L'Edito du Dimanche

 

Publié le Dimanche 28 mai 2023 à 12:00:00 par Cedric Gasperini

 

L'Edito du Dimanche

Exception culturelle française

imageDe mes premières soirées à quelques beuveries mémorables et rarement égalées dans toute l’histoire de la cuite savante, en passant par des sorties au bar en treillis militaire, des festivités d’après-match ou tout simplement, des fêtes entre amis arrosées à vous en remplir une nappe phréatique à ras-bord, j’ai le souvenir de moments qui signeraient une saga s’ils devaient être publiés, saga indubitablement interdite aux moins de 18 ans, aux moins de 21 ans dans certains pays, et assurément aux culs-serrés et aux mous du bulbe qui n’arriveraient pas à en appréhender la substantifique moëlle Bacchusienne.  

Ces instants gravés à jamais dans l’Histoire de la biture appartiennent certes à la Légende, mais surtout, au passé.

Balayés par la bien-pensance et, surtout, par une société qui n’en finit plus de prôner la tolérance tout en instaurant l’intolérance à grands renforts de normes et de « faut pas » ou de « tu dois pas ».

imageSi je tenais à évoquer ces souvenirs glorieux – si  se réveiller au petit matin sur un banc à l’autre bout de la ville en compagnie de deux potes sans savoir comment vous êtes arrivés là et surtout, oh oui surtout où est passé votre pantalon parce qu’en slip, vous avez un peu froid, peut être qualifié de glorieux… si je tenais à évoquer ces souvenirs glorieux, disais-je, ce n’est pas pour me lancer dans une énumération de moments étranges, gênants, surnaturels ou tout simplement exceptionnels qui ont découlé de ces soirées, mais pour évoquer une exception culturelle aujourd’hui disparue.

De nos jours, entre les soirées bindge-drinking ou encore celles où les jeunes ont besoin de boire beaucoup de mauvais alcool avec du mauvais energy drink tout en écoutant de la mauvaise musique de mauvais chanteurs arrangés à grands renforts de mauvais autotune, cette merveille culturelle bien française aujourd’hui absente des instants bitures, c’est…

roulement de tambours

la chanson paillarde.

imageC’est lors d’un détour de 20 km, juste pour prendre en photo sous une pluie battante, le panneau indicateur de la ville de Camaret, que cette réalité m’a frappé. Devant l’incrédulité de mes filles et surtout, la plus âgée, incapable de comprendre l’intérêt d’un tel cliché et, surtout, totalement ignare de ce qu’est une chanson paillarde. Vous le savez comme moi : une tradition qui n’est pas transmise est une tradition qui disparait. Ou même sans parler de tradition, ce que l’on ne transmet pas se perd à jamais.

Je me suis donc donné, comme mission – encore une – de pallier ce manque culturelle de ma progéniture. Et résonnent désormais – de temps en temps – dans ma modeste chaumière, les chants paillards les plus célèbres. Je vous en enjoins, d’ailleurs, à faire de même avec vos enfants : faites-leur découvrir ces merveilleux témoignages d’une époque où l’on aimait choquer de manière festive. Les chansons paillardes sont un nécessaire coup de pied dans la bienséance, dans les tabous, dans le politiquement correct d’une société qui a besoin, parfois, de péter un bon coup pour se soulager.

Amis, levons notre verre à Bali-Balo qui, dans son berceau, bandait déjà comme un taureau, « fils de putain » lui dit sa mère, « tu bandes déjà plus que ton père » et tant pis si, Bali Balo dans le désert, se trimballait les couilles à l’air, mais un nuage de grenouilles lui arracha la peau des couilles. Les héros aussi ont leurs blessures secrètes.
Amis, levons un autre verre aux trois orfèvres qui, à la Saint-Éloi, ont baisé la mère aux nichons, le père au cul, la fille au con, et même la servante ou le pâtissier. Même le chat y est passé.
Amis, levons encore un verre à la digue du cul qui, en revenant de Nantes à Montaigu, nous fait rencontrer une belle qui dormait le cul nul.
Amis, levons un autre verre au Père Dupanloup qui, tout au long de sa chanson, encule sa vieille nourrice, la cuisinière, un mulet et biffle un garde-barrière.
Amis, levons encore un verre aux filles de Camaret qui se disent toutes vierges et, surtout, au Curé dont les couilles pendent à tel point que quand il s’assoit dessus, elles lui rentrent dans le cul.
Amis, levons un verre à la p’tite Huguette qui tripote la bite avec les doigts et se fait monter par un étudiant en droit dans une meule de foin.
Amis, levons un verre à Dudule, pas beau, mal fait, violent, mais dont la grosse bite est devenue célèbre.
Amis, levons un verre à la petite Charlotte qui, chaude du con, se masturbait avec une carotte si vivement qu’elle y en a laissé un morceau.

Oui, ça fait beaucoup de verres. Mais c’est justement l’idée d’une soirée beuverie, non ?

Et si un jour je meurs, amis chevaliers de la table ronde, je veux qu’on m’enterre dans une cave où y’a du bon vin, les deux pieds contre la muraille et la tête sous le robinet. Sur ma tombe, je veux qu’on inscrive : « ici gît le roi des buveurs ».

 

 
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