Dead Space 2 (PC/Xbox 360/PS3)

 

Publié le Lundi 31 janvier 2011 à 12:00:00 par Cedric Gasperini

 

Test Dead Space 2 PC Xbox 360 PS3

Aliens, le retour

imageIls ont tué Isaac Clarke. Visceral Game lui a retiré toute sa substantielle moelle et en a fait une simple copie, un clone, aussi éloigné de l’original que peut l’être une banane d’un kiwi. Même si les deux restent des fruits et que le mariage des saveurs est intéressant.
Autre analogie, plus claire : Prenez Alien. Le premier film, réalisé par Ridley Scott. Un monstre de suspense, d’angoisse, de peur, de sueurs froides… Prenez Aliens, la suite, réalisée par James Cameron. Le film est tout aussi culte, mais dans un autre genre : plus bourrin, plus tourné vers l’action et nettement moins vers le suspense.
On ne peut trouver meilleure comparaison pour parler de Dead Space et sa suite, Dead Space 2.

Dead Space était l’Alien du jeu vidéo. Un truc fabuleux qui vous met les foies, à jouer sur l’ambiance sonore, à alterner les moments de calme avec ceux de panique… Moi qui ne suis pas du genre à avoir les dents qui claquent devant les Resident Evil et autres Silent Hill, j’ai eu mon lot de sursauts et de sueurs froides avec Dead Space. J’ai beaucoup aimé le jeu, malgré ses nombreuses imperfections.
Pour le coup, je suis nettement plus dubitatif avec Dead Space 2. Car vous n’êtes plus dans un jeu qui fait peur, mais juste dans un simple shoot sur fond de monstres et de gerbes de sang… reste à savoir si, à l’instar d’Aliens, le deuxième film, cette suite de Dead Space arrivera à sortir du lot.

Plusieurs années ont passées. 3 pour être exact. 3 ans dans un hôpital psychiatrique à subir questions et opérations diverses, dans le but de comprendre exactement ce qu’il sait et ce qui lui est arrivé. Voilà la vie d’Issac Clarke depuis ses aventures dans Dead Space premier du nom et sa découverte du monolithe alien qui, pour le coup, a changé sa petite amie en Diva zombie. Lorsqu’il se réveille de cette longue période cauchemardesque, c’est pour replonger dans une autre horreur, bien plus mortelle, celle-là. La station spatiale La Méduse, située sur Titan, l’un des satellites de Saturne, est à son tour envahie par les Nécromorphes. Il va falloir trouver le moyen de s’en échapper.

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screenChaque niveau de la station, chaque salle, chaque couloir, est ravagé. Meubles cassés ou renversés, cadavres humains à chaque pas, traces de sang sur les murs ou les sols… vous en aurez en gore et en gore. Les néons vacillants font place aux sombres couloirs, aux coupures d’électricité… le tout agrémenté d’hallucinations horribles. Car le premier Dead Space a laissé Isaac au bord de la folie. Son esprit sombre lentement dans une démence irréversible. Son corps tout entier s’abandonne peu à peu à la vie Nécromorphe… Heureusement, une survivante est là pour l’aider. Elle le guide, lui demande de le rejoindre, lui promet de le soigner… Elle connait les lieux, a accès aux plans… Isaac n’a d’autre solution que de la suivre. Que dire de cet autre patient, lui aussi échappé de l’asile, et qui semble vouloir faire ami-ami également avec notre héros ? Et qui sont ces soldats désireux de tuer toute personne encore vivante dans la station ? Qui sont ces illuminés religieux de l’Eglise de l’Unitologie ?

Pas de doute, Dead Space 2 est un jeu qui vous plonge dans l’horreur. Monstres dégoulinants, gerbes de sang (on explose les corps à coups de pied pour les réduire en bouillie et récupérer les objets qu’ils transportent)… ajoutez à cela les râles des survivants qui se font déchiqueter… les sanglots d’une mère et les pleurs d’un enfant… les cris d’effroi des victimes… les gargouillis répugnants des Nécromorphes…

screenPour lutter, Isaac aura droit à un arsenal impressionnant. On retrouve les armes du premier opus tels le cutter laser ou le fusil-mitrailleur, agrémentées de petites nouveautés, comme un fusil à lunette pour démembrer les ennemis à distance avec plus de précision, un canon à mines, un lance-javelots électriques…
On trouvera des munitions sur les corps de ses ennemis ou à même le sol, dans des caches, derrière des meubles, dans des caisses. Toutes les armes ne seront pas disponibles de suite. Il faudra en trouver le schéma d’abord pour, ensuite, obtenir la possibilité de l’acheter dans les « stocks », ces machines qui vous proposeront de faire des achats, vendre des objets, acheter de nouvelles armes et armures, voire des points de Force (vous en trouverez aussi parfois cachés dans les niveaux). Ces points de Force vous permettront d’améliorer vos armes (plus de dégâts, recharge plus rapide, capacité accrue…) et vos armures (réserve d’air plus importante, plus résistante…).

Si par malheur vous « foirez » votre répartition, n’ayez crainte. La deuxième partie du jeu est certes plus musclée (ennemis plus résistants et encore plus nombreux), mais elle permet également, moyennant finances, de réattribuer vos points de force. Vous pourrez alors les redistribuer vers un nombre plus petit d’armes, n’en privilégier que deux ou trois par exemple, histoire d’avoir une puissance de feu et une résistance maximale.

