L'Edito du Dimanche

 

Publié le Dimanche 5 avril 2026 à 12:00:00 par Cedric Gasperini

 

L'Edito du Dimanche

Ultraviolence

imageÇa faisait longtemps que je n’étais pas battu.

Faut dire, j’ai passé l’âge. Alors je ne dis pas… une petite mornifle ou deux, au passage, sur l’impudent qui répond à son téléphone en pleine séance de cinéma ou à celui qui met le haut-parleur dans le TGV. Mais rien de bien sérieux. Et puis, il ne faut pas confondre baston et taquet dans un but éducatif. 

En tout cas, vous avez peu de chance de me voir débarquer en tenue de Black Blocs venir tout péter dans la rue. D’une part, parce que les Black Blocs sont surtout un regroupement de débiles profonds avec de la merde dans la tête, et d’autre part parce qu’aujourd’hui, bon nombre de ces soi-disant anarchistes de bas étage ne viennent dans les manifs que dans le but de piller quelques boutiques. Et moi, péter un Séphora à la barre à mine pour en chourer les produits, ce n’est pas spécialement ma marotte. Je ne me fais même pas de masque de beauté à la maison. Je devrais peut-être, cela dit, hein, paraît que c’est relaxant et que c’est bon pour la peau. Mais j’sais pas, ça m’dit rien. 

La violence… vaste sujet. 

De grands hommes ont dit de belles choses sur la violence. 
« Ce que la violence t'a fait gagner, une violence encore plus grande te le fera perdre… ».*
« La violence, sous quelque forme qu’elle se manifeste, est un échec ».**

imageAlors, j’dis pas qu’ils ont tort, hein. Mais avouez que parfois, y’a des baffes dans la gueule qui se perdent. Et, surtout, qui se méritent. 

Mais bref. j’ai passé l’âge de ces conneries de violence. Seulement ces conneries n’ont pas passé mon âge, apparemment. 

L’histoire que je m’apprête à vous raconter est, malheureusement aujourd’hui, d’une banalité affligeante dans un quotidien où l’abruti déambule désormais à visage découvert, sans honte, ni crainte. Ni éducation.

Cette semaine, allant à un rendez-vous sur la Capitale, j’ai croisé un ami que je n’avais pas vu depuis longtemps. J’étais en avance, très en avance, lui allait déjeuner au fast-food du coin. Je l’accompagnais donc, même si j’avais déjà déjeuné, l’occasion étant trop belle pour ne pas se remémorer quelques souvenirs communs. Et puis, j’pourrais toujours commander un sundae caramel. Je n’avais pas pris de dessert, alors…

Le restaurant était bondé. Une table semblait pourtant libre, si ce n’était le plot de commande (vous savez, ces machins avec un numéro qui permettent le service à table) qui trônait dessus. 

imageNous eûmes le temps de commander. D’attendre la commande debout (pas de place). De recevoir la commande… bref, 10 bonnes minutes, facile, et la table était toujours libre. Nous nous sommes donc assis là parce que « bah, ils ont dû oublier d’enlever le truc sur la table, une chance pour nous ! ».

5 bonnes minutes plus tard et alors que nous en étions à cette histoire de coke sniffée sur le cul d’une pute, nous fumes interrompus par deux malappris au fort accent de l’est. 

« Ça notre table. Notre numéro. Vous partez »

« Ah bah non. Ça ne se fait pas. On ne réserve pas une table le temps d’aller commander. Simple question de savoir-vivre. Ça faisait au moins 15 minutes qu’elle était libre, cette table… »
« Ça notre numéro. Nous mis là pour table. Toi dégagez maintenant. »

La conversation tournait rapidement en rond : ça leur table, nous dégagez, et nous qui tentions d’expliquer à deux ersatz d’australopithèques les bonnes manières, qui s’appliquent même, aussi étonnant cela puisse paraître, dans un haut-lieu de la gastronomie tel que celui-ci. 

Personnellement, fidèle à ma nouvelle maxime « j’suis trop vieux pour ces conneries », je me levais pour partir. On ne va pas se taper sur la gueule pour le droit de manger un nugget assis. Et puis, le mec devant moi était plus grand. Et plus balèze aussi. 
Mais mon pote, pour le coup, n’avait pas l’intention de se laisser marcher sur les pieds et envenimait la situation. 

C’est quand j’allais lui dire de laisser tomber que le pâle type en face de moi m’a chopé par le sweet-shirt. 

imageAlors sincèrement, plus j’y pense, plus je crois qu’il voulait simplement me pousser pour me faire partir. Mais sur le coup, j’ai cru qu’il allait me mettre un coup de tête. 
Mais surtout, oh oui surtout, il m’a agrippé mon hoodie Guinness. 

On. Ne. Met. Pas. Les. Mains. Sur. Mon. Sweet. Shirt. Guinness. 

Jamais.

JAMAIS.

Des années de baston dans la mer avec mes gamines sont d’un seul coup remontées à la surface, alors qu’elles essayaient de me couler. 
J’ai enchaîné une balayette direct. 

Bah oui, j’allais pas lui coller une droite. Déjà parce qu’on ne tape pas sur les gens sans raison valable. Et puis, y’avait trop de môme autour. Et puis c'était mon hommage à Chuck Norris.

Il s’est écrasé par terre, sous les regards ébahis de son pote et le mien. Lui aussi, devait avoir le regard ébahi, mais il est tombé face contre terre alors je ne voyais pas bien. 

imageA la base, je voulais juste manger mon sundae caramel en me remémorant des souvenirs avec un pote.
Et voilà comment à plus de 50 balais, je me suis fait foutre dehors pas les vigiles qui m’ont conseillé de ne plus jamais revenir.
Banni d’un Mc Do. A mon âge, quoi. 

Quand j’ai raconté ça à la maison, ma gamine a simplement lâché un « mais t’es un vrai aimant à merde, toi, c’est pas possible ».

On vit vraiment dans un monde de dingue.

Sur ce, c’est Pâques. Je vais aller faire la chasse aux œufs. Et qui dit chasse, dit lance-pierres.
 
Smiley bisou. Cœur. Cœur. Aubergine.


*La première est de Gandhi. Qui sous ses airs de petit pépé à lunettes en toge et en sandalettes, partageait son lit avec des jeunes filles nubiles pour « tester sa pureté » selon ses dires. Dans la liste, on retrouve sa nièce.
**La seconde est de Jean-Paul Sartre. Qui sous ses airs d’intello à lunettes en costume, se tapait des jeunes filles que lui ramenait Simone de Beauvoir après les avoir elle-même testées.


 

 
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