Invicible VS (PC, PS5, Xbox Series)

 

Publié le Lundi 4 mai 2026 à 11:30:00 par Théo Valet

 

Invincible VS

Cruelle désillusion

imageInvincible VS est un jeu de combat en équipe de trois et le premier projet de Quarter Up, un jeune studio filiale de Skybound Games, lui-même rattaché à Skybound Entertainment. Et Skybound, c’est tout simplement la société fondée par Robert Kirkman, créateur d’Invincible, mais aussi de The Walking Dead. Il a également travaillé chez Marvel Comics sur des séries comme Marvel Zombies, Ultimate X-Men ou encore Ultimate Fantastic Four. Bref, un grand nom du comics.

Depuis quelques années, Invincible est adapté en série animée, qui reprend l’histoire du comics tout en y ajoutant des éléments. Le résultat est excellent, autant pour les nouveaux venus que pour les fans de longue date, dont je fais partie.

Autant dire que lorsque le jeu a été annoncé, j’étais très enthousiaste, même si je restais curieux de voir ce que cet univers pouvait donner dans un jeu de combat.

Le jeu promettait notamment un mode histoire écrit par Robert Kirkman lui-même, avec en bonus un personnage inédit, Ella Mental, capable de manipuler les éléments. Sur le papier, c’était très prometteur. Dans les faits, c’est une vraie déception. L’histoire dure à peine une heure, et le scénario tient surtout lieu de prétexte pour enchaîner les combats avec différents personnages. Elle n’apporte rien à l’univers ni aux protagonistes, et le nouveau personnage est à peine développé. On en apprend plus sur le site du jeu que dedans. 

Sauf qu’une fois le jeu en main et l’histoire terminée, on se sent un petit peu arnaqué quand même. L’histoire dure une petite heure et le scénario tient sur un timbre poste et est seulement un prétexte à enchaîner les combats en jouant différents personnages. Ça n’apporte absolument rien ni à la trame narrative de l’univers, ni à aucun personnage. On n’apprend absolument rien sur Ella Mental, tellement rien qu’on en sait plus sur le site internet du jeu que dans le jeu.


Cela dit, on ne s’ennuie pas vraiment. Les combats s’enchaînent vite, on change régulièrement de personnage, et le rythme est soutenu. Mais tout va justement trop vite. On aurait aimé une structure plus ambitieuse, avec un mode histoire découpé en plusieurs chapitres pour faire vivre le jeu dans le temps. 

Les cinématiques restent toutefois très réussies, et j’ai apprécié la mise en avant de certains antagonistes qu’on voit finalement assez peu ailleurs. Je n’en dirai pas plus pour éviter de gâcher la surprise. 

imageAvant de me lancer dans ce mode, j’ai commencé par le tutoriel, et heureusement, car l’histoire n’apprend absolument pas à jouer. Le jeu repose sur un système en équipe de trois, et la gestion des personnages est essentielle. Lorsqu’un combattant sort du terrain, il récupère une partie de sa vie, ce qui rend les changements stratégiques indispensables. Il faut apprendre à faire tourner son équipe efficacement pour tenir sur la durée. 

On peut évidemment interagir avec l’équipe adverse, notamment en éjectant un personnage pour en faire entrer un autre à sa place, idéalement un combattant déjà affaibli afin de lui porter le coup de grâce. Cela donne lieu à des enchaînements particulièrement spectaculaires, où l’on alterne entre plusieurs personnages au bon moment pour maintenir la pression, avant de forcer un changement chez l’adversaire et enchaîner immédiatement sur une nouvelle cible. Le tout est extrêmement satisfaisant une fois maîtrisé. 

Au-delà de cette gestion d’équipe, le jeu est très nerveux et se rapproche davantage de Street Fighter que de Mortal Kombat, auquel j’ai pourtant bien plus joué. On retrouve dans Invincible VS des combats rapides, avec des personnages très mobiles et des combos qui peuvent s’étirer si l’on ne parvient pas à les interrompre. C’est un style qui demande un petit temps d’adaptation, mais qui reste assez accessible, même si le tutoriel n’aide pas vraiment.

imageLe choix d’utiliser des notations comme L, M ou H à la place des boutons de la manette est assez déroutant. On passe son temps à faire des allers-retours entre la liste des coups et la configuration des touches pour comprendre les correspondances, ce qui devient vite pénible. Il est aussi dommage de ne pas pouvoir épingler les coups spéciaux des personnages à l’écran pour les apprendre plus facilement, comme le propose Mortal Kombat. C’est une fonctionnalité particulièrement utile quand on débute.

Malgré ce défaut, le système de combat reste très plaisant. C’est rapide, parfois un peu chaotique au départ, on a tendance à enchaîner les attaques sans trop réfléchir, mais on progresse assez vite. Avec le temps, on apprend à jouer de manière plus posée et stratégique, notamment lorsqu’on commence à affronter d’autres joueurs.

imagePour moi, le principal manque concerne l’interaction avec le décor. L’univers d’Invincible est connu pour ses affrontements complètement démesurés, avec des destructions massives et des dégâts colossaux sur les infrastructures comme sur les civils. Ici, c’est tout l’inverse : les arènes sont figées. On ne peut rien casser, rien utiliser. Impossible, par exemple, de saisir une voiture pour l’envoyer sur l’adversaire. Les environnements n’évoluent pas au fil du combat, rien ne s’effondre, et l’ensemble paraît trop statique.

