L'Edito du Dimanche

 

Publié le Dimanche 19 juin 2022 à 12:00:00 par Cedric Gasperini

 

L'Edito du Dimanche

La veuve poignet

imageDans mon travail, il y a une partie du corps dont je dois impérativement prendre soin. C’est essentiel pour pouvoir l’exercer sans problème. Dans le cas contraire, je risque de me retrouver en grande difficulté. Mais quelle est cette partie du corps ?

Et non, ce ne sont pas les baloches.

Alors oui, le ton du site pourrait laisser penser que, quand tant d’autres se contentent de brosser les acteurs du marché dans le sens du poil dans l’espoir d’attirer de gros budgets pubs, pour bosser sur Gamalive, il faut des cojones grosses comme des melons. Mais en fait, non. Pas d’elephantiasis testiculaire chez nous. Il faut seulement deux choses de plus en plus rares dans ce métier : de l’honnêteté et des convictions.
Et puis, si vraiment les baloches étaient la partie primordiale du corps pour le site, pensez-vous que je les martyriserais autant, à les frapper contre un mur en crépi de désintérêt (parce que « s’en battre les couilles », nous, on l’applique au premier degré) ou à vous raconter le plaisir de courir nu dans les hautes herbes, au risque de se choper des tiques et autres piqûres de p’tites bébêtes ? Vous avez déjà retiré une tique grosse comme le pouce d’un testicouille, vous ? Hein ? Bon alors.

Et non, ce n’est pas la tête non plus.

imageEncore une fois, le ton du site, et plus particulièrement les éditos, laisse deviner que « un esprit sain dans un corps sain » n’est pas particulièrement la devise phare de Gamalive. Si on devait coller une devise sur le fronton de nos bureaux, ce serait plutôt « Un esprit pas trop sain dans un corps qui ne l’est pas vraiment non plus ». Et on mettrait en tout petit, en dessous « alors ressers-moi un whisky avant que je m’énerve ».
Vous me direz, c’est toujours mieux que « Arbeit macht frei », la citation qui fait frémir d’un bonheur emprunt de nostalgie l’extrême-droite, et je dis ça, ce n’est pas parce que c’est journée de vote aujourd’hui. Je n’ai d’ailleurs pas plus de considération pour l’autre extrême à la figure de proue tout aussi détestable et ridicule, et dont le plébiscite récent continue de me convaincre de la stupidité globale ambiante.

D’ailleurs, ce dernier paragraphe devrait aussi plaider en la preuve qu’il n’y a pas d’esprit sain chez nous. Ni de saint esprit d’ailleurs. Puisque ce genre de prise de position ferme a plutôt tendance à nuire à notre tranquillité et nous attirer bon nombre de mails d’insultes et de menaces.

Non, la partie du corps dont je dois impérativement prendre soin, ce sont… mes mains.

imageMais oui, c’est évident. Vous pourriez faire l’effort de réfléchir un peu, quand même. Qui dit main abîmée ou indisponible, dit pas de souris ou de clavier, pas de manette, pas de possibilité d’écrire, ni de tester. Et pire : pas de possibilité de déboucher une bouteille. C’est fou ce que ça peut être handicapant, d’avoir une seule main.
Et c’est justement ce qui m’arrive en ce moment. Depuis deux jours, allez savoir pourquoi, j’ai une douleur insoutenable au poignet gauche, que je ne m’explique pas. Impossible de le bouger, impossible même de l’appuyer quelque part ou de le poser. Ça me fait un mal de chien. Pire : je ne comprends pas comment je me suis fait ça. C’est comme si j’avais voulu jouer les Karate OldKid et péter une planche de bois avec la main, sauf qu’au dernier moment, j’ai échangé la planche de bois avec un bloc de béton armé.
Seulement d’une part, je n’ai aucune raison de faire ça. Si je dois péter des trucs avec la main, c’est plutôt des gueules qu’une planche. D’autre part, si dans un délire éthylique j’avais quand même voulu le faire, j’aurais plutôt utilisé la main droite, vu que je suis droitier. Et enfin, je n’ai pas de parpaing en béton armé chez moi. Du tout. Le dernier, il m’a servi à lester un corps et j’attends une nouvelle livraison pour la fin de semaine prochaine.

En attendant, je me retrouve comme un con, à ne plus pouvoir rien faire à la maison. Ou du moins, ce que j’arrive encore à faire, me prend 3 fois plus de temps. J’aimerais vous y voir, vous, ouvrir une bouteille de whisky avec les dents. Ou encore, taper cet édito avec une seule main. J’ai l’impression d’être un gendarme qui prend une déposition, tiens. J’ai l’impression d’être le Jamel Debbouze de l’édito.

Bref, je suis tout cassé.

J’ai mal.

Aïe.

 

 
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Commentaires

Ecrit par 10r le 19/06/2022 à 12:21

 

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Fracture de la main gauche.. encore 2 semaines pour ma pomme smiley 32

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