Avatar (PS3/Xbox 360/PC)

 

Publié le Jeudi 3 décembre 2009 à 12:00:00 par Cedric Gasperini

 

Avatar

Avatartalacrème

imageAvatar sera le film évènement de 2009.
Enfin, c’est ce que la presse veut nous faire avaler.
Parce que, d’accord, James Cameron. Un nom qui a un certain poids dans l’industrie cinématographique. Un type qui n’a pas fait « que » des bouses.
Un film tout en 3D, avec un monde totalement pensé, imaginé, un monde cohérent qui pourrait, finalement, exister quelque part dans l’univers.
Des effets spéciaux de folie…

Ok, tout ça, quoi.

Sauf que moi, je ne suis toujours pas convaincu.
Bon, d’accord, j’irai sans doute voir le film. Mais si l’aspect graphique global du film, via la bande-annonce parue il y a quelques semaines, me plaît assez, l’histoire a l’air quand même d’être bien neuneu à souhait.

Avatar, c’est l’histoire de la conquête d’une planète par les hommes. Pandora est une planète à la jungle luxuriante, aux animaux fantastiques et pour la plupart dangereux, aux plantes carnivores de cinq mètres de haut, et aux Na’vi. Les Na’vi sont un peuple primitif, qui se balade en pagne. Musclé comme un coton-tige, le Na’vi est pourtant très résistant et surtout, tout bleu. Ce qui le ferait ressembler aux schtroumpfs s’il ne mesurait trois mètres de haut.
Double problème pour les hommes : l’air de Pandora est irrespirable et le village Na’vi est situé sur un gisement de minerai ultra précieux. Du genre à mériter l’éradication de toute une race pour le récupérer.
Pour mieux contrôler, étudier et éventuellement éradiquer les Na’vi, les humains ont créé les Avatars. Sorte de Na’vi contrôlés psychiquement par les soldats.

Bref, on sent pointer la mièvrerie de « il faut respecter la nature », « halte à la technologie à tout va », « aimons la planète » et « vivons en osmose avec les espèces animales ». Alors que, merde, y’a rien de plus poétique qu’un caddie rempli de pulls en laine de bébé phoque roulant sur un parking.

Voilà pour le décor.
Avatar, le jeu, sort chez UbiSoft. Un jeu de shoot en vue extérieure, que l’on appelle « à la troisième personne ». Autrement dit, vue de dos du personnage. Et pour le coup, vue de dos légèrement décalé sur le côté gauche. Et je dois avouer que je comptais sur le jeu pour me donner envie de voir le film. D’autant plus que la présentation du jeu à la GamesCom m’avait, il faut l’avouer, bien donné envie. Joli, bien foutu, avec pas mal d’action… cela laissait augurer du meilleur.

Et finalement, on a eu le pire.

screenVous jouez un soldat. Après cinq ans de voyage cryogénique, vous débarquez sur Pandora. Expert en communication, vous allez devoir… euh… en fait, on ne sait pas trop. Mais vous allez devoir quand même. On va déjà tester vos compétences humaines : réparer un relai de com, récupérer un soldat, aider à défourailler du loup-pierre, sorte de loup plutôt hargneux, réparer les répulseurs qui permettent d’éloigner les créatures… bref, vous rendre utile.
Votre personnage sera à choisir parmi la douzaine d’hommes et femmes (parité totalement respectée) proposés. Et tout au long de vos missions, vous gagnerez des points d’expérience qui vous permettront d’avoir accès à plus d’armes, plus d’armures, et plus de technologie. Ces technologies sont des sortes de bonus temporaires qui repoussent les animaux, vous font aller plus vite, vous permettent de vous fondre dans le décor de la jungle… et j’en passe.
Et bien entendu, vous aurez également votre avatar à contrôler. Le géant bleu dont les missions seront plus en phase avec la nature, comme par exemple récolter des graines.

Durant le jeu, vous devrez alors faire des choix : jouer certains scenarii dans la peau d’un militaire humain, et ainsi soutenir la colonisation de Pandora, ou jouer dans la peau d’un Na’vi, votre avatar, si vous préférez, et ainsi lutter pour la préservation de cette étrange race.

screenLe jeu se sert du moteur graphique de Far Cry 2 et, avouons-le, est plutôt joli. Enfin… disons que la jungle est sympa. Dommage que, finalement, elle ne soit pas si variée qu’une vraie jungle : on retrouve toujours les mêmes grosses plantes, les mêmes fougères et les mêmes racines.
Reste que si, globalement, le jeu n’est pas désagréable à voir, son graphisme n’en est pas moins bien foiré. Les bugs sont légion. Les collisions 3D sont catastrophiques. Et la caméra est une vraie calamité. Mal positionnée, elle se perd souvent dans le décor, bouchant la vue des personnages si vous êtes au mauvais endroit. Alors oui, on la contrôle et on peut la bouger avec le stick droit. Mais justement, elle se barre vite en couille et on passe son temps à tenter d’avoir une vue utilisable, pas trop haute, pas trop basse, pas trop près… Ajoutez à cela des moments ridicules, comme dans l’eau qui n’est, finalement, rien d’autre qu’une texture posée à un mètre du sol : il suffit de baisser la caméra pour traverser la ligne de flottaison et… finalement voir les animaux qui arrivent au loin comme si vous étiez sur la terre ferme. Pratique pour éviter les attaques et combattre vos ennemis, mais question réalisme, on repassera.
Ajoutez, enfin, une animation franchement moyenne. Très moyenne.

Résultat, on passe son temps à buter des animaux, à sauter pour avancer plus vite. J’ai horreur de ces jeux où les personnages font des bonds ou des plongeons de six mètres et atterrissent prêts à remettre ça immédiatement, ce qui permet de réduire par deux ou par trois les temps de déplacement. C’est peut-être pratique, mais c’est moche, lourdingue et dénote d’un développement bâclé.

screenOn ajoutera des véhicules qui se plantent bêtement (un buggy explose quand il va dans l’eau… un bateau se coince sur la berge si vous avancez trop sur la terre ferme) et sont donc inutilisable, des missions qui se déroulent dans des couloirs (les couloirs dans la jungle, c’est bien connu), et finalement, vous aurez un jeu raté, pénible et surtout inintéressant. Et ce n’est pas le scénario, sans intérêt, ou les nombreux combats, souvent brouillons, qui viendront y changer quelque chose. Même le fait de nous faire piloter un hélico par-ci, un mech par-là, ne viendra pas améliorer l’ensemble.

Finalement, le jeu n’est qu’un bête défouraillage d’ennemis. Que ce soit dans la peau d’un humain ou d’un Na’vi. Et globalement, ben ça n’a pas beaucoup d’intérêt. Oh, ce n’est pas non plus catastrophique, hein, et certaines missions sont même assez plaisantes, mais le jeu manque de fond, manque de finitions dans sa forme, et globalement, manque d’intérêt pour qu’on puisse s’y intéresser plus profondément.

En tout cas, ça ne m’aura pas donné envie de voir le film. Au contraire.

 

 
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Avatar (PS3/Xbox 360/PC)

Plateformes : PC - Xbox 360 - PS3

Editeur : Ubisoft

Développeur : Ubisoft

PEGI : 12+

Prix : 70 €

LA NOTE

LA NOTE DES LECTEURS

note 4/10

 

 

Images du jeu Avatar (PS3/Xbox 360/PC) :

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