On aimerait pouvoir projeter un adversaire à travers un immeuble et enchaîner le combat à l’intérieur, un peu comme dans Injustice. Certes, il est possible d’éjecter l’adversaire vers un autre terrain, mais la transition manque d’impact et ne procure pas la même sensation qu’une zone réellement connectée et destructible.

En revanche, le jeu respecte parfaitement la violence des comics et de la série. Les affrontements sont brutaux, on peut littéralement mettre en pièces son adversaire, lui arracher des membres, et les dégâts sont visibles en temps réel. Le sang coule, les costumes se déchirent, et l’ensemble reste fidèle à l’esprit de l’œuvre.

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Je suis aussi très fan des attaques ultimes, qui reprennent des moments emblématiques de chaque personnage. Voir Omni-Man projeter un adversaire à travers plusieurs immeubles, tête la première, avant de lui écraser un morceau de continent sur le crâne, c’est du grand art.

imageEn parlant des personnages, le jeu en propose 18 au lancement, avec quatre autres attendus dans l’année, dont Universa et Immortal dès cet été. Le roster de base est plutôt solide. On retrouve les figures importantes du début de l’histoire, et leurs kits sont globalement fidèles à leurs capacités et à leur identité. 

Il faut tout de même noter une certaine redondance. Plusieurs personnages donnent une impression de déjà-vu, avec des archétypes très proches : Mark Grayson et Bulletproof, Ella Mental et Atom Eve, Cecil Stedman et Rex Splode ou encore tout un groupe composé de Omni-Man, Battle Beast, Allen the Alien, Conquest et Lucan.

Bien sûr, leurs mécaniques ne sont pas strictement identiques, et chacun a ses spécificités, mais la sensation de jouer plusieurs variations d’un même type de personnage est bien présente. À force, se retrouver avec l’équivalent de cinq “Superman”, et un de plus à venir avec Immortal, commence à faire beaucoup.

imageOn aurait sans doute gagné à intégrer davantage de profils atypiques, avec des capacités vraiment différentes. Des personnages comme Angstrom Levy et sa technologie dimensionnelle, Aquarus et son contrôle de l’eau, Red Rush et sa vitesse, Martian Man et son élasticité, ou encore Doc Seismic et ses pouvoirs sismiques auraient apporté bien plus de variété.

On espère que Universa saura tirer son épingle du jeu et que les futurs personnages viendront enrichir le gameplay avec davantage d’originalité. Cela dit, cette redondance vient aussi en partie de l’univers d’Invincible lui-même, qui compte beaucoup de personnages aux pouvoirs similaires. On pourrait citer d’autres figures très appréciées des fans comme Thragg, Black Samson ou Kregg, qui s’inscrivent eux aussi dans cette logique.

À noter également que, comme dans beaucoup de jeux de combat, les personnages à distance peuvent rapidement devenir très frustrants. C’est le cas de Cecil Stedman et Rex Splode, et particulièrement Cecil qui, entre les mains d’un bon joueur, peut complètement verrouiller l’accès et punir à distance. D’où l’importance de composer des équipes équilibrées pour s’adapter à toutes les situations. Et forcément, plus on joue, plus on apprend à gérer ce type d’adversaires.

Côté modes de jeu, c’est assez pauvre. En dehors du mode histoire, on trouve un mode Arcade et un mode Versus, en local ou en ligne. 

imageLe mode Arcade est plutôt sympathique et fonctionne sur le même principe que les tours de Mortal Kombat. On enchaîne une série d’équipes adverses, avec à la clé une cinématique de fin pour le personnage sélectionné en premier. Quatre parcours sont proposés : 
  • Rapide avec 5 combats dans la difficulté de son choix,
  • Normal avec 7 combats en difficulté normale,
  • Gardien avec 10 combats en difficulté difficile,
  • Invincible avec 12 combats en difficulté Viltrumite. 
C’est un mode idéal pour se préparer avant d’affronter d’autres joueurs. En revanche, je trouve dommage qu’une défaite ne provoque pas de véritable Game Over obligeant à recommencer la tour. Ce serait certes plus punitif, mais aussi bien plus stimulant. D’autant que l’IA reste assez classique : elle fait le travail pour apprendre les bases et proposer un minimum de challenge, sans être particulièrement redoutable.

Je me sentais plutôt confiant après avoir terminé le dernier parcours sans perdre, mais l’illusion n’a pas duré longtemps. Après quinze matchs sans victoire en ligne, je suis vite redescendu sur terre.

