L'Edito du Dimanche

 

Publié le Dimanche 12 février 2023 à 12:00:00 par Cedric Gasperini

 

L'Edito du Dimanche

Elle venait d'avoir 18 ans...

Ma fille aînée a 18 ans. Aujourd’hui même.

Je pourrais vous faire un long paragraphe sur le temps qui passe. Sur ces années qui filent et défilent à une vitesse si folle que le temps semble manquer pour profiter pleinement des jours anciens et heureux. Je pourrais vous faire un long paragraphe sur ces 18 années qui se sont enfuies en un claquement de doigt quand on aurait aimé qu’elles s’écoulent doucement, lentement, patiemment, en savourant chaque instant. Je pourrais vous faire un long paragraphe sur les affres paternelles et la difficulté, chaque jour, d’en assumer le rôle. Je pourrais vous faire un long paragraphe sur les joies immenses, sur les inquiétudes profondes, sur les exaspérations absolues, sur les colères noires, sur les rires merveilleux, sur la tendresse infinie. J’aurais pu me moquer, tout en y croyant fermement, de cette phrase bateau que chaque parent dit un jour « Mon Dieu que le temps passe vite… ».

Je revois encore ce bébé à la bouille joviale, ses grosses joues pleines de sourires, ses jolis yeux rieurs, ses babillements rigolos. Je repense à ses câlins si affectueux, si pleins d’amour, ces séances de chatouilles, ces heures passées à la veiller avec une bienveillance que je ne me connaissais pas, ce plaisir à m’occuper, mais surtout découvrir ce petit être magnifique. Endosser ce nouveau rôle n’aura pas été de tout repos, n’aura pas toujours été simple, aura parfois été angoissant, mais quand je me retourne sur ces années, je me souviens surtout du plaisir de ces instants, du bonheur et d’un tout nouvel amour.





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Je revois encore cette petite fille, à la bouille joviale, ses grosses joues pleines de rire, ses jolis yeux dans lesquels n’importe quel père se serait noyés. Je repense à ses câlins si tendres, si pleins d’amour, ces séances de chatouilles, encore et toujours, ces heures à passer à jouer, à lui faire découvrir le monde en la protégeant du mieux que possible, les premiers froncements de sourcils, aussi, parce qu’une leçon, ça s’apprend, parce qu’on ne dessine pas sur un mur… mais surtout, la découverte d’une enfant gaie, globalement sage et pleine d’une joie communicative. C’est un autre rôle qu’il aura fallu découvrir, avec ses hauts et ses bas, ses moments d’exaspération ou ses doutes, mais quand je me retourne sur ces années, je me souviens surtout du plaisir de ces instants, du bonheur et de cet amour qui n’en finit plus de grandir.

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Je revois encore cette jeune adolescente dont la bouille a disparu mais la jovialité est restée, dont le rire s’affine sur un humour qu’aujourd’hui encore, je n’arrive pas à cerner, ses jolis yeux toujours perçants et d’une beauté incroyable. Je repense à ces moments à la voir grandir trop vite, à freiner sans cesse ses velléités de découvrir un monde bien trop dur pour elle et surtout bien trop tôt, à tenter de lui donner les bases de la vie, de la survie aussi, à la préparer à tout ce qui l’attend en dehors du doux cocon familial, à la voir faire ses premiers pas en solo dans le grand monde, mais sans être jamais bien loin au cas où elle chuterait et à l’accompagner peu à peu vers sa vie de femme.

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Je revois encore cette jeune femme au sourire profond avec cette petite pointe de mystère qui fait craquer les garçons. Je revois encore ma batte de baseball posée juste à l’entrée de la porte de la maison parce que, justement, les garçons. Je repense à cette abnégation difficile dont j’ai dû faire preuve parce que, oui, c’est l’heure de la laisser prendre son envol, devenir peu à peu adulte et, même si je n’étais jamais bien loin au cas où elle chuterait ou, pire, on essaierait de la faire chuter, ma foi ma présence se fait de plus en plus discrète. Je repense au plaisir de la voir devenir quelqu’un de bien. Aux angoisses de la voir s’évader peu à peu, s’émanciper du carcan familial et se construire par elle-même, ne répondant pas toujours aux guides qu’on veut lui donner.

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Ma fille aînée a 18 ans. Aujourd’hui même.
Le cap est franchi. Une nouvelle étape débute. Elle est majeure. Responsable d’elle-même.
Ce matin, j’ai collé toutes ses affaires dans des sacs poubelle et je l’ai foutue à la porte.
Bon débarras.

 

 
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