L'Edito du Dimanche

 

Publié le Dimanche 8 octobre 2023 à 12:00:00 par Cedric Gasperini

 

L'Edito du Dimanche

Heureusement, on peut encore frapper les femmes

image« Aujourd’hui, on ne peut plus rien faire, on ne peut plus rien dire ». Vous avez sans doute entendu, à un moment (ou fréquemment selon l’état d’esprit de votre cercle de proches), cette réflexion.

Ce n’est pas faux.

Alors remettons les choses en place. Le mec qui vous explique que « oui je roulais à 210 sur une départementale et alors ? De toute manière, aujourd’hui, on ne peut plus rien faire… », vous avez juste envie de lui mettre un taquet derrière la nuque en lui expliquant « qu’avant, ce n’était pas plus permis qu’aujourd’hui. » C’est juste qu’aujourd’hui, il y a plus de moyens pour choper les abrutis dans son genre.

Mais il est vrai que, beaucoup de ceux qui ont connu l’euphorie des années 70, 80 ou 90 font le constat que, effectivement, « aujourd’hui, on ne peut plus rien faire, on ne peut plus rien dire ».

Pourquoi ce sentiment, entre dépit et frustration, d’un tel changement certainement pas pour le meilleur, mais bel et bien pour le pire ?

imageÇa n’a pas forcément à voir avec les lois. Même si ces dernières tentent régulièrement de se substituer à la morale ou tout simplement à l’intelligence, ou encore à l’éducation. Non, cette idée persistante que notre époque est moins permissive qu’autrefois aurait plutôt à voir avec la pression du tribunal populaire…

Il est vrai qu’aujourd’hui, la moindre réflexion, la moindre vanne, peut vous valoir les foudres d’une fange de la population. Et si vous pensez que je me suis trompé de mot en écrivant « fange » au lieu de « frange », j’ai pourtant bien pesé mes mots.
J’en sais quelque chose. La moindre tentative d’humour noir ou portant sur un sujet sensibles pour certains (racisme, homophobie, misogynie…) me vaut régulièrement mon lot de mails d’insultes, voire menaces. Même la critique d’une saga culte ou d’un simple jeu peut me valoir d’être cloué au pilori.

C’est d’autant plus terrible qu’il s’agit d’humour. Un humour utilisé justement pour combattre ces maux éternels qui, pour certains, semblent en plein regain dans notre société. Et il n’y a rien de plus frustrant, mais aussi de plus consternant, que de voir quelqu’un vous interdire votre humour juste parce qu’il n’a pas le même. Il y a, aujourd’hui sur le net, un vrai fascisme de la pensée. Parce que vous n’acceptez ou, plutôt, ne comprenez pas la personne, vous le rejetez avec force, lui interdisez de s’exprimer, le méprisez publiquement… Et le pire c’est que ce comportement a tendance à déborder dans le réel, à se remarquer régulièrement dans la vie de tous les jours.
Au lieu d’apprendre aux gens l’ouverture d’esprit et le fait d’accepter que la personne en face de vous puisse avoir un humour différent du vôtre (et je ne parle même pas d’opinion), on tente de museler et tuer cet humour. C’est grave. Et affligeant.

imageMais heureusement, aujourd’hui, on peut encore frapper les femmes sans que cela n’émeuve grand monde.

Une petite mandale par-ci par-là, un serrage de cou, voire une petite beigne bien sentie si l’on est en forme. Après tout, ça n’est pas si grave.

Hého, c’est bon, hein. On leur a donné le droit de vote (on ?), on leur permet de quitter la maison pour aller bosser (mais qui ça, « on » ?), elles ne vont pas en plus nous faire chier si de temps en temps, on les remet à leur place en leur claquant la gueule. Gentiment, bien entendu parce que si, une petite baffe « gentille », ça existe.

Et puis ce n’est pas sous prétexte d’une petite beigne, d’une main au cul, d’un placage contre le mur doublé d’une menace, d’un baiser volé ou encore d’un doigt dans la culotte que l’on va empêcher un acteur de tourner un film, un présentateur d’être en prime time à la télé ou, dans la vie de tous les jours, un responsable d’exercer. Après tout, s’il est bon dans son métier, pourquoi l’empêcher de faire son boulot pour un « petit geste » déplacé « pas bien méchant » ?

Sans oublier la présomption d’innocence, hein. Tant pis si les faits et preuves sont accablants. Présomption, on vous dit. Qui sommes-nous pour juger ? C’est à la justice de le faire. Et je vous rappelle qu’il faut séparer l’homme de l’artiste. D’ailleurs, la prochaine vente de tableaux d’Adolf, je me laisserai peut-être tenter. Il n’était pas si mauvais peintre qu’on veut bien faire croire.

On en est là.

imageDans une société qui se délite et où l’aberration est notre lot quotidien. Je ne sais pas si c’est dû au fait d’atteindre le demi-siècle l’année prochaine, mais en lisant la presse – ou du moins ce qu’il en reste – et autres faits divers qui émaillent notre société, j’en suis venu à un constat accablant sur l’évolution des choses et de la vie en général. Et je peux vous dire que j’ai hésité quelques instants entre écrire le mot « évolution » ou le mot « régression » tant certains comportements semblent venir des limbes de l’inintelligence humaine. Les gens ont la mémoire courte de ces grandes femmes qui ont fait l’Histoire. Leur Histoire.

Il y a trois femmes à la maison. Et je suis un peu plus chaque jour consterné par les comportements auxquels elles sont confrontées dehors.

En tout cas, à la maison… ce sont elles les cheffes. J’dis ça, j’dis rien.

 

 
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