Watch Dogs 2 (PC, Xbox One, PS4)

 

Publié le Mardi 15 novembre 2016 à 12:00:00 par Cedric Gasperini

 

Test de Watch Dogs 2 (PC, Xbox One, PS4)

Les promesses enfin tenues ?

imageWatch Dogs premier du nom a connu une sortie assez mouvementée. Si d’un point de vue tout à fait personnel j’avais trouvé le jeu plutôt réussi et plein de bonnes idées, bon nombre de joueurs ont été déçu, notamment en raison de promesses non tenues de la part des développeurs (surtout au niveau graphisme). Watch Dogs 2 débarque donc dans l’espoir de redorer le blason de la série et, surtout, de l’imposer comme un « must have » de cette fin d’année.

L’histoire vous place dans la peau de Marcus Holloway, jeune black hacker à ses heures perdues, qui se retrouve piégé par le ctOS, ce programme de surveillance à outrance de la population, qui espionne les gens jusqu’à écouter leurs conversations téléphoniques. Un viol pur et simple des libertés individuelles qui n’est pas, cela dit, sans rappeler notre bonne société actuelle où chacun est défini par d’innombrables données (ne me dites pas que vous n’avez ni compte bancaire, ni carte de fidélité d’une boutique ou ni compte Facebook/Twitter/Instagram/Twitch/Deboutleszouzous).

Suite à ses exploits de hackers, Marcus est recruté par DedSec, un groupe d’activistes qui lutte contre le ctOS via des actions plus ou moins spectaculaires. Plutôt mois que plus, au début du jeu, cela dit. Et justement, DedSec compte sur les capacités de Marcus pour mettre la pression et monter en gamme.


screenExit donc l’intrigue politico-policière, bonjour à un groupe de geeks où l’on trouve des personnages on-ne-peut-plus caricaturaux, de la fille garçon-manqué au mec cool, le bricoleur ou l’original avec son masque en permanence vissé sur la tronche… Malgré tout, on se prend gentiment au jeu. Certes, le héros est toujours en cruel manque de charisme, et même peut-être moins intéressant, plus lisse, avec moins de fêlures et donc moins de profondeur que le précédent héros, Aiden Pierce. C’est d’ailleurs une nouvelle fois le gros souci d’un jeu Ubisoft : un héros plat et offrant peu d’intérêt, doublé d’une intrigue convenue et d’un scénario qui ne décolle jamais. On ne cesse de le dire, de le répéter, de le clamer haut et fort : Bordel de merde, Ubisoft, embauchez des scénaristes, des vrais, des mecs et des nanas qui en ont dans le ventre, et cessez de nous servir des histoires gentillettes, plates, sans relief et dont l’intérêt retombe aussi vite qu’un soufflé mal cuit. 

Entre nous, si vous n’accrochez pas à cette génération insouciante dont le but dans la vie est mettre à mal les autorités et récupérer le maximum de followers sur les réseaux sociaux, vous risquez sincèrement de ne pas accrocher à l’ambiance. Pour ma part, il a vraiment fallu que je me fasse violence.

screenBon, il ne faut pas exagérer non plus, notez bien. Le jeu se laisse jouer et vous réussirez quand même vous investir dans l’intrigue et dans le bon déroulement du scénario principal. C’est juste que… l’idée même de Watch Dogs est tellement bonne et intéressante qu’on en espérait quelque chose de moins léger, de moins caricatural et de plus profond. Mais je vous rassure : ça se laisse jouer. Avec plaisir. D’autant plus qu’il y a pas mal de bonnes petites idées.

Le but final est donc de récupérer un maximum de followers, via vos actions d’éclat, followers qui iront télécharger votre application, application qui vous donnera assez de puissance pour attaquer le ctOS.

