Forspoken (PS5/PC)

 

Publié le Vendredi 10 février 2023 à 13:00:00 par Vincent Cordovado

 

Forspoken (PS5/PC)

Il est Frey ton poisson ?

imageA l'heure où l'industrie du jeu vidéo prend de moins en moins de risque, en proposant des tonnes de remakes ou de suites, forcément, voir une nouvelle licence débarquer fait toujours plaisir. Malheureusement, entre son annonce, il y a deux ans, et sa sortie réelle, Forspoken aura tout aussi bien réussi à titiller notre intérêt,  au travers de ses magnifiques trailers, qu'à calmer nos ardeurs, avec une récente démo franchement peu convaincante. Pourtant, sur le papier, Forspoken a tout pour réussir : un open world qu'on nous promet magnifique, de grands noms qui ont participé à son développement et qui laissent présager d'une grande mise en scène et un univers modern fantasy qui devrait apporter un peu de fraîcheur au genre. Mais manette en main, la version finale a-t-elle effectivement la tête dans la brume ?

imageDans Forspoken, on suit Frey Holland, une jeune new-yorkaise dont le quotidien est bien loin de toute contrée fantastique. La demoiselle ne connait pas ses parents, s'est construite seule et survit bien plus qu'elle ne vit, à base de petites combines et de fréquentations véreuses qui la conduisent régulièrement devant la justice.

Bref, la vie pue grave pour la demoiselle qui n'espère qu'une chose, pouvoir entamer un nouveau départ avec sa chatte Homère, sa seule amie, grâce à l'argent qu'elle a réussi à mettre de côté. Manque de pot pour elle, rien ne se passe comme prévue, son logement brûle, son argent aussi et il ne lui reste que sa chatte et ses yeux pour pleurer. Elle finit par tomber sur un bracelet magique et, à peine enfilé, la voici catapultée dans le royaume d'Athia. De fil en aiguille, et après un passage rapide par la case prison, on lui fait comprendre qu'elle est la seule à pouvoir sauver le royaume, totalement ravagé par la Brume, un fléau qui transforme toute forme de vie en sorte de zombie et que se sont les Tantas, qui sont pourtant les dirigeantes et les protectrices du royaume, qui en sont la cause.

imageComme vous l'imaginez, vous allez devoir explorer chaque région pour botter les fesses de chacune des dirigeantes et libérer le royaume.

Globalement, le scénario se suit mais n'a rien de transcendant dans le sens où tout est cousu de fil blanc et il n'y a aucune surprise. Ce n'est pas mauvais, il y a quand même un peu de tension parfois, mais la mise en scène n'a rien d'exceptionnelle du tout, ce qui n'aide pas à relever le niveau. En revanche, j'ai vraiment apprécié que le titre propose de jouer une héroïne et que les personnages principaux ne soient que des femmes. Ca change un peu.

Dommage cependant que le personnage de Frey soit aussi détestable pendant toute une partie de l'aventure, ce qui n'aide pas vraiment à s'attacher à elle. Et ce n'est pas les tentatives d'humour que le jeu propose lors des dialogues entre elle et son bracelet, Krav, qui viennent nous la rendre plus attachante. Au contraire.

Très clairement, et c'est surtout vrai durant les premières heures de jeu, il est difficile de rentrer dans Forspoken. C'est long, certaines phases sont totalement inutiles et Frey est plus antipathique qu'autre chose. Autant dire que ça ne laisse présager rien de bon pour la suite de l'aventure.

Et c'est finalement à partir du chapitre 3 qu'on commence enfin à pouvoir goûter à la recette du jeu, à savoir : parkour, exploration et combat.

imageA l'image de l'intro poussive, il faut du temps pour trouver ses marques dans Forspoken que ce soit durant les phases de Parkour ou de combats. Ce n'est pas évident.

Fort heureusement, après quelques heures de jeu et de pouvoirs débloqués, le potentiel du gameplay du titre commence à s'exprimer.

Frey va pouvoir sauter plus loin, s'aggriper à des parois, marcher sur l'eau ou lancer un grappin de feu. On se déplace de mieux en mieux et surtout de plus en plus vite. Et au final, j'ai trouvé qu'on prenait de plus en plus de plaisir à la contrôler, que ce soit durant les phases de parkour ou de combat et que de ce côté-là, ça devenait même très grisant.

Bon après, niveau contrôle, on échappe quand même pas à quelques imprécisions, du genre Frey qui marche sur un mur en plein combat alors qu'on n'a rien demandé et qu'on appuie juste sur la touche, qui déclenche les déplacements en mode parkour, pour esquiver une attaque, mais dans l'ensemble, ça passe.


imageAutre truc cool, le titre de Square Enix propose vraiment une très grosse palette de sorts puisqu'on peut en débloquer une centaine. Certains sorts sont offensifs, d'autres défensifs et d'autres servent à améliorer la gestion du parkour. De ce côté là, le titre est vraiment généreux et la demoiselle finit par se transformer en tank qui peut se déplacer partout et tout exploser sur son passage. Plusieurs styles de magie sont disponibles et l'on passe de l'un à l'autre, en combat, via la croix directionnelle.

