L'Edito du Dimanche

 

Publié le Dimanche 14 novembre 2021 à 12:00:00 par Cedric Gasperini

 

L'Edito du Dimanche

Petite dépression ?

imageEncore une fois, je me suis retrouvé devant une page blanche, les yeux fixant désespérément l’écran et les mains caressant le clavier à la recherche d’une quelconque inspiration. Au bout de 5 minutes à effleurer chaque touche délicatement, à tel point que s’il avait été vivant, nul doute que mon clavier aurait triplé de volume, je me suis rendu à l’évidence : « flûte, zut, saperlipopette, cette semaine encore point d’inspiration je n’ai ». Enfin ça, c’est la version romancée. La version réelle était plus du style « putain de chier sa race de couille, qu’est-ce que je peux raconter cette semaine comme connerie dans mon putain d’édito de sa mère ». Enfin, à peu près. Il y a peut-être eu un « putain » et un « chier la bite » de plus dans la phrase, je ne me souviens plus des termes exacts.

Et c’est là que j’ai eu une superbe idée. Lumineuse. Brillante. Splendide. Exceptionnelle. Tout à l’image de mon incommensurable génie. Sur le coup, c’était tellement grandiose que je me suis demandé pourquoi je ne l’avais jamais eue ! Une inspiration remarquable. Etincelante. Formidable.
J’ai donc laissé mes doigts taper au hasard sur le clavier quelques lettres dans le but de former des mots incongrus qui, sans nul doute, me donneraient l’impulsion nécessaire pour débuter cet édito.
imageBon. Après avoir écrit « jhlgmqù$=(çàimkdklmqshmùqze », je me suis rendu quand même compte que c’était en réalité une bonne grosse idée à la con.

Retour à la case départ.

Bon. Dans ces cas-là, je me tourne vers ma chère, tendre et aimante épouse. Elle est toujours de bon conseil. Elle jette quelques idées en l’air et je sautille comme un cabri pour les attraper au vol. C’est une image, bien entendu. Pour les idées en l’air, parce qu’en vrai, je sautille effectivement comme un cabri chez moi. Cette fois-ci, pourtant, ses propositions n’ont pas été à la hauteur de mes attentes : « t’as qu’à faire un édito sur les connards de maris qui décident d’écrire leur édito pile quand je dis qu’il faut passer l’aspirateur dans la maison. »
Pas mieux chez mes gamines, cela dit, hein : « t’as qu’à faire un édito sur les mauvais pères qui décident d’écrire leur édito pile quand il y a un lave-vaisselle à vider. »

Je vous jure, j’ai été à deux doigts vous écrire un édito sur le génie créateur brimé par la superficialité féminine. Et puis je me suis rappelé que 60% des lecteurs de l’édito sont les lectrices. Et que j’ai mal au dos et je ne suis pas trop chaud pour dormir sur le canapé cette nuit. En plus, le plaid est trop petit, j’ai les pieds qui dépassent.

Résultat, je suis retourné dans mon petit bureau, j’ai fermé la porte et j’ai lancé ma musique en aléatoire. Paf. Dreams Never End. New Order. 1981. L’année de l’élection de François Mitterrand. A une époque où, pour les présidentielles, il n’y avait pas d’extrême-droite. Chanson suivante. Take On Me de A-ha. 1985. Année de création de « Touche pas à mon pote », le fameux slogan décliné en pin’s, écrit en noir sur une main jaune. Tous égaux. Tous unis contre la xénophobie. Chanson suivante. Sunday Bloody Sunday tiré du Live Rattle & Hum. U2. 1988. L’année de la réélection de François Mitterrand. L’extrême-droite avait tapé 15% au premier tour. La claque. Le coup de massue. Mais qu’a-t-il bien pu se passer en 7 ans ? Pire. imageQu’a-t-il bien pu se passer en 40 ans pour qu’on flirte avec les 35% aujourd’hui ? Est-ce que je dois ressortir mon blouson en jeans, mon bandana, mes Stan Smith et défiler dans la rue en chantant l’Aziza (je vous rappelle que la chanson est un hymne antiraciste, une ode à la diversité) ? Je vous jure que j’suis prêt à le faire.

C’était mieux avant. Tant pis si j’fais vieux croûton en lançant ça. Mais j’suis sûr que c’était mieux avant. D’abord, il y avait moins de cons. Alors si. C’est mathématiques, vu qu’il y avait moins d’humains. Mais y’avait moins de cons quand même. Ou alors on les entendait moins et c’était très bien comme ça. Moins de pourritures égoïstes qui piétineraient leurs mères avec leurs baskets à 400 balles juste pour un Kinder Bueno de merde.
Purée, ça me manque les années 80. Cyril, Alex, Pilou, Olivier et les autres. Vous me manquez, les potes. Y’a des fois, je me dis que je serais même prêt à porter la coupe mulet si je pouvais retourner dans ces années-là. Non mais ne cherchez pas. Je n’ai jamais eu de coupe mulet. Y’a des limites, tout de même.

Reste que là, tout de suite, j’suis toujours dans mon bureau. Face à ma page blanche. Et que je n’ai toujours aucune idée d’édito. J’ai laissé mon esprit vagabonder vers de noires pensées. La musique vient de passer au Mambo du décalco, de Gotainer. Pour le coup, je me suis demandé si ça existait encore, ça, les décalcomanies. Et bien oui. Plus beaucoup, mais oui.

Je suis tombé sur un livre avec 600 décalcomanies de licornes.

Je l’ai commandé.

Je me demande si j’ferais pas une petite dépression, moi.

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Commentaires

Ecrit par jymmyelloco le 14/11/2021 à 12:30

 

1

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Inscrit le 03/05/2009

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Je me demande si j’ferais pas une petite dépression, moi.

Sors et défonces des passants à coup de hache, ça te détendra. Surtout en ce moment avec le paquet de connard qui arrive avec les élections.

3707 Commentaires de news

Ecrit par Quantum le 14/11/2021 à 22:28

 

2

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Inscrit le 08/05/2009

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met toi un tube des Sex Pistols ouvre toi une mousse, va dans une brocante pour trouver un vieux flipper et putain fait toi une room nostalgie ...

vais faire ça chez moi tien !

et passer quelques vacances au soleil :) que dieu sauve la reine smiley 7

652 Commentaires de news


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