire as me.

Et morituri te salutant au passage. Mais juste parce que je l’aime bien, celle-là.

imageAlors rapidement, voyant mon trouble puisque je m’étais subitement retourné vers elle, manquant d’écraser au passage  une vieille qui marchait sur le trottoir avec son déambulateur, une mère de famille avec une poussette, deux chiens, un sanglier et huit pigeons, ma fille pensa qu’il était sage de préciser que je suis quelqu’un de dangereux pour les autres, pas pour ma propre famille. C’était dit dans l’esprit de « je suis en sécurité avec toi parce que tu dégages quelque chose de rassurant pour moi et de dangereux pour les autres ».

Mais quand même. Ça vous fout un coup d’entendre ce genre de choses. Moi, si doux, si calme, si amical et sympathique, qui ne manque jamais de sourire aux gens que je croise et notamment aux enfants…

Le soir-même, je racontais l’anecdote à ma femme. Comme toute bonne épouse désireuse de soutenir son mari affecté au plus profond de son être par un sérieux doute existentiel, elle me rassura en m’expliquant que « à ton avis, pourquoi personne ne nous invite plus à dîner ? La dernière fois, t’as giflé le fils de nos meilleurs amis parce qu’il chantonnait du Maître Gims. T’es un grand malade, faudrait t’enfermer.»
Alors moi j’ai répondu que j’avais été vachement mesuré en ne lui collant qu’une baffe alors que ça méritait un grand coup de pied dans les couilles, mais elle a haussé les épaules et est repartie devant la télé en ajoutant un « Je te hais de toute manière, comme tout le monde d’ailleurs ». Moi, pendant ce temps-là, je terminais de nettoyer la vaisselle. En cogitant.

imageParce que ça m’a remué, cette histoire. Depuis, je dors mal. Je m’interroge. Ultima ratio regum disait Richelieu. Mais Pax vobiscum quand même, non ? Amor vincit omnia.

Et Beati pauperes in spiritu au passage. Mais juste parce que je l’aime bien, celle-là.

J’ai donc pris une décision radicale. Je vais être gentil.

Enfin, je vais faire un essai. Jusqu’à Noël. Serviable, aimable, dévoué. Je vais me refaire un karma pendant une dizaine de jour. A l’écoute de mon prochain. Je vais l’aider. Le soutenir. Je vais devenir un type sympa, amical, jovial. Un vrai papa Noël avant l’heure.

Bienheureux sois-tu, tu qui va me croiser ces prochains jours.

On en reparle la semaine prochaine pour faire un point ?

 

 
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Commentaires

Ecrit par dieudivin le 16/12/2018 à 14:05

 

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Edito
A bove ante, ab asino retro, a stulto undique caveto
« Prends garde au boeuf par devant, à l'âne par derrière, à l'imbécile par tous les côtés. »

Rassure toi Cedric. Vu le nombre de locutions latine suggérant de se méfier de la connerie humaine, je pense que depuis l'antiquité des gens on été confronté aux même problèmes que toi.
Tes réponses à tes problèmes existentielles doivent probablement exister dans des récits antiques smiley 54

4293 Commentaires de news

Ecrit par Mikis le 16/12/2018 à 21:28

 

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Bienheureux sois-tu, tu qui va me croiser ces prochains jours.
Cassez-vous tous en France périphérique et fermez vos volets !

1342 Commentaires de news

Ecrit par Othros le 18/12/2018 à 14:34

 

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Challenge échoué mon petit Cédric :/

1 Commentaire de news


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