L'Edito du dimanche

 

Publié le Dimanche 13 octobre 2019 à 12:00:00 par Cedric Gasperini

 

L'Edito du dimanche

Casse pas les couilles

imageSérieusement ? Même le jour de mon anniversaire, je dois écrire un édito ? Je ne pourrais pas simplement m’avachir sur le canap’ et mater le téléshopping dans le but de commander le mega-set de poêles à usage unique, le robocook à pédales ou la couette à bras en plumes de hérisson, le tout en sirotant un Pure Malt 18 ans d’âge parce que, hein, il faut bien l’avouer, se taper du 18 ans d’âge, c’est rond, c’est ferme, ça glisse sur la langue ?

Alors oui, d’accord, tout le monde l’attend, l’édito. C’est la récréation hebdomadaire, les hommes se prosternent à chaque ligne et les femmes se caressent à chaque phrase. Pour preuve ils se placent régulièrement dans les articles les plus lus, ils sont incontournables, ils sont l’identité même du site, blablablabla.
Vous pourrez dire ce que vous voulez mais quand même. Le jour de mon anniversaire, quoi. Et si j’arrêtais là l’édito, qu’on se prenait tous par la main pour faire une grande farandole, chanter en chœur pour l’occasion, et bien entendu se faire des câlins et des bisous ? Et puis à la limite, si y’a un bon feeling, on s’encule.

imageNon ? C’est quoi qui vous gêne dans cette proposition ? Le fait de tous chanter en chœur ?

Donc voilà. J’ai 46 ans aujourd’hui, youkaïdi youkaïda. Toujours un peu moins de cheveux, toujours un peu plus de rides, toujours un peu plus de poils blancs dans la barbe et toujours un peu moins de netteté dans les yeux. Je passe désormais mon temps à me demander où j’ai bien pu ranger mes lunettes, mes clefs de bagnoles, mon larfeuille ou mes enfants.
Ne faites toutefois pas l’erreur de me prendre pour un petit vieux perclus d’arthrite et le dos voûté par des années de dur labeur. Déjà parce que chez moi, ce n’est pas le labeur qui est le plus dur. Ensuite, parce que sous cet aspect d’homme marqué par les années se cache en réalité un type capable de vous enfumer sur une course de fond, de vous mettre minable à un concours de pintes (avec option championnat du monde s’il s’agit de Guinness) et surtout capable de virevolter comme un cabri sous acide. Je cache bien mon jeu. Mais une pratique régulière de l’hélicobite en compétition internationale m’offre une condition physique remarquable pour mon âge.

Et des couilles bien fermes aussi mais ça, c’est un autre sujet.

Bref. J’ai 46 ans aujourd’hui et ça ne change rien. Je suis toujours cet être dérangeant et immature. D’ailleurs, bien souvent dérangeant parce que parfaitement immature. Mais j’aime ça. Ça fait aussi partie de mon identité. Au même titre que mon incommensurable intelligence et mon impressionnante culture. Ou encore ma modestie. Cela dit, hein, c’est mon anniv. Alors j’ai le droit de me lancer des fleurs. Et puis si je ne le fais pas, qui le fera ?

imageImmature. Pour ne pas dire complètement con. Je le revendique pleinement. Et je n’y peux rien. Moi, jouer les papas modèles, ça m’emmerde. Le petit gamin en culotte courtes, en pull sans manche et la raie au milieu, qui reste bien à côté du caddie sans moufeter pendant les courses parce qu’on l’a élevé comme ça, ça m’emmerde. Un futur dépressif doublé d’un futur psychopathe.
Non, franchement, si j’avais eu envie d’être chiant avant l’âge et d’avoir des gamins ratés, je les aurais appelé Arthur ou Louis si j’avais eu des garçons. Ou encore Théodore. Enfin truc de vieux, quoi. Et j’aurais pu même carrément taper dans l’identité régionale ridicule, genre Riwan, si j’avais été un buveur de chouchen. Non, je vous en prie, c'est gratuit. J'avais envie de m'offrir comme cadeau, un petit lot de mails haineux.

Mais perso, j’ai toujours suivi un chemin de traverse. Par exemple, j’ai appris à mes gamines comment répandre des petits pois surgelés sur le chemin des petites vieilles au rayon confitures. Double effet Kiss Cool puisqu’une fois décongelés, les petits pois se transforment en purée ultra-glissante. Et qu’un pot de confiture, ça tombe direct de l’étal quand on essaie de s’y rattraper.
Quand je les emmène au lac, ce ne sont pas des morceaux de pain que je leur apprends à jeter aux canards, mais des pavés.
imageJ’leur ai appris à accrocher des boîtes de conserve vides à la queue des clébards qui aboient trop fort. Ou pleines. A la queue des enfants qui, eux aussi, aboient trop fort.

Voilà longtemps que j’ai remplacé les posters de Cendrillon et de la Reine des Neiges par ceux d’Iggy Pop et Johnny Rotten dans leurs chambres. Voilà longtemps que j’ai remplacé « Petit Ours Brun » par « L’art de mettre un coup de pied dans les couilles » dans leur bibliothèque. Voilà longtemps que j’ai remplacé « Libéré délivré » par « Anarchy in the UK » dans leur playlist.

Punk’s not dead, baby. Même à 46 ans. Punk’s not dead.

Allez. Sur ce, bon anniversaire à moi. On n’a pas fini de casser les codes.

Et les couilles.

 

 
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Commentaires

Ecrit par AL-bondit le 13/10/2019 à 19:22

 

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Joyeux anniversaire smiley 20

98 Commentaires de news

Ecrit par Papa Panda le 14/10/2019 à 09:54

 

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Inscrit le 26/03/2014

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condoléances

1476 Commentaires de news

Ecrit par 10r le 14/10/2019 à 13:15

 

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Inscrit le 18/03/2010

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Bin ouais... no future smiley 13

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