The Legend of Zelda : Breath of the Wild (Wii U, Switch)

 

Publié le Lundi 6 mars 2017 à 12:00:00 par Cedric Gasperini

 

Test de The Legend of Zelda : Breath of the Wild (Wii U, Switch)

Un grand jeu sans réelle révolution ?

imagePour la sortie de sa nouvelle console, Nintendo avait besoin de frapper un grand coup. Et cette fois-ci, pas de Mario à l’horizon. La firme nippone a misé sur les gamers pour incarner la première vague d’acheteurs. C’est donc un nouveau Zelda qui débarque. Et quand on parle de nouveau Zelda, il s’agit réellement d’un nouveau Zelda. Les changements par rapport à ce que l’on connaissait sur la série sont légion.

The Legend of Zelda : Breath of the Wild, plus qu’un jeu destiné aux fans de la saga, est un vrai jeu gamer.

Cet opus s’ouvre sur une renaissance. Celle de Link. Endormi depuis cent ans dans un sanctuaire, notre héros se réveille en caleçon dans un monde au bord de l’effondrement. Du haut de sa tour maudite, Ganon s’apprête à corrompre les lieux. Le réveil du héros coïncide avec cet imminent danger. Et Link va devoir apprendre avant la confrontation ultime.
Il va devoir apprendre à se servir de sa tablette, artefact magique qui lui permet non seulement d’observer la carte du monde, avec quelques emplacements importants qui y sont inscrits et des points d’intérêt qu’il pourra marquer, mais qui lui confère également quelques pouvoirs : porter des objets lourds métalliques, lancer des bombes, arrêter le temps pour quelques instants, créer des blocs de glace…
Ces pouvoirs seront à découvrir dans les donjons du « Plateau prélude », grosse introduction qui durera plusieurs heures et qui vous permettra de découvrir les bases de ce nouveau jeu. Notez que Link pourra également se déplacer rapidement d’un point d’intérêt à un autre, à condition de l’avoir visité au préalable.


screenOutre ces explorations de donjons (très minimalistes au début, puisqu’ils ne vous prendront pas plus de 10 minutes), vous parcourrez librement les environs, sans aucune autre contrainte de déplacement que la quête principale, à réaliser quand on veut, dans l’ordre que l’on veut, en totale liberté.
Vous croiserez donc des ennemis, plus ou moins compliqués à vaincre (mais jamais vraiment difficiles), et découvrirez d’autres nouveautés incluses dans le jeu : les armes, qui se brisent après 3 ou 4 utilisations, les plantes et fruits à ramasser pour se redonner de l’énergie, les arcs (qui se brisent eux aussi), le bouclier (qui se… enfin, vous avez compris). C’est d’ailleurs un des points qui, personnellement, m’a légèrement gonflé : la vitesse avec laquelle une arme se casse. J’ai de toute manière toujours détesté ce système. Sachant ici qu’un épieu en bois se cassera quasiment aussi vite qu’une épée en fer…

Si l’on peut s’extasier devant cette liberté de mouvement et devant les paysages qui, malgré un fort aliasing dû aux limitations techniques de la console, sont très jolis, d’autant plus que le jeu multiplie les points de vue hauts, à contempler les horizons de la vallée, on restera tout de même un brin sceptique devant le vide des lieux. Il y a des arbres, il y a des rochers… mais les objets à ramasser, les animaux, les ennemis… tout cela reste assez limité en nombre et en variété.

screenUn des points qui est sujet à débat au sein de la rédaction est indubitablement la jauge d’énergie. Courir, grimper aux parois ou nager la fait baisser invariablement, vous obligeant à de fréquents arrêts sur des plateformes, qu’elles soient à flanc de falaise ou en forme de petits ilots.
A la base, l’idée n’est pas mauvaise. D’un point de vue personnel, ça reste quand même gonflant. On ne peut pas enchaîner vingt brasses sans mourir noyé ou grimper dix mètres sans devoir faire une pause. Malgré tout, j’avoue que cela ajoute une dimension « réflexion » non dénuée de sens pour l’univers Zelda. Vous devrez vraiment réfléchir. Et chercher donc un peu plus les chemins les moins périlleux pour escalader ou nager. A classer dans la catégorie « gonflant mais nécessaire », donc. Heureusement, cette jauge pourra être augmentée au fil de l’expérience glanée.
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screenSi les mécaniques restent les mêmes, une fois le prélude achevé, le jeu devient plus riche et plus captivant. Les rencontres, plus ou moins surprenantes, vont s’enchaîner, et l’aventure s’étoffe sensiblement.
Le jeu est vraiment énorme, avec une durée de vie phénoménale, et est surtout intelligemment pensé à tous les niveaux (ou presque). Chaque challenge, chaque énigme, chaque problème a sa solution à portée de main et qui vous sautera aux yeux au moment venu. Tout est fait pour qu’avec un peu de jugeote, vous arriviez à progresser sans souci majeur.
Même la météo, qu’il s’agisse des bourrasques de vent qui auront tôt fait de vous déporter (attention du coup aux chutes si vous êtes en haut d’une montagne) ou des éclairs qui s’abattent aléatoirement sur les personnages dotés d’objets métalliques, ou encore la gestion du jour et de la nuit, la gestion du froid sur la vie du personnage (elle part très vite, Link étant vraiment une petite nature), la pluie qui vous fait dévisser lors de vos escalades… et j’en passe et j’en oublie.