Le mode Versus se divise en deux : local et en ligne. Le premier permet d’enchaîner des matchs contre l’IA ou contre un ami en écran partagé, tandis que le second propose d’affronter d’autres joueurs. En ligne, on peut lancer des parties classées ou non classées, mais aussi créer des salons privés pour jouer entre amis.

imageLe mode classé est clairement le plus intéressant, mais aussi le plus exigeant. Dès le départ, on vous demande d’évaluer votre niveau, et honnêtement, mieux vaut ne pas être trop optimiste. De mon côté, j’ai indiqué un niveau “normal” et je me suis retrouvé face à des joueurs bien plus expérimentés, qui m’ont complètement dominé pendant mes dix matchs de placement.

Les choses se sont un peu équilibrées une fois classé plus bas, face à des joueurs censés être de mon niveau… mais là encore, l’expérience restait compliquée. J’étais déjà niveau 15 grâce au mode histoire et à de nombreuses parties en Arcade, mais l’écart entre l’IA et de vrais joueurs est énorme. Beaucoup avaient déjà participé à la bêta, maîtrisaient parfaitement le jeu et affichaient même des cosmétiques exclusifs. Résultat : même contre des adversaires “équivalents”, j’ai souvent eu du mal à exister.

En parlant des skins, c’est l’occasion d’aborder un autre gros point noir du jeu : le système de récompenses. Il est extrêmement basique. On gagne des niveaux de joueur et des niveaux de maîtrise pour chaque personnage, qui débloquent essentiellement des variantes de couleurs pour le skin de base, des croquis, des illustrations ou encore des éléments pour personnaliser sa bannière. Et c’est tout. Il n’y a rien de vraiment marquant à obtenir.

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imageAu début, je pensais simplement que je ne trouvais pas les autres skins parce que le jeu n’était pas encore officiellement sorti. Mais en allant faire un tour sur le PlayStation Store, j’ai découvert tout un tas de skins plutôt réussis… vendus entre 4 et 10 €. Et en jeu ? Rien, ou presque. Même le costume bleu et noir emblématique de Mark Grayson est bloqué derrière un bonus de précommande. C’est difficile à avaler, surtout quand on sait à quel point ce type de récompense aurait été pertinent en atteignant le niveau de maîtrise maximum.

Résultat, il n’y a aucune vraie motivation à jouer sur la durée. Les cosmétiques proposés ne donnent pas envie de s’investir, et même en progressant en classé, il n’y a aucun retour, aucune récompense notable. On avance un peu dans le vide.

Il manque clairement une monnaie à gagner en jouant, qui permettrait de débloquer du contenu intéressant. C’est exactement ce qui fonctionne bien dans Mortal Kombat, où l’on peut obtenir des skins, des fatalités ou d’autres éléments en jouant. Là, rien ne donne vraiment envie de “grinder”.

Et forcément, ça pose aussi la question du prix du contenu à venir. Si un simple skin peut coûter jusqu’à 10 €, à combien seront vendus les nouveaux personnages ? Difficile de ne pas être inquiet, surtout pour un jeu déjà vendu autour de 50 € et qui propose un contenu assez limité. Entre un mode histoire très court, un Arcade classique et un Versus, on est vraiment sur le strict minimum pour le genre, surtout face à la concurrence.

imageLe timing n’aide pas non plus, avec la sortie de Mortal Kombat II au cinéma, qui s’accompagne de nouveau contenu pour Mortal Kombat 1, dont certains éléments gratuits. Dans ces conditions, difficile de ne pas s’inquiéter pour la longévité du jeu s’il ne s’enrichit pas rapidement.

Finissons ce tour d’horizon par l’aspect technique, qui n’est pas irréprochable. Les matchs en ligne souffrent parfois de ralentissements et de freezes assez marqués, avec des déconnexions intempestives qui peuvent ruiner une partie. Le matchmaking, de son côté, n’est pas toujours très rapide pour trouver des adversaires.

Sur le plan artistique, le jeu reste agréable à regarder et les cinématiques sont réussies, même si les textures des décors manquent parfois de finesse. J’ai particulièrement apprécié les écrans de chargement animés, qui reprennent des moments de la série, ainsi que le thème principal, très marquant.

Je suis également ravi de retrouver une partie du casting vocal original, et je tiens à saluer la performance de Aleks Le, qui double Mark Grayson à la place de Steven Yeun. Il parvient à se rapprocher de la voix d’origine tout en y apportant sa propre interprétation.

Au final, Invincible VS reste une petite déception. J’en attendais plus à de nombreux niveaux. Ce n’est pas un mauvais jeu, loin de là, mais il se contente du strict minimum, et dans ces conditions, il est difficile d’imaginer une grande longévité. Je ne me vois pas y passer autant de temps que sur des titres comme Mortal Kombat ou Injustice, mais il fera sans doute un bon jeu à lancer de temps en temps, par affection pour la licence, pour enchaîner quelques combats et se détendre en fin de journée.

 

 
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Invicible VS (PC, PS5, Xbox Series)

Plateformes : PC - PS5 - Xbox Series

Editeur : Skybound Entertainment

Développeur : Quarter Up

PEGI : 18+

Prix : 49,99 €

Aller sur le site officiel

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