La Guerre du Lotus - T1 : Stormdancer, roman steampunk japonais

 

Publié le Vendredi 29 octobre 2021 à 12:00:00 par Julia Bourdin

 

La Guerre du Lotus - T1 : Stormdancer, avis

Fume le lotus avant qu'il ne te fume

Vous ne pensiez tout de même pas vous débarrasser de moi si facilement ? Et oui, je reste dans l’équipe pour continuer à vous proposer de temps en temps un petit coin lecture. Et cette fois-ci, je vais vous parler du premier tome de La Guerre du Lotus, une trilogie mélangeant Steampunk et fantasy japonaise écrite par Jay Kristoff et éditée par Castelmore.

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L’empire de Shima est un endroit corrompu par la pollution du lotus rouge, une plante qui sert à la fois de carburant pour les machines et de drogue pour les ouvriers malades.

Yukiko fait partie des chasseurs de monstres du shogun, le maître cruel qui tire les ficelles de l’ensemble. Lorsqu’il leur ordonne de capturer un arashitora, un tigre de tonnerre, une créature que l’on dit disparu, c’est ce qui semble être le début d’un voyage sans retour. Car quiconque déçoit le shogun y perd la vie.

Yukiko accomplira alors l’impossible… mais s’égarera dans la dernière forêt sauvage de l’empire de Shima avec pour seule compagnie un tigre de tonnerre furieux et ses doutes concernant l’avenir de l’empire…


En premier lieu, le moins que l’on puisse dire c’est que l’ambiance japonaise est bien présente. Que ce soit au niveau de la mythologie très bien insérée à l’ensemble, la culture et tout particulièrement au niveau de la description des objets, armes, armures et vêtements. On sent qu’on a affaire à un fan.Tout semble avoir été très bien documenté et si vous êtes vous aussi intéressé par l’archipel du soleil levant vous risquez d’apprendre pas mal de choses. J’en ai par exemple appris beaucoup sur les mythes fondateurs du Japon.

Cependant la surabondance de vocabulaire japonais durant tout le récit peut handicaper le confort de lecture tout particulièrement si vous n’avez pas de connaissances de base. Si pour la plupart des termes un glossaire (d’une dizaine de pages tout de même) est à la disposition du lecteur ainsi que des explications en cours de lecture, je trouve que c’est parfois un peu trop surtout quand des mots ayant un équivalent dans notre langue tels que “oui” ou “hein ?” sont en japonais.

Mais au-delà de l’ambiance japonaise, ce que j’apprécie tout particulièrement c’est qu’on a affaire à un roman steampunk qui n’oublie pas le punk. En effet, passés les vaisseaux volants, on découvre une société très divisée en proie à la pauvreté, la maladie provoquée par la pollution et à la manipulation des grandes entreprises.

On n’est pas dans un univers tout rose et si le fameux shogun n’est rien de moins qu’un méchant psychopathe sans grande profondeur, il n’en est pas de même pour la Guilde du Lotus, l’entreprise tentaculaire qui contrôle la majeure partie de la vie à Shima. Elle manipule informations, argent, peuple, religion, détruit l’environnement, fait tout ce qui est à sa disposition dans vraisemblablement le seul but de s’enrichir… Il s’agit vraiment de l’ombre qui plane sur tout le récit et tout particulièrement au-dessus de la vie de Yukiko qui risque la mort en les défiant. Cependant, les Guildiens, les employés de la Guilde ne semblent pas vraiment maléfiques et certains deviennent même des alliés lorsqu’ils comprennent qu’ils ne sont que des engrenages dans un système dangereux.

La Guilde ressemble quand on y réfléchit presque plus à une secte qu’à une entreprise, basée sur la religion, le progrès technologique et le transhumanisme formatant ses membres dès leur plus jeune âge… Elle est vraiment terrifiante tout en étant composée d’humains tous fragiles à leur manière. J’ai vraiment envie de continuer à l’explorer, de savoir comment elle va réagir aux agissements de nos héros, si elle va tomber et si ses dirigeants sont aussi monstrueux que je les imagine…

Amis lecteurs, si l’ambiance cyberpunk vous plait, la Guilde du Lotus ne devrait pas vous déplaire.

Globalement, j’ai adoré l’univers de La Guerre du Lotus et son mélange assez inattendu de culture japonaise et de steampunk. Cela marche à merveille, bien plus que je ne l’aurais imaginé et quand la lecture s’arrête j’ai envie de replonger dans Shima et sa poussière noire.

Malgré tout, il faut reconnaître que de temps en temps, et surtout dans les deux/trois premiers chapitres, l’auteur, qui souhaite à tout prix nous plonger dans son univers, nous tartine de longues descriptions alambiquées… Trop d’adjectifs et fioritures, partant parfois dans un trait poétique, qui, au lieu de nous laisser entrer dans l’univers, rebutent un peu… Et c’est dommage car c’est pour moi le point noir de ce récit, les deux premiers chapitres, s’ils décrivent au milimètre près tout ce qu’on voit, à tel point qu’on pourrait dessiner la scène, sont assez indigestes… Si pour ma part, j’ai choisi de persévérer un peu, nul doute qu’une bonne partie des lecteurs non-avertis refermeront le livre pour passer au suivant.

Et encore une fois, c’est dommage car ce serait passer à côté d’une bonne histoire d’apprentissage, de révolution et d’écologie. Surtout que la plupart des personnages sont vraiment sympathiques et apportent chacun un point de vue différent mais intéressant sur l’empire de Shima, ses problèmes, ses enjeux, sa moralité. Ces personnages auront tous quelque chose à offrir à Yukiko au cours de son périple et l’aideront à prendre sa décision ; faut-il renverser le shogunat ?

Mon préféré est le père de Yukiko qui a bien conscience de l’injustice qui règne dans l’empire, plus que la plupart des gens d’ailleurs, mais qui a choisi de courber l’échine et de rester à sa place pour protéger sa fille, la chose la plus précieuse à ses yeux. Je le trouve intéressant car c’est une bonne personne qui travaille pour une mauvaise personne, qui fait ce qui lui semble bien et c’est vrai que moi-même je comprends son point de vue. Mais j’ai apprécié sa confrontation avec sa fille, qui passe le récit à s’émanciper de son père et à emprunter sa propre et dangereuse route malgré lui… Ce qui, au final, paradoxalement, les rapprochera.


Bref, maintenant que les braises de la révolution sont en marche je vais très probablement lire la suite de La Guerre du Lotus. J’ai envie de savoir ce qu’il advient de Shima, si le lotus va continuer de fleurir ou s’éteindre… Si vous aimez le Japon et le Steampunk à l’odeur d’huile de moteur, je vous conseille cette trilogie. Vous devriez passer un bon moment. 

 

 
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La Guerre du Lotus - T1 : Stormdancer, roman steampunk japonais

Plateformes :

Editeur : Castelmore

Développeur : Jay Kristoff

PEGI : 12+

Prix : 10.00 €

La Guerre du Lotus - T1 : Stormdancer, roman steampunk japonais

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