Mafia III (PC, PS4, Xbox One)

 

Publié le Jeudi 13 octobre 2016 à 12:00:00 par Cedric Gasperini

 

Test de Mafia III (PC, PS4, Xbox One)

La déception de l'année

imageOn attendait beaucoup de ce Mafia III. Si l'épisode lui précédant avait été loin de nous convaincre, sans pour autant nous déplaire, ce troisième opus s’annonçait comme une vraie bonne idée : une plongée dans l’Amérique des années 70, qui se raconte à grands coups de flingues. Une sorte de Grand Theft Auto à la Nouvelle Orléans… Et tant pis si les développeurs avaient choisi la ville fictive de New Bordeaux à la place. L’ambiance semblait formidable, l’histoire plus noire que jamais, sans jeu de mot aucun, et la violence du propos devait laisser place à l’excellence de la narration…

Nous sommes en 1968. Les exactions et le racisme envers les noirs-Américains sont monnaie courante. On chasse le « Nègre » comme l’alligator dans les Bayous, juste pour le sport, et la police, complice, est plus douée pour fermer les yeux que pour arrêter les criminels. Rajoutez sur ce fond d’ambiance joyeuse, une mainmise de la Mafia locale sur les affaires courantes.
Au milieu, un homme. Un jeune orphelin, Lincoln, fraîchement revenu de la Guerre du Vietnam. Lorsque sa famille d’adoption est massacrée sous ses yeux par les gangsters locaux, il décide de se faire justice : il est temps de faire tomber des têtes avec, en ligne de mire, celle de Sal Marcano, le « Parrain » de New Bordeaux.

Dans chaque quartier de la ville, dans chaque rue, Lincoln va mettre à mal la domination mafieuse, défonçant ici un revendeur de drogue, récupérant là un adjoint pour son propre compte… En grignotant les revenus du bandit, il va l’affaiblir et le forcer finalement à sortir de sa tanière pour un ultime affrontement.


screenEt si l’on peut effectivement reconnaître des qualités à Mafia III, on citera en premier lieu son scénario. La narration est excellente, le propos se tient bien, et les personnages, à commencer par Lincoln, ont une profondeur qu’on ne soupçonnait pas forcément en regardant les bandes-annonces. Racisme et discrimination sont abordés de plein fouet, intelligemment, et mis en valeur par des cinématiques percutantes et une écriture scénaristique réussie.
Dans un second temps, on pourra aussi applaudir l’ambiance générale du jeu. New Bordeaux est une version revisitée et caricaturale de la Nouvelle-Orléans Hollywoodienne, mais s’en sort remarquablement. Vivante, fourmillant de détails et avec une bande-son de folie, la ville se dévoile sous vos yeux avec un plaisir non feint. On n’hésitera donc pas à s’y perdre, entre deux missions, pour découvrir une nouvelle rue, capter une conversation, ou simplement s’émerveiller devant le travail réalisé par les développeurs.

Seulement voilà. Avoir un scénario intéressant et bien mené, et une ambiance captivante, ne suffit pas à faire un bon jeu. Hangar 13 et 2K Games semblent l’avoir oublié. Ce qui fait, au final, que Mafia III, de statut de « petit bijou en devenir » se révèle finalement une réelle, grande, voire une totale déception.

screenLa faute notamment à des missions d’un ennui consternant. Répétitives au possible, elles vous envoient libérer quartier par quartier de la même manière : détruire un chargement, supprimer un homme de main, mettre à mal un traffic, quel qu’il soit… jusqu’à ce qu’un bras droit du Parrain de la mafia débarque et que soit vous lui explosiez la tête, soit vous le recrutiez pour votre compte.
Quartier par quartier, les missions se suivent et se ressemblent, sans qu’aucune innovation ou introduction d’éléments de gameplay ne vienne pimenter tout ça. Résultat, en une heure de jeu seulement, on a l’impression d’en avoir fait le tour et on commence à s’ennuyer ferme.
La distribution des nouveaux lieux de débauche à vos acolytes, Vito, Cassandra et Burke, chacun offrant des particularités spéciales (hommes de main supplémentaires, police corrompue…) n’apporte strictement rien de notable qui puisse relever le niveau.
Bref, on suit rapidement les recommandations et les missions imposées sans passion, sans envie, et avec un fort sentiment de gâchis.

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screenLe gameplay n’est pas mieux loti, malheureusement. En cause l’IA totalement catastrophique des ennemis. Proposant de résoudre certaines missions via l’infiltration (il faudra quand même dézinguer un bon nombre de bandits, mais discrètement) ou la confrontation directe, le jeu obtient le même résultat : des réactions consternantes de vos adversaires. Entre les suppressions d’ennemis à deux mètres de leurs camarades sans que ces derniers ne mouftent, ou les fusillades avec des gars qui se découvrent constamment aux mêmes endroits pour que vous les descendiez plus facilement, le tout sans aucune imagination, sans que vous n’ayez besoin de mettre au point la moindre tactique… Mafia III ressemble finalement bien trop souvent à une démo non finalisée dans laquelle l’Intelligence Artificielle n’a pas encore été implémentée.

screenAjoutez enfin une réalisation technique décevante, entre graphismes loin d’être brillants, avec quelques passages particulièrement ratés, textures parfois bien dégueulasses, un aliasing omniprésent et une qualité globale franchement moyenne où d’innombrables bugs en tous genres viennent se faufiler…

Pour conclure, donc, Mafia III avait tout pour réussir et s’imposer comme la nouvelle référence des jeux de gangsters open world. Sur le papier, on se disait même qu’il aurait pu venir chatouiller GTA sur ses platebandes. Mais au final, tout n’y est que déception. Une réalisation technique décevante et en-dessous de ce que l’on espérait, un gameplay convenu, une IA catastrophique et un jeu chiant à mourir. On passe notre tour.

 

 
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Mafia III (PC, PS4, Xbox One)

Plateformes : PC - Xbox One - PS4

Editeur : 2K Games

Développeur : Hangar 13

PEGI : 18+

Prix : 60 €

Mafia III (PC, PS4, Xbox One)

LA NOTE

LA NOTE DES LECTEURS

note 5/10

 

 

Images du jeu Mafia III (PC, PS4, Xbox One) :

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