L'Edito du Dimanche

 

Publié le Dimanche 15 octobre 2023 à 12:00:00 par Cedric Gasperini

 

L'Edito du Dimanche

J'ai eu 50 ans

imageJ’ai donc eu 50 ans. Vendredi dernier.

Sincèrement, après une vie d’excès et d’inconscience totale, c’est un véritable miracle que je sois parvenu à cet âge-là.

Certains d’entre vous, plus jeunes, s’imaginent sans doute finir leurs vieux jours le dos voûté, la canne dans une main, les boules dans l’autre pour éviter qu’elles ne traînent par terre, à regarder le peu de temps qu’il leur reste, passer.

Pour ma part, j’ai toujours cru que ma bonne étoile me donnerait une existence éphémère à la James Dean, mais plutôt que de m’éclater en Porsche, je me serais encastré les dents dans une 2CV, ou à la Jim Morrison, à la différence qu’aucune jeune fille en fleur ne viendra jamais se frotter sur mon tombeau pour se donner du plaisir.

Comme quoi, les bonnes étoiles, niveau destin tragique, on ne peut pas compter dessus.

Je me dis que j’ai peut-être tiré au sort à la naissance un ange-gardien hyper balèze.

imageMais vraiment balèze, hein. Du genre à être dans le Top 3 de la Première Division des anges-gardiens. Lui, a contrario, a dû sévèrement merder sa dernière mission pour s’être vu attribuer un type comme moi… Il a donc passé ma vie à faire de l’excès de zèle, à prendre le volant quand j’étais bourré ou à moitié endormi et à écraser les pédales de frein des autres quand je traversais la route en courant sans regarder.

Ou alors Dieu a un but pour moi. Une mission de la plus haute importance. Du genre si importante que c’est un coup à finir cloué à une porte ou empalé sur un toit comme une girouette. Je ne sais pas ce que je préfère, dit comme ça. Les deux évoquent une position relativement inconfortable. Mais quoi qu’il en soit, il faudrait qu’il se dépêche un peu pour me l’assigner, cette mission primordiale, avant que je ne sois trop atteint pour me souvenir de quoi que ce soit, et notamment comment me servir de ma bite. Alors je ne dis pas que sa mission aura un rapport avec ma bite. Mais d’un autre côté, vu le personnage auquel il voudrait s’adresser, j’ai envie de répondre : « What else ? ».

Non parce qu’après tout, on est tous d’accord pour dire que je suis promis à un destin hors du commun, non ?

imageEn tout cas, j’ai eu 50 ans. Et tout le monde a passé sa journée à me demander si je le vivais bien. Si ce n’était pas trop dur. Alors justement, c’est encore bien dur, merci de demander, mais pour ce qui est de changer de dizaine, pour le coup, je m’en cogne. Mais d’une force, vous n’imaginez pas. Si encore j’avais l’impression d’avoir cet âge-là et que je me rendais compte de la morosité de mon existence, peut-être que je me lancerais dans une crise de la cinquantaine, à me mettre à bouffer des graines, aller à la salle et tenter de me taper des minettes à peine majeures… Mais j’ai déjà une vie tellement remplie en termes de connerie et d’immaturité chronique que je n’en vois pas l’intérêt. Ça m’occupe déjà à temps plein. Et je compte d’ailleurs bien continuer sur cette lancée.

Alors certes, le corps impose désormais quelques limites. Les pirouettes sont un peu plus difficiles et les sauts depuis les murets un peu plus douloureux pour les genoux. Je cours un peu moins vite quand je joue à chat dans les supermarchés et mes tournants dans les rayons sont un peu plus approximatifs. Mais c’est aussi ça qui est fun : rater sa manœuvre pour terminer comme un con dans la pyramide de papier toilette ou envoyer le caddie dans l’étal des petits pois.

J’ai eu 50 ans vendredi dernier. Et niveau mental, c’est mort, je n’arriverai jamais à le rattraper. Je pars de trop loin.

 

 
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