L'Edito du dimanche

 

Publié le Dimanche 5 décembre 2021 à 12:00:00 par Cedric Gasperini

 

L'Edito du dimanche

Dead Poule

imageUne poule.

La réponse a surpris tout le monde, mais, oui, une poule.

Aussi étonnant que cela puisse paraître, j’ai été convié à une soirée étudiante. Aussi étonnant que cela puisse paraître, j’ai accepté d’y participer.
Mais attention… Même si ma mémoire n’est pas toujours étanche et si chaque jour qui passe m’éloigne un peu plus de cette époque, j’ai vécu moi aussi il y a quelques années mon lot de soirées étudiantes et je sais parfaitement comment ça se passe : j’avoue que me retrouver à boire du Monster Energy coupé à la mauvaise vodka, m’empiffrer de baguette de pain molle de supermarché, tartinée d’un pâté premier prix, voire me taper une assiette de mauvaises pâtes surcuites recouvertes de « presque Ketchup » et de « presque emmental râpé », est une expérience qui me tente franchement moyen.
On m’a toutefois rassuré rapidement : Au menu, bonne bière et flammekueches maisons. Même le lard des flammekueches viendra du boucher d’à-côté.

Bien. Ça fait plaisir de voir que le message concernant mes prérequis en matière de cuisine et de savoir-vivre a été retenu et surtout, qu’il est scrupuleusement suivi.

J’ai donc donné mon accord pour illuminer la soirée de ma glorieuse présence. Quant au rapport avec la poule, ne soyez pas impatient, j’y viens.

imageJe m’y suis donc rendu d’un pas alerte. Bon. C’est petit, un appart’ d’étudiant. J’avais un peu oublié quand même ce que ça fait de s’entasser à dix dans un salon aussi grand que mes chiottes. Mais tout s’est bien passé quand même. On m’a même laissé l’unique fauteuil. Je ne sais pas si c’est égard à mon grand âge, mais j’ai préféré y voir une certaine forme de respect. Doublé d’un peu de crainte, sans doute, mais gageons que c’était surtout du respect.

Les flammekueches étaient délicieuses et j’ai, tout de même, imposé le respect quant à ma consommation d’alcool que pas un étudiant présent n’a réussi – ni même tenté – de défier. Le tout en restant d’une sobriété impeccable. J’avais quand même un standing à tenir, hein. Quant au rapport avec la poule, ne soyez pas impatient, j’y viens.

Après le dessert, entre deux récits de mes expériences passées, un cours sur la dissection humaine et quelques conseils de frappe à la batte de baseball dans le but d’occasionner des fractures non ouvertes, la discussion s’est arrêtée sur un thème pseudo-philosophique à la mords-moi-l’nœud. Avec la question ridicule qui va bien, qu’on croirait issue d’un magazine féminin à la con, mais, hé, tout le monde n’a pas le bon goût de lire Playboy pour y trouver des sujets intéressants et profonds :

« Et si vous étiez un animal, lequel seriez-vous ? ».

imageJ’ai laissé les p’tits jeunes se gargariser dans des évocations de tigre, de panthère, de loup, d’aigle majestueux, de lama (oui, bon, mais il y avait Arthur à cette soirée), voire de lionne ou de cheval sauvage. Et à la fin, tous les regards se sont tournés vers moi, impatients de connaître ma réponse.

« Une poule ».

Oui, je sais. Ils s’attendaient plus à une réponse du style « un ours », un « jaguar », un « lion » voire même à « une chauve-souris » puisque ces saloperies sont responsables de la transmission à l’homme d’un sacré nombre de maladies (Ebola, SARS, Rage, Fièvre de Marburg, encéphalites…) ces dernières, je cite : « iraient bien avec ton caractère de psychopathe ».

Mais non. J’ai répondu « une poule ».

Mais attention ! Pas n’importe quelle poule ! Loin de moi l’idée de parader à coups de cotcot et me faire dilater l’anus par un œuf*. Non mais vous avez vu la taille d’un œuf par rapport à une poule ? Ce serait limite, à un niveau humain, comme si on démoulait un ballon de rugby ! Et tout ça pour que ça finisse en omelette ou au plat. En plus, c’est con, une poule. Ça a le QI moyen d’un électeur d’extrême-droite. C’est dire si c’est con, une poule.

Non, moi, ce que j’aimerais, ce serait être une poule, mais d’eau.

imageC’est chouette, une poule d’eau, avec ses petites papattes jaunes, son plumage noir et son bec rouge avec l’extrémité jaune. Ça me plairait bien d’avoir des plumes. Les poils, j’ai déjà essayé, merci ça va. Alors vous allez me dire que ça ne résout pas les problèmes de dilation anale. Mais déjà, un œuf de poule d’eau, c’est plus petit. En plus, une poule d’eau, ça peut être mâle. Alors bon.
Et puis la poule d’eau, elle s’en bat les steaks quand il pleut. Elle aime ça, la flotte. Et des fois, elle fait amie-amie avec les canards et les hérons. Et avoir un pote héron quand on est une poule d’eau, c’est quand même la classe. Et une poule d’eau, ça apporte du bonheur. A moi, en tout cas. J’en croise souvent, des poules d’eau, sur le chemin pour aller taffer, à l’autre bout de la France. Quand on a passé plusieurs jours à l’hôtel sans vraiment parler à qui que ce soit, ben croiser des poules d’eau le matin, le long de la rivière, ça devient vite un petit plaisir quotidien.

Bref. J’aimerais bien être une poule d’eau.

….

Euh…

Je me demande si j’ferais pas une petite dépression, moi.




*Oui parce que vous ne le savez peut-être pas, mais une poule, ça n’a qu’un seul trou pour tout faire.

 

 
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Commentaires

Ecrit par Quantum le 05/12/2021 à 16:19

 

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Sophie Pétoncule est une poule d'eau, une fois de plus elle s'est noyée dans un verre d'eau

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