Difficile d’en dire plus sans vous révéler des éléments primordiaux sur le jeu, éléments que vous préfèrerez découvrir par vous-même en jouant.

screenAlors certes, le jeu est imparfait. Graphiquement limité, qu’il s’agisse d’aliasing, clipping ou quelques fâcheux ralentissements. C’est aussi un jeu en monde ouvert qui débarque un peu après la bataille : aujourd’hui, on fait mieux, plus varié, plus riche, plus détaillé, nettement plus original et globalement bien plus intéressant. J’avoue que tout aussi passionnant est ce The Legend of Zelda : Breath of the Wild, je suis retourné bien vite sur Horizon Zero Dawn. Simple question de goût.
Nintendo n’a rien inventé pour le coup, et s’est contenté de recycler ce que l’on a déjà vu mille fois ailleurs, parfois en mieux, et en l’insérant dans l’univers Zelda. Le fait d’être fan ne doit pas aveugler le joueur sur ces détails. La jouabilité n’est pas non plus complètement parfaite, la visée via le gyroscope de la console quand vous la prenez en main prenant parfois le dessus sur la visée au stick et vous faisant au dernier moment rater votre cible.


screenMalgré tout, The Legend of Zelda : Breath of the Wild offre un vrai vent de fraîcheur sur la série. Un nouveau mode de gestion de l’aventure, de gameplay, de genre. Le tout dans un monde très cohérent et bourré de bonnes idées. Une fois lancé dans l’aventure, même si vous ne pousserez pas des « ouaaaah » ou n’aurez pas les pupilles dilatées devant l’émerveillement de certaines scènes, paysages ou trouvailles, vous serez indéniablement séduits par l’ambiance, par la liberté de choix de mouvement, de progression, par les rencontres avec les personnages, par les environnements, par la cohérence de ce monde intelligemment pensé et développé par les équipes de Nintendo.
Si vous êtes fans de la série, ce sera sans nul doute l’un des chefs d’œuvre de la saga, à placer dans le top 3 des meilleurs jeux. Si vous n’êtes qu’un joueur sans attache particulière avec le petit nain aventurier aux oreilles en pointes, vous aurez un très bon jeu en monde ouvert, doté d’une durée de vie conséquente, et vous y prendrez également beaucoup de plaisir.

screenIl faut également avouer, et cela joue indiscutablement sur l’appréciation, que le fait de pouvoir transporter sa console et jouer à Zelda aussi bien sur sa télé qu’en déplacement ou dans les transports, ajoute au plaisir et est un atout important pour la Switch. Quand votre voisin de siège, lui, doit se contenter de jeux type Candy Crush, c’est quand même la classe.

Au final, j’ai vraiment hésité entre un 8 et un 9/10. Toutes les deux de très bonnes notes. Le 8 me semblait mérité par les limitations techniques et le recyclage d’éléments de gameplay déjà vus, quasiment usés jusqu’à la moelle dans ce genre, voire par des choix que je trouve personnellement très discutables. Nintendo innove pour sa série, mais pas au niveau jeu vidéo dans sa globalité. Malgré tout, j’ai opté pour la note supérieure pour deux raisons principales : la durée de vie et la cohérence d’un monde que l’on prend plaisir à parcourir du début à la fin de l’aventure.

 

 
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The Legend of Zelda : Breath of the Wild (Wii U, Switch)

Plateformes : Wii U

Editeur : Nintendo

Développeur : Nintendo

PEGI : 12+

Prix : 70 €

The Legend of Zelda : Breath of the Wild (Wii U, Switch)

LA NOTE

LA NOTE DES LECTEURS

note 9/10

 

 

Images du jeu The Legend of Zelda : Breath of the Wild (Wii U, Switch) :

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