L'Edito du Dimanche

 

Publié le Dimanche 17 avril 2022 à 12:00:00 par Cedric Gasperini

 

L'Edito du Dimanche

Vous reprendrez bien du chapin ?

imageQuand j’ai un moment, j’aime bien jouer avec les démarcheurs téléphoniques. Bon, il faut, d’une part, avoir un peu de temps devant soi, d’autre part être joueur. Et si vous voulez une part supplémentaire, j’ajouterais qu’il faut aimer emmerder le monde. Mais d’un autre côté, hein, j’dirais quand même que « c’est eux qu’ont commencé, d’abord, na. »

Le coup le plus culotté, et qui demande un excellent timing et un certain talent d’acteur, c’est d’arriver à les faire rester au téléphone le plus longtemps possible tout… en les mettant en attente. Pour ça, il faut les appâter. Alors qu’ils ont commencé leur laïus, vous les arrêtez en leur expliquant que vous êtes super intéressés, carrément, mais s’ils peuvent juste attendre vingt secondes, que vous les mettez en attente parce que vous avez un mail ultra urgent à envoyer. Au bout d’une bonne quarantaine de secondes, vous les reprenez pour leur laisser débiter leur argument. Il faut les laisser parler plus que la première fois, avant de les couper une nouvelle fois. Ce qui marche très bien c’est un « mince, j’ai un appel de l’école, ma fille a une maladie grave donc je dois absolument répondre, ne quittez pas, mais ça m’intéresse vraiment, je vous reprends juste après ». Et bim. Une minute d’attente supplémentaire. Avec un petit « fausse alerte, mais ils me rappellent dans deux minutes », vous pouvez le placer deux ou trois fois, celui-là. En leur racontant que votre gamin(e) est très malade, du genre il (elle) se remet d'une leucémie, et en racontant quelques détails, le démarcheur n'osera pas vous raccrocher au nez tout de suite, pathos oblige.
Ce que je fais aussi quand je les fais attendre, c’est que je pose mon téléphone juste à côté de l’enceinte de mon PC et je leur passe de la musique. Il faut bien la choisir. Un truc avec des paroles à la con, ça les tient mieux en haleine. Et au fil du temps, vous les remettez régulièrement en attente. Une fois, j’ai réussi à en faire tenir un près d’un quart d’heure. Mais ils raccrochent forcément au bout d’un moment.

imageVous avez aussi l’option psychopathe. J’aime bien celle-là. Je l’utilise souvent pour les formations. Et bien croyez-le ou pas, mais les formations « tuer des animaux vivants, mais pas forcément dans un abattoir parce que je préfère le travail au grand air », ils n’ont pas. « Apprendre à fabriquer des explosifs ou des cocktails molotov » non plus. Et vous lâchez très sérieusement, un « mince, ça aurait réglé les problèmes de voisinage ». Lancez un « mais vous n’avez rien comme formation pour apprendre à tuer des trucs ? ». Bien entendu, la boucherie, c’est hors de question, les animaux sont déjà morts et « je sais déjà découper des corps ».

C’est à ce moment-là qu’il faut que je revienne à mon idée première d’édito. Non parce qu’à la base, vous pensez bien qu’un dimanche de chocolat, je n’avais pas spécialement envie de vous parler de démarchage téléphonique. Mais suivez un peu le cours de ma pensée.

imageJ’ai déjà pensé à Pâques, bien entendu. Alors rien à avoir avec la découpe des corps, hein. Même si la question mérite d’être posée : si Jésus avait été vidé façon momie, avec les viscères dans un Tupperware, le cerveau dans un autre… comment se serait passée la résurrection, hein ? Non parce que les Tupperware, c’est quand même vachement hermétique, comme truc.
Mais bon. Ne nous éloignons pas du sujet. J’ai donc déjà pensé à Pâques. Ce qui m’a fait penser au Chocolat. A la chasse aux œufs. Au fait que moi, le chocolat, je m’en cogne. J’suis pas fan. Et le premier qui pour déconner me planque mes bouteilles de whisky dans le jardin pour que je les cherche, justement, j’lui fais une Jésus : à défaut de croix, j’trouverai bien une porte de grange pour le crucifier. Mais bref. Je m’égare encore. La chasse aux œufs. Sauf que moi, les œufs, j’m’en balance. A la limite, un lâcher de lapins de Pâques dans le jardin, mais des bien vivants ceux-là, j’suis pour. J’ai mon lance-pierre ou à défaut, ma batte de baseball. Et si y’a pas de lapin, y’a toujours les chats des voisins. Ce qui m’a fait penser au fait que le lapin et le chat, ça a le même goût. Si, si, croyez-moi sur parole. Ce qui m’a fait penser ensuite qu’ils ont un autre point commun : ça se dépèce de la même manière. Accroché par les pattes de derrière, vous découpez au niveau des pieds et vous n’avez plus qu’à tirer la fourrure, ça vient tout seul. Si vous voulez faire ça proprement, une petite incision abdominale permettra d’avoir une belle fourrure bien plate pour vous faire ensuite une paire de moufles ou de chaussons. Des chaussons en fourrure de lapin, ça chie la classe. Et en fourrure de chat, je ne vous dis pas.

Ensuite, j’ai pensé à la découpe du chapin. Enfin, du chat ou du lapin, quoi. Ce qui m’a fait penser aux conneries que je raconte aux démarcheurs qui veulent me refourguer une formation.

CQFD.

Et le premier qui me fait une seule réflexion en me traitant de psychopathe avant d’aller se taper un gigot d’agneau pour respecter la tradition, je vous rappelle que l’agneau, ça a quand même cette gueule-là :

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Et bon appétit, hein…

 

 
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Commentaires

Ecrit par 10r le 17/04/2022 à 13:57

 

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En plus ça ressemble au goût de bambi

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