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screenPour mener à bien vos missions, votre téléphone portable sera votre meilleur atout. Il vous permet à nouveau de pirater les téléphones de n’importe qui, pour y ponctionner des fonds aux passants, écouter leurs conversations ou lire leurs SMS, ce qui vous ouvrira parfois quelques missions secondaires. Vous pourrez aussi pirater de nombreuses installations électriques : chariots élévateurs, bornes électriques, mais aussi canalisations d’eau situées sous les routes, ce qui vous permet de faire « exploser » le bitume. Idéal pour ralentir vos poursuivants, dangereux quand vous ratez votre coup et le faites exploser juste sous votre véhicule… Vous pourrez aussi démarrer et piloter les véhicules garés ou non, quels qu’ils soient, bus y compris. Il y a un nombre incroyable de choses à faire, de hacks possibles, de moyens de se sortir d’une situation délicate, et de choses à découvrir et exploiter pour aller au bout de vos missions.

screenOn regrettera quand même très fortement le manque cruel de punitions : vous pourrez maltraiter la population, frapper des passants, leur piquer leurs véhicules, voire les faire exploser, les tuer ou j’en passe, sans que votre aura n’en soit affectée, et sans perte de followers. Finalement, pour le hack des téléphones de passant par exemple, on en vient à les effectuer sans aucune lecture ni prise de temps de voir les conséquences, juste en cliquant frénétiquement sur la bonne touche, et tant pis si du coup on déclenche par mégarde une surchauffe de la batterie qui va paralyser la personne. C’est un peu couillon, donc.

La plupart des missions mettront en avant l’infiltration. Même si on peut toujours y aller de façon bourrine la plupart du temps. Certains bâtiments seront d’ailleurs inaccessible sans un brin d’infiltration. De plus, vous aurez pour vous aider deux drones : un quadricopter et une voiture téléguidée. Ils peuvent même pirater des ordis, déclencher certaines ouvertures de portes, désactiver certains systèmes de sécurité… vraiment très pratique et totalement indispensable à certaines missions. D’autant plus que le niveau de difficulté a été revu à la hausse, l’IA des gardiens ayant été sensiblement améliorée.

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screenAu fil de votre expérience glanée, vous pourrez d’ailleurs augmenter leurs performances, tout comme vous pourrez acquérir de nouvelles compétences ou améliorer votre équipement, armes comprises. Ces armes pourront aussi être personnalisées, une imprimante 3D vous permettant de les créer selon vos envies les plus folles.

Outre le scénario principal, vous aurez une multitude de missions secondaires, dont pas mal de courses. Ces missions secondaires sont un vrai plus… mais on tourne rapidement en rond, il faut bien l’avouer. Plus fun, les missions en coop (il est possible de se retrouver dans la même partie avec un ami qui a aussi le jeu) permettent de partir dans tous les sens et de progresser avec un côté un peu plus fun. De la même manière, on retrouve des affrontements en multi, via certaines zones : parfois on vous dira qu’un ennemi tente de vous hacker et vous devrez le retrouver, ou inversement, hacker un type en particulier sans vous faire choper. Ces missions multi peuvent tout à fait être refusée et stoppées net si vous ne voulez pas perdre de temps avec. Des Deathmatchs en 4 vs 4 sont également disponibles.

screenLe vrai atout du jeu reste tout de même la ville de San Francisco. Impressionnante, plein de vie, pleine de détails, pleine de bâtiments, de voitures, de routes, de possibilités de hack… On passera des heures à la sillonner, même sans mission précise à faire, juste pour le plaisir de la découvrir. Le jeu est d’ailleurs graphiquement très réussi, quand bien même des ralentissements peuvent survenir et qu’on notera un brin d’aliasing, surtout sur consoles.

Au final, Watch Dogs 2 est un peu ce que Watch Dogs premier du nom aurait sans doute dû être : beaucoup plus de possibilités, une ville plus riche et intéressante, une réalisation un brin meilleure… Quand bien même graphiquement, il y a encore pas mal de pains et que le jeu est truffé de petits bugs à la con. Plus réussi, donc, mais pas exempt de défauts, dont notamment un héros sans charisme et un scénario qui manque cruellement de relief, une nouvelle fois comme trop souvent chez Ubisoft.

Mais qu’on ne se trompe pas pour autant : Watch Dogs 2 est un excellent jeu. Les innombrables possibilités, le fun que les situations chaotiques que vous provoquez grâce à vos hacks, le gameplay impeccable et la durée de vie très conséquente en font un de ces indispensables pour la fin de l’année. La promenade dans San Francisco vaut largement le détour et la saga est sur de très bons rails.

 

 
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Watch Dogs 2 (PC, Xbox One, PS4)

Plateformes : PC - Xbox One - PS4

Editeur : Ubisoft

Développeur : Ubisoft

PEGI : 18+

Prix : 60 €

Aller sur le site officiel

Watch Dogs 2 (PC, Xbox One, PS4)

LA NOTE

LA NOTE DES LECTEURS

note 8/10

 

 

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