L'Edito du Dimanche

 

Publié le Dimanche 5 novembre 2023 à 12:00:00 par Cedric Gasperini

 

L'Edito du Dimanche

C'était mieux avant

imageC’était mieux avant.

Ne cherchez même pas à débattre sur ce sujet avec moi. C’était mieux avant et puis c’est tout. D’ailleurs, c’est une affirmation, pas un sujet de débat.

Et même si c’est une phrase de vieux, j’assume et je vous emmerde. C’était mieux avant. Na. Pas la peine de partir dans des explications à grands renforts d’argumentation sur les progrès médicaux, les progrès de la diversité et de l’immensité de l’accès à la culture, généralement avancés pour dire que « nan, c’est mieux maintenant ».

Justement, les progrès de la médecine, parlons-en. Avant, les vieux avaient le bon goût de mourir jeunes et de laisser un héritage à leurs enfants à l’âge où ils en avaient vraiment besoin. Pas quand ils ne sont plus dans le besoin. Quand il reste de l’héritage et qu’il n’a pas été grignoté dans des frais hallucinants de fin de vie.
Justement, la diversité, on pourrait demander aux victimes d’actes racistes ou d’actes sexistes s’ils sont d’accord avec ça.
Justement, l’accès à la Culture, parlons-en. Quand on voit l’accès phénoménal à la culture qui se termine par des défis Tik Tok à bouffer la lessive, se jeter dans un canal pour éviter de payer un resto ou faire des chorégraphies de trous du cul sur de la musique de merde, on se dit que Marcel Duchamp avait tout compris avec sa fontaine.

imageBref, foutez-moi la paix. Je trouve que c’était mieux avant. Si vous voulez lancer un débat là-dessus, vous n’avez qu’à écrire votre propre édito, pour peu que vous sachiez écrire. Ou mieux encore, créer une chaîne Youtube. Ou Insta, ou Tik Tok. De toute manière, tout le monde est persuadé aujourd’hui que sa voix est primordiale pour la survie de l’humanité et le bon fonctionnement de la société, quitte à crier plus fort que les autres pour écraser leur point de vue. Alors allez-y. On n’est pas à une ou deux têtes de cons de plus sur le net.

C’était mieux avant.

Même les tempêtes, c’était mieux avant. Moi en 1999, j’avais des poubelles qui me passaient au-dessus de la tête quand je courais après la mienne, parce que j’avais oublié de la rentrer, pieds nus en calecif dans la rue, au petit matin. J’ai même failli me faire empaler par une branche, mais j’ai esquivé comme un lamentin bourré de la veille. C’est-à-dire avec brio, mais sans aucune grâce.
Les arbres de la forêt qui menait à ma commune avaient tous été couchés et s’étalaient en travers de la route, bloquant tout accès pendant 72 heures.

C’était mieux avant. On savait faire des tempêtes, en ce temps-là.

Et puis en ce temps-là, on s’alarmait, on se mobilisait, parce qu’il y avait « quelques fascisants autour de 15% ».15%, c’était énorme. C’était socialement catastrophique et incompréhensible. Ce qui n'a pas changé, c'est par contre qu'il faut vraiment être une merde humaine pour voter extrême-droite.
D’ailleurs, le couscous était à l’époque, un des plats favoris des Français. On voulait le partager entre amis. Pas foutre à la mer ceux qui en mangent.

C’était mieux avant. On savait faire de la semoule fine, à cette époque.

imageEt puis on pouvait manger des Granolas. Des Twix ou des Raiders. Des Yes. Des BN. Et même des Prince de Lu, sans que ça ait le goût de cette putain d’huile de palme de merde.

C’était mieux avant. Han Solo était toujours en vie et il coulait des jours heureux avec Leïa, Chewie en descente de lit. Marty n’avait pas la tremblotte. Les jeux étaient vraiment finis et ne nécessitaient pas des patchs de 60 Go à télécharger le jour du lancement. Je n’avais pas besoin de lunettes pour lire et je pouvais monter les escaliers ou une collègue sans avoir l’impression de cracher mes poumons.

C’était mieux avant. Je n’étais pas un vieux con.

Mais j’étais con quand même, hein. Y’a des choses immuables.

 

 
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