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Publié le Jeudi 19 mars 2009 à 11:56:51 par Cedric Gasperini

 

[Test] Resident Evil 5 (PS3/Xbox 360)

Même pas peur

Resident Evil est l’une des séries, si ce n’est la série la plus connue du monde des survival horror. Les jeux vidéo se hissent à chaque fois en haut des tops des ventes. Les films ont également remporté un joli petit succès, à tel point qu’un quatrième opus est même envisagé, semble-t-il. Bref, Resident Evil, tout le monde connaît. Umbrella, l’entreprise pharmaceutique qui, sous couvert de fabriquer du viagra ou je ne sais quoi d’autre, s’occupe en réalité de développer des armes bactériologiques. Et lorsque l’une d’entre elles leur échappe, elle a la furieuse et désagréable manie de transformer tout le monde en zombie, à tel point que la seule solution est finalement de Nagasakier les lieux. Aujourd’hui, Umbrella a été démantelé. Mais ses savants courent toujours. Et ils sont récupérés par des consortiums peu scrupuleux. Et quand on parle d’être peu scrupuleux, ils sont limite à vous raser l’Afrique Noire.

Bref. Villes et villages se voient contaminés par les Plagas, sortes de grosses gambas que l’on n’aimerait toutefois pas coller en salade, et que l’on avait déjà pu rencontrer auparavant. Grosso Modo, avec ce Resident Evil, on prend les mêmes et on recommence. Umbrella n’est plus, mais une nouvelle société émerge des décombres et des cadavres des zombis. Deux héros vont aller remettre de l’ordre là-dedans. Chris Redfield. Parce que c’est son boulot. Il sera accompagné d’une jolie autochtone, Sheva Alomar. C’est aussi son boulot, mais c’est aussi son peuple. Alors forcément, elle est concernée, la donzelle. D’ailleurs, le couple marche plutôt bien. On y croit. On les apprécie d’autant plus qu’ils sont mis en scène dans des cinématiques de qualité. Alors bon, tout n’est pas parfait non plus au royaume des bouffeurs de chair humaine. Le scénario n’est ni original, ni passionnant, ni réellement recherché. On notera même quelques gênantes incohérences scénaristiques, principalement dans l’enchaînement de certaines scènes, mal foutus. C’est d’autant plus dommage que Resident Evil a le potentiel pour nous offrir une histoire fouillée, bien montée, et captivante. Mais ce ne sera pas le cas pour ce Resident Evil 5.

Finalement, on y enchaîne les niveaux sans réellement s’accrocher à l’histoire, et sans véritablement chercher à la comprendre non plus. Le lieu n’a pas non plus grande importance. Alors oui, les développeurs se sont amusés avec les décors africains, qu’il s’agisse de villes poussiéreuses, de villages de huttes où les indigènes manient la sagaie mieux que quiconque et se baladent avec des masques rituels sur le visage. C’est clair que l’on sait, au premier coup d’œil, que l’on est en Afrique. Mais le berceau de l’humanité vaut mieux que pour ses décors et aurait pu offrir bien plus à l’histoire.

Reste que ce Resident Evil 5 a plus d’un atout dans sa poche. Outre ses personnages charismatiques, il offre une action de tous les instants dans des décors sublimes et détaillés. Bon, on passera le coup des « caisses » ou des « tonneaux » ou des « jarres » que l’on détruit comme un possédé pour espérer trouver des munitions ou de l’or : on aurait préféré que ces bonus soient mieux disséminés, dans des endroits plus divers. Même le fait que les chemins soient ultra-balisés, que l’on ne progresse quasiment que dans des couloirs, ne vient pas à entacher le plaisir des yeux. C’est beau. C’est vraiment très beau. Les textures sont sublimes. Les détails sont nombreux. Ces petites choses qui rendent un endroit réaliste.
Et à vrai dire, il n’y a pas un endroit moins beau que l’autre. Que ce soient les bidonvilles aux maisons sales et poussiéreuses, les intérieurs aux murs suintants, ou les villages primitifs, tout est fait pour se sentir dans de vrais endroits. Et l’action, omniprésente, va vous prendre aux tripes et monter en puissance tout au long du jeu. Un jeu à débuter en facile, pour ne pas trop galérer dès le début, et à rejouer en augmentant crescendo la difficulté. Les ennemis sont coriaces, les munitions plutôt limitées, tout comme votre capacité à porter des choses (à ce propos, il y a quelques pains dans l’inventaire, comme l’impossibilité de prendre des munitions pour votre arme vide si votre inventaire est plein, et le fait que jeter un objet revient à le détruire). Notez que vous récupérerez de l’or et des trésors qui, une fois revendus, vous permettront d’acheter des objets ou d’upgrader vos armes. Indispensable pour faire face.

Mais tout n’est pas rose pour autant au pays des zombis.

Le gros point noir de Resident Evil 5 est sans conteste sa jouabilité. Un jeu d’action doit être rapide, nerveux, maniable. C’est ici, tout le contraire. L’action est lente : les zombis piquent parfois des sprints mais s’arrêtent juste à quelques pas comme s’il leur fallait deux heures pour décider comment vous tuer. Heureusement, cela dit, car les personnages réagissent à deux à l’heure. Ils tournent aussi rapidement qu’une tortue sur le dos et quand bien même une touche permet un rapide demi-tour, c’est très loin d’être suffisant. Comble du ridicule, il faudra choisir entre marcher et tirer. Ils ne peuvent pas faire les deux en même temps. Et ne parlons pas des esquives, tout simplement impossibles… Une rigidité exaspérante qui fait beaucoup dans le sentiment de déception qui nous étreint tout au long du jeu.
Le second gros reproche à faire à ce Resident Evil 5 est son ambiance. Exit le Survival Horror. Ce nouvel opus ne fait absolument pas peur. Si, peut-être dans la mine où la visibilité est quasi-nulle et encore, c’est simplement si vous laissez l’IA gérer la lumière : elle le fait si mal que vous devriez voir au dernier moment les quelques ennemis qui vous attaquent. Mais c’est bien tout. Le reste ne se résume qu’à une succession de shoots. Et ça, malgré tout, c’est une cruelle déception.
On pourra aussi noter la gestion calamiteuse des sauvegardes (si vous éteignez la console, vous redémarrez au début du niveau mais gardez tout ce que vous avez récupéré au dernier checkpoint...).

Alors attention, Resident Evil 5 n’est pas pour autant un mauvais jeu, hein. Loin de là. C’est même un jeu plutôt accrocheur, qui a vraiment un petit goût de reviens-y dès que l’on a posé la manette. Les combats s’avèrent même carrément épiques à certains moments (celui dans le grand village africain, notamment) et une fois l’action terminée (on le sait, malheureusement, grâce à la musique qui vous avertit si un ennemi est proche ou non), on pousse un gros soupir de soulagement. Mais il lui manque vraiment quelque chose pour s’inscrire comme un incontournable ou même, pour atteindre le niveau de qualité de ses prédécesseurs. D’autant plus que le multijoueur est totalement absent du jeu (oubliez le mode coop en écran splitté, mal fait) et sera payant.

 

 
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[Test] Resident Evil 5 (PS3/Xbox 360)

Plateformes : Xbox 360 - PS3

Editeur : Capcom

Développeur : Capcom

PEGI : 18+

Prix : Xbox 360 : 65 € - PS3 : 70 €

Aller sur le site officiel

LA NOTE

LA NOTE DES LECTEURS

note 6/10

 

 

Images du jeu [Test] Resident Evil 5 (PS3/Xbox 360) :

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