L'Edito du Dimanche

 

Publié le Dimanche 16 juillet 2023 à 12:00:00 par Cedric Gasperini

 

L'Edito du Dimanche

A un doigt du bonheur

imageAvoir des gamins, c’est aussi trouver de quoi les occuper pendant les deux mois de vacances. Seul problème, depuis quelques années, des lois imbéciles et liberticides nous empêchent de les faire bosser à la mine ou aux champs dès leur plus jeune âge. Après, on s’étonne d’avoir de nouvelles générations de tire-au-cul, réfractaires au moindre effort, en burn-out à la moindre difficulté et incapables de comprendre la notion d’amitié et d’entraide forgée dans la peine et la douleur. Moi je dis qu’après avoir tapé du charbon à 900 mètres sous terre 7 jours sur 7 ou fait les foins à la faux 10 heures par jour, une fois que vous retournez en cours, vous trouvez la vie vachement plus douce et vous arrêtez de chouiner et vous mettre dans tous vos états au moindre exercice de mathématiques un peu compliqué.

Qu’on le veuille ou non, les labeurs estivaux forgeaient le caractère, participaient à l’éducation des gamins et rapportait un peu d’oseille à la famille, ce qui n’est pas négligeable en ces temps de pouvoir d’achat mis à rude épreuve.

Ces deux mois destinés, à l’origine, à couper les études pour que les gamins aident leurs aînés aux champs, il faut bien les occuper aujourd’hui. Alors je sais que tout ado qui se respecte se verrait bien rester allongé sur son lit à s’user les pouces sur l’écran de son smartphone toute la journée, tous les jours, toute la semaine, durant ces deux mois, mais quand on est un parent bienveillant comme moi, on a envie de leur foutre un coup de pied au cul pour qu’ils prennent l’air et le soleil parce que le soleil et le plein air, c’est ce qui aide à grandir et faire de beaux enfants, la preuve, ça marche bien avec les poulets.

En tout cas, pour avoir de beaux enfants label rouge, ma chère, tendre et aimante épouse et moi avons depuis quelques années décidé, pour eux, de répartir nos congés sur les deux mois. Une semaine en juillet et deux en août, histoire de briser la monotonie et ne pas avoir de longue période sans partir voir d’autres paysages. Nous nous sommes rendu compte que nos poulets y trouvaient un meilleur équilibre. D’ici-là à dire qu’ils ont la plume plus soyeuse, il n’y a qu’un pas.

imageCette année, les contraintes de nos calendriers professionnels nous ont contraints à partir durant cette première semaine de vacances. Et c’est dans le bassin d’Arcachon que nous avons posé nos valises. Enfin, que j’ai posé mon petit sac et qu’elles ont posé leurs innombrables valises. Bon. Le bassin d’Arcachon, c’est quand même très surfait. Y’a un gros tas de sable avec plein de monde dessus qui vous fusille les guiboles quand vous y grimpez, tout ça pour apercevoir d’un côté une sorte de gros lac qui pue, avec une circulation de bateau digne du périph’ parisien, et de l’autre des forêts cramées après le gigantesque barbecue raté de l’année dernière. Y’a des bouchons partout en raison d’un réseau routier complètement naze. Et les prix pratiqués lorgnent plus du côté de la douleur anale que de la bonne affaire, même durant les soldes. Le bassin d’Arcachon, finalement, c’est un certain snobisme bas-de-gamme pour une région dont le symbole reste deux bicoques pourries sur pilotis au milieu de la flotte et qui menacent de s’effondrer régulièrement puisque plus personne n’y vit et ne les entretient.

- Papa, t’es qu’un vieil aigri. Déjà les dernières vacances, t’as dit du mal de la Bretagne alors que c’était chouette. Et là, tu dis du mal d’Arcachon alors que c’est vachement bien et vachement beau.
- Oui mais la Bretagne, au moins, y’avait les gentils Bretons. Ici, c’est plein de connasses liftées à bas prix qui circulent en décapotable et pour qui le code de la route est à l’image de leur dernier orgasme : un lointain souvenir.
- Papa, t’as un vrai problème avec la circulation routière en ce moment.
- Ce n’est pas moi qui ai un problème avec la circulation routière, ce sont les autres qui ont un problème avec le code de la route.
- Et encore, cette fois-ci, t’as pas vrillé comme la semaine dernière, avec ta réflexion sur les nazis.
- Ben figure-toi que j’ai failli. Mais bon, je me suis dit que deux semaines de suite, ça aurait été too much. Et puis, tu sais, les nazis, je hais ces gars-là…
- …
- Ha ha ha. Je hais ces gars-là. Ha ha ha.
- …
- Les nazis, je hais ces gars-là ! Indiana Jones ! T’as pas la ref ?
- Non mais c’est nul.
- C’est pas nul du tout ! Super Ref ! Et puis, ben moi, j’suis un peu l’Indiana Jones de cette époque, tu vois. Toujours en quête d’aventure. Et je hais les nazis aussi.
- Indiana Jones, lui, il a encore ses dix doigts.

Ce coup bas.

imageOui parce qu’il faut que je vous explique quand même… Histoire de profiter des bienfaits des abords de l’Océan Atlantique, nous avons décidé de nous offrir un petit plateau de fruits de mer, acheté chez le poissonnier du coin et dégusté sur la terrasse de notre location. Tranquille. Chill, comme on dit aujourd’hui. Ce qui était moins chill, c’était l’absence de tout ustensile capable de casser une pince de crabe dans la villa que nous avions louée.
Bon, vous me connaissez. Rien ne me résiste. Dans Koh-Lanta, j’aurais fabriqué une maison sur pilotis avec les dents. Donc j’ai décidé de m’attaquer à la pince de crabes à mains nues. Mes bras sont des masses. Mes poings sont des marteaux. Mes doigts sont des casse-noix. Résultat, le pouce de la main droite à moitié sectionné, l’ongle arraché… même aux urgences, ils ont convenu que cette fois-ci, c’était le crabe qui avait gagné.

D’Arcachon, toutefois, je retiendrai surtout les cabanes d’ostréiculteurs et leur dégustation d’huîtres que vous trouverez merveilleuses, même si vous n’aimez pas ça à la base. C’est bien autre chose que celles que vous pouvez acheter en bourriche au supermarché pour les fêtes de fin d’année. Un vrai régal. Franchement, sur mon échelle de plaisir culinaire, ça valait bien un doigt.

 

 
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