L'Edito du Dimanche

 

Publié le Dimanche 12 septembre 2021 à 12:00:00 par Cedric Gasperini

 

L'Edito du Dimanche

C'est ça, le véritable enfer !

imageJe déteste la rentrée.

Oui, bon, vous allez me répondre que ce n’est pas étonnant parce que, de toute manière, je déteste à peu près toutes les périodes de l’année. Et tout le monde aussi. Ce n’est pas faux. Mais là, cette année, je déteste particulièrement la rentrée.

Jusqu’alors, j’ai toujours mis un point d’honneur à fuir prestement l’achat des fournitures scolaires, prétextant un mal de tête fulgurant, une vive douleur à la jambe ou un rendez-vous immanquable à la piscine et ce même si je déteste, forcément, la piscine également. L’achat de fournitures a toujours été une hantise, à voir tous les gamins – les miens y compris – tergiverser pendant 2 heures pour choisir une putain de trousse, à hésiter entre la gomme verte et la gomme bleue, à ne pas se décider entre le classeur route et le classeur jaune et surtout, à essayer de vous entuber dès que possible façon « mais si, je t’assure, j’ai besoin d’un nouveau cartable/sac à dos » sans oublier le fameux rachat annuel d’une boîte de crayons de couleur alors que merde, comment ils peuvent bousiller toute une boîte en si peu d’utilisation ?

imageSans doute parce que je deviens plus tendre avec l’âge, ou alors à cause d’un moment de faiblesse (je venais de m’apercevoir que ma bouteille de whisky préféré était vide), j’ai cette année accepté de faire partie de l’expédition « achats scolaires ». Ce qui m’a permis de vérifier plusieurs choses :
Déjà, que l’école n’est pas gratuite, elle est hors de prix.
Ensuite, plus la matière que tu enseignes est pourrie, plus tu te venges en faisant des listes de fournitures importantes et super chères.
Les Arts Plastiques. Sans déconner. Tout ça pour pondre trois collages immondes et deux peintures dégoulinantes, il vous faut 6 pinceaux ronds et plats de taille bien spécifiques, dont une totalement introuvable. Une pochette de dessin A3, un cahier de dessin mais ni en spirale, ni en bloc et avec la couverture blanche, des crayons de papier, des crayons de couleur, de la peinture acrylique, des feuilles millimétrées, des buvards, 6 marqueurs pointe fine 2 mm, 3 marqueurs pointe extra-fine 0,8 mm, deux marqueurs pointe moyenne 4 ou 5 mm, des feuilles de brouillon et un sac ou une grosse pochette pour mettre tout ça mais attention, pas de carton à dessin… c’est bien simple, à un moment, j’ai eu un doute… je me suis demandé si on ne s’était pas planté et si on n’avait pas inscrit ma gamine aux Beaux-Arts au lieu de sa classe de 4ème classique…

Au final quasiment 100 boules pour des fournitures d’Arts Plastiques. Arts Plastiques… La matière dont les parents se foutent éperdument. Même si le gamin ramène un 2 ou un 3 de moyenne. La matière où l’on traumatisait les profs en cachant systématiquement des bites dans nos dessins. Et entre nous, est-ce que l’on a vraiment besoin d’un marqueur pointe extra-fine 0,8mm pour dessiner une bite ?
Non mais soyons honnête : si un jour, pour partir en week-end, vous devez faire sécher les cours à votre gamin… s’il a Français ou Maths, vous vous direz que c’est quand même embêtant. Mais s’il a Arts Plastiques…

imageC’est comme le sport. Alors oui, le sport, c’est important, blablablabla. Mais on parle du sport à l’école, hein. 2 heures de sport divisées en 20 minutes pour aller au gymnase, 10 minutes pour se mettre en tenue, 10 minutes pour que le prof prépare les exercices parce que c’était trop compliqué de le faire pendant que les gamins se changeaient et qu’il a donc préféré aller fumer une clope, 10 minutes pour expliquer l’exercice, 30 minutes de sport, 10 minutes pour ranger (ou plutôt pour tout faire ranger aux élèves) et 30 minutes pour se changer à nouveau et revenir au bahut. Le sport à l’école, c’est comme une éjac faciale : très prometteur à la base, mais au final, ça ne sert strictement à rien et personne n’en retire vraiment de plaisir.
Ce qui n’empêche pas d’imposer : des chaussures de sport extérieur, des chaussures de sport intérieur, un short, un jogging et… le fameux maillot de bain moule-bite pour les garçons et une pièce molletonnée pour les filles. Coût de l’opération : pas loin de 200 boules. Parce que forcément, n’espérez pas convaincre votre gamin d’acheter un survêt de la sous-marque Carrouf ou des pompes de sport premier prix. Et un môme, ça grandit tellement vite qu’il faut racheter tout ça chaque année, voire deux fois dans l’année.

imageBref, les fournitures scolaires, au final, c’est l’équivalent du PIB d’un petit pays. Deux gamines, 20 ans d’études, je suis certain qu’à la place, j’aurais pu investir dans une villa sur la Côte d’Azur.

Enfin, j’ai surtout compris que je ne suis vraiment pas fait pour cette corvée. Après quelques « mais on s’en bat les couilles, y’a pas de différence entre une putain de gomme jaune et une putain de gomme bleue alors fais pas chier et prend la première » répétés pour la couleur de la règle, la couleur du compas, la couleur du classeur et la couleur des ciseaux, mais aussi (surtout) après avoir dégagé un môme qui bloquait l’accès aux tubes de colles depuis 5 minutes et qu’il se soit éclaté dans les cartables, ma chère, tendre et aimante épouse, qui ne me supportait plus, m’a donné l’autorisation de les attendre au café du coin.

1h30 et huit whiskies plus tard, elles sont enfin sorties du magasin avec l’équivalent d’un semi-remorque de fournitures.

Moi j’étais un peu patraque.

J’ai vomi dans la trousse de ma fille cadette.

Résultat, va falloir que j’y retourne pour lui en racheter une…

 

 
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