Mais forcément, avec autant de sorts disponibles, niveau ergonomie, Forspoken demandera, là encore, un certain temps d'adaptation pour passer facilement de l'un à l'autre. Lorsqu'on ouvre la roue des sorts, le temps est ralenti, mais encore faut-il savoir où se situe le sort qui nous intéresse. Ce qui n'est pas toujours évident. De même, on n'a aucune visualisation concernant le rechargement des sorts qui ne sont plus actifs, ce qui oblige à ouvrir systématiquement la roue pour voir où l'on en est, ce qui pête un peu le rythme des combats.

imageCôté open world, Forspoken ne réinvente pas la poudre : le monde d'Athia est grand, très grand même et vide de vie, en dehors des ennemis, mais c'est justifié par le scénario. Pour autant, il y a quand même largement de quoi s'occuper pour peu qu'on soit un joueur complétionniste ou qu'on souhaite tout simplement renforcer un peu les capacités de la demoiselle.

On peut débloquer de nouveaux pouvoirs via les sources, activer les beffrois qui permettent de dévoiler la carte, inspecter des monuments à la gloire des Tantas pour augmenter nos stats, nettoyer des villages des monstres qui les occupent pour gagner de l'expérience ou de l'équipement, participer à des défis chronométrés pour récupérer de précieuses ressources, déglinguer des mutants ou encore aller visiter des labyrinthes scellés, des sortes de petits donjons, qui permettent, une fois le boss du lieux vaincu, de gagner de l'équipement.

imageLe revers de la médaille, c'est que forcément, si au départ, on prend le temps de bien nettoyer chaque lieu, à force, on finit par se lasser et on met de côté ce pan de l'exploration pour avancer dans l'aventure. D'autant que, si ce n'est pour augmenter notre personnage, tout cela n'a aucun autre intérêt. 

On aurait pu imaginer que certaines quêtes annexes scénarisées viennent enrichir la compréhension de ce nouveau monde, mais que nenni. Si vous voulez en apprendre plus sur le royaume d'Athia, il faudra passer par la collecte de documents. On a déjà vu plus glamour. Il n'est absolument pas nécessaire de lire tout ça pour comprendre l'histoire de jeu, ses tenants et aboutissants. Au contraire d'un Elden Ring où les pièces de puzzle ne peuvent s'assembler qu'à la lecture de ce genre de documents.

imageDe même, la collecte d'équipement montre assez vite ses limites. Il existe un paquet de capes, colliers et vernis à récupérer, mais il n'est guère nécessaire d'en trouver des tonnes pour créer une Frey prête à tout massacrer : entre les points de magie qu'on récupère à la pelle pour améliorer nos sorts et le fait que chaque sort puisse encore être augmenté en réussissant des défis, on arrive rapidement à surpasser tout le monde.

Bref, le titre est hyper généreux. Tellement d'ailleurs que, je pense que ça le dessert.

En soi, dans un open world, vous allez me dire que ce n'est pas un souci et que c'est même le but d'avoir des tonnes de choses à faire. Et je suis d'accord. Le problème, c'est que cela n'a d'intérêt que si cela apporte un plus au joueur. Et ici, ce n'est pas le cas. On part explorer durant les 7-8 premières heures de jeu pour booster Frey, mais après, ça ne sert strictement plus à rien. Le jeu n'est pas difficile et même en ligne droite, on a tellement moyen d'augmenter Frey qu'il n'est pas nécessaire de partir explorer le monde.

imageEn plus de ça, ce remplissage à l'extrême laisse la désagréable sensation que cela a été fait pour cacher une histoire relativement courte, qui peut se plier en 10 heures. Le jeu est découpé en 12 chapitres (enfin 13 si on compte celui du post-game) mais certains peuvent se finir en moins d'une minute puisqu'ils ne consistent qu'à aller d'un point A à un point B, ce qu'on peut faire en 5 secondes avec le voyage rapide.

Pour être totalement transparent avec vous, j'étais au chapitre 7 en 15 heures de jeu et j'ai finalement atteint le chapitre 13 en 19 heures de jeu, lorsque j'ai décidé d'arrêter de flaner. Vous voyez le truc ?

Autre truc qui fait un peu tiquer, c'est la différence visuel entre les différents trailers proposés et le jeu en lui-même. Ce n'est pas moche, certains décors sont même très agréables à regarder mais on est très loin de la claque promise. D'autant que le jeu rencontre quelques problèmes d'ennemis qui poppent à la dernière seconde ou d'aliasing.


Alors j'avoue qu'à la lecture de mon test, on peut se dire que je n'ai pas aimé Forspoken. Ben curieusement, si. Très clairement, il a plein de défauts qui, pour un triple A, quand on le compare aux autres de sa catégorie, font qu'on peut le prendre comme un foirage, ou une déception, de la part de Square Enix : il est court, l'histoire et la mise en scène sont moyennes, l'humour entre Krav et Frey ne marche pas et les "à côté" fleurent bon le remplissage. Mais pour autant, personnellement, j'ai apprécié le faire et me balader dans le monde d'Athia. Même si cela demande un peu de temps de prise en main, j'ai bien aimé le système de magie et de Parkour et même si je suis bien conscient de tout ce qui ne va pas, le plaisir était là et ça n'a pas été une corvée de le terminer. C'est clair qu'on est très loin d'une réussite totale, que de nombreux points sont à revoir, mais en terme de gameplay, le plaisir était là. Et pour une fois, on a droit à une nouvelle licence, donc autant encourager ça. Je vous conseillerai quand même d'attendre de le trouver en occasion pour vous lancer dans l'aventure.

Comme d'habitude, la version vidéo de ce test est disponible juste en cliquant en dessous :
 

 

 
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Forspoken (PS5/PC)

Plateformes : PC - PS5

Editeur : Square Enix

Développeur : Luminous Productions

PEGI : 18+

Prix : 79,99 €

Forspoken (PS5/PC)

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