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screenOn citera, enfin, d’autres petites choses. La télékinésie, qui permet de lancer des javelots et empaler vos ennemis, démonter des panneaux, bouger de lourdes piles pour les réinsérer dans leur emplacement… La stase, pour ralentir les ennemis ou les objets (les portes folles qui se ferment et s’ouvrent trop rapidement pour que l’on passe). Le piratage (sorte de mini-jeu sans intérêt) pour ouvrir des portes ou actionner des machines. Quant aux types de Nécromorphes rencontrés, on retrouve les mêmes que dans le premier opus, plus certains nouveaux : enfants qui arrivent par vague et vous lacèrent de leurs griffes, cracheurs de bile qui vous ralentissent, monstres qui jettent d’énormes boules explosives…

Graphiquement, le jeu est impeccable. Visuellement, il est superbe. Il offre une ambiance parfaitement maîtrisée. Même très « couloirs », l’aventure reste agréable à vivre. Le design des personnages, des différents lieux, des monstres, est très réussi. Le tout agrémenté d’une ambiance sonore assez oppressante.

screenPourtant, on est quand même loin d’avoir un jeu parfait… Dead Space 2 souffre de nombreux petits défauts qui viennent un peu ternir le tableau.

Certains niveaux souffrent d’une certaine répétitivité. Tout comme certains artifices, ou situations très prévisibles.

De même, l’inventaire des armures est toujours limité (il augmentera au fur et à mesure que vous en changerez pour des modèles plus performants). Ce n’était pas forcément gênant dans le premier opus, ça l’est finalement nettement plus dans celui-ci. Les combats étant au centre du jeu, il faut avoir des munitions, de l’argent, augmenter les performances de ses armes rapidement… et cela implique finalement de « looter » dans le jeu. On n’hésite plus à revenir sur ses pas, récupérer des munitions, même inutiles puisqu’elles seront alors revendues), bref, à ramasser un maximum de choses. Le jeu en perd clairement son rythme et son côté grand spectacle, pour prendre un aspect « RPG de base » pas forcément très plaisant : une fois une salle nettoyée, elle ne sera pas recolonisée. Revenir sur ses pas, c’est y aller la fleur au fusil, en sifflotant un petit air joyeux, sans aucune raison d’avoir peur. La tension retombe. L’intérêt aussi.

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screenComplet, varié, avec des zones plus grandes que dans le premier jeu, Dead Space 2 reste tout de même, pour moi, une déception. Vraiment. Finie l’ambiance « chocottes » et « trouillomètre à zéro ». On se retrouve dans un simple shoot. Enfin, pas si « simple ». Mais un shoot quand même. On lamine sans réel état d’âme et l’on ne sursaute plus vraiment. Plus de grosse frayeur. On tombe dans du « classique », du « prévisible ». On a même largement le temps de se trouver une petite planque bien située pour shooter les monstres sans se faire prendre à revers, puisqu’on les entend arriver en gémissant.
Je ne dis pas qu’il n’y a pas des montées d’adrénaline. Certains passages sont cotons, demandent une implication totale du joueur et vous remuent les tripes. Mais dans un tout autre genre que dans le premier jeu. On est, là, dans une sorte de Call of Duty du survival-horror, avec ses scènes grand spectacle, ses effets spéciaux, son gigantisme… exit la petite ambiance feutrée étouffante du premier jeu. Et sincèrement, je le regrette amèrement. L’ambiance sonore a beau être excellente, elle n’en reste pas moins maîtrisée, moins subtile que dans le premier opus. Plus bourrine, plus présente (il y a beaucoup de bruit dans le jeu et, finalement, très peu de moments calmes).

Bref, j’ai été nettement moins conquis par cette aventure qui, soit dit en passant, vous demandera une dizaine d’heures pour se finir.

screenDead Space 2 est-il pour autant un mauvais jeu ? Non. C’est un excellent shoot. Il remplit totalement sa part du contrat à ce niveau. Ça pète bien, c’est bien ficelé, bien rythmé, prenant, intéressant… on plonge sans problème dedans. C’est souvent horrible, parfois un peu angoissant, les décors sont spectaculaires, les passages dans l’espace sont sympathiques… bref on en prend plein les yeux, plein les oreilles et plein la manette. Un incontournable du genre.

Enfin, petite phrase sur le multi. Il comprend 5 cartes seulement, à incarner humains ou Nécromorphes. A huit, en quatre contre quatre, à défendre des zones ou activer des consoles, le jeu est, dans un premier temps, sympathique : jouer un Nécromorphe avec chacun ses propres capacités spéciales (marcher sur les murs, ralentir les cibles…) a son petit lot de jouissances vidéoludiques. Mais on se rend bien vite compte qu’il faut absolument jouer en équipe, ce qui est quasiment impossible, à moins d’être huit potes (et encore). D’autre part… 5 cartes… modes de jeux réduits au strict minimum… on se lasse très très vite, rendant finalement ce multi simplement anecdotique.

 

 
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Dead Space 2 (PC/Xbox 360/PS3)

Plateformes : PC - Xbox 360 - PS3

Editeur : Electronic Arts

Développeur : Visceral Games

PEGI : 18+

Prix : 60 €

Aller sur le site officiel

LA NOTE

LA NOTE DES LECTEURS

note 7/10

